Diplomatique - Le dollar, la livre et l'Europe - Restauration allemande
Au cours de la deuxième quinzaine du mois d’août, les positions respectives des divers pays européens et des États-Unis à l’égard des problèmes économiques et financiers, qui ont aujourd’hui priorité dans les préoccupations des Chancelleries et dans les négociations internationales, se sont précisées. On sait que les entretiens prévus sur ces matières se sont poursuivis à Washington en trois temps : du 27 août au 4 septembre, les experts anglais, américains et canadiens, déblaient le terrain ; à partir du 6 septembre, les ministres de trois pays anglo-saxons rassemblés sous la présidence de M. Snyder, Secrétaire d’État au Trésor, s’efforceront de concilier, dans toute la mesure du possible, les thèses qu’ils auront à défendre au cours des réunions de la Banque internationale pour la reconstruction et le développement (BIRD), et du Fonds monétaire international (FMI).
Ces réunions doivent commencer le 13 septembre. La France y jouera un rôle de premier plan puisque c’est à elle qu’échoit cette année la présidence des Assemblées des gouverneurs du Fonds et de la Banque. M. Mendès France présidera l’Assemblée des gouverneurs du Fonds et M. Maurice Petsche, notre ministre des Finances, l’Assemblée des gouverneurs de la Banque. Bien entendu, M. Robert Schuman accompagne les experts économiques et financiers français, tout comme M. Bevin escorte à Washington Sir Stafford Cripps.
Si le Gouvernement français ne participe pas directement aux entretiens anglo-américano-canadiens, il est permis de supposer qu’il sera tenu au courant de leurs résultats. M. Petsche, à la veille de s’embarquer pour les États-Unis, faisait remarquer à ce propos : « qu’il n’y avait plus aujourd’hui de problèmes économiques propres à un seul pays ; les problèmes économiques d’un grand pays sont des problèmes mondiaux ; les problèmes économiques d’un pays européen participant à l’Organisation européenne de coopération économique (OECE), sont, en outre, des problèmes intéressant directement tous les autres pays européens participant à l’OECE » et il ajoutait : « cela est particulièrement vrai lorsqu’il s’agit des problèmes économiques de la Grande-Bretagne et de la zone sterling ». C’était préciser que le Gouvernement français insisterait pour ne pas se trouver en face d’une solution anglo-saxonne du problème Livre-Dollar, qu’il n’aurait pas été à même de discuter. Cette solution, à l’heure où nous écrivons, semble d’ailleurs encore indécise. Il est avéré que Sir Stafford Cripps s’opposera à toute mesure de dévaluation de la livre qui ne serait pas compensée par des avantages substantiels accordés à la zone sterling.
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