Diplomatique - L'Indochine et l'Extrême-Orient - Propositions du chancelier Adenauer - L'Allemagne et la Sarre au Conseil de l'Europe - Vote des crédits Marshall
Si le principe d’une aide américaine à l’Indochine est hors de question, le mois qui vient de s’écouler n’a pas vu se résoudre l’indécision de Washington quant à sa nature, à son importance, aux modalités de sa mise en œuvre. Pour les États-Unis, la période d’information et de réflexion, non seulement sur le cas de l’Indochine, mais sur l’ensemble de leur politique asiatique, n’est pas close. Au début du mois de mars, une mission économique américaine, dirigée par M. Robert A. Griffin passait quelques jours à Saïgon. Le 12, M. Jessup, au terme de sa mission d’enquête en Asie, atterrissait à Paris où il avait des entretiens avec le Président Auriol, M. Georges Bidault, M. Robert Schuman, ainsi qu’avec les dirigeants américains de l’Economic Cooperation Administration (ECA, administration américaine du plan Marshall). Deux jours plus tard, M. Jessup reprenait l’avion pour Washington, après avoir précisé, au cours d’une conférence de presse que « l’indépendance du Viêt-nam doit se développer au sein de l’Union française ». À Washington, M. Henri Bonnet, ambassadeur de France s’entretenait le 14 mars avec M. Acheson, Secrétaire d’État, et insistait, sans doute, auprès du secrétaire d’État sur l’urgence de l’aide américaine aux forces françaises d’Indochine.
Cependant, à l’heure où ces lignes sont écrites, les décisions américaines restent pendantes. Les attaques auxquels sont soumis, de la part de sénateurs républicains, à vrai dire isolés, M. Jessup lui-même et d’autres fonctionnaires du Département d’État spécialisés dans les affaires d’Extrême-Orient, comme M. Lattimore – revenu d’Afghanistan pour se justifier – soulignent les incertitudes de l’opinion américaine et les difficultés que rencontre le State Department pour définir une politique asiatique. L’échec subi par les États-Unis en Chine reste présent à tous les esprits et les moyens d’éviter le retour de semblables expériences dans la même région sont encore à l’étude. Dans un discours du 16 mars, M. Acheson promettait une aide militaire, financière et technique aux pays asiatiques non communistes mais « une aide adaptée aux responsabilités des pays bénéficiaires et aux possibilités, jugées avec prudence, de nos propres ressources ».
Dans le même temps, la situation en Indochine témoigne d’une certaine confusion. Après de violentes manifestations à Saïgon pendant la visite de l’escadre américaine, trois membres du Cabinet Nguyen Phan Long, le ministre de la Défense et les sous-secrétaires d’État à la Jeunesse et aux Affaires étrangères donnaient leur démission, leur remplacement semblant devoir prendre un certain temps. Sur le plan international, le Vatican avait, le 12 mars, reconnu les trois États du Vietnam, du Cambodge et du Laos.
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