Diplomatique - Prélude à la Conférence de Londres - L'Allemagne dans l'Europe et l'Europe dans la « Communauté atlantique » - L'incident du Privateer - Trieste - Enquêtes de MM. Myrdal et Trygave Lie
Avril, au ciel incertain, n’a pas éclairci l’horizon international. Les hésitations et les divergences des Occidentaux se sont plutôt consolidées que dissipées. Enfermées dans le dilemme auquel nous faisions allusion dans notre précédente chronique : préparer la guerre ou organiser la paix, les puissances de l’Ouest n’en n’ont pas trouvé jusqu’ici l’issue. C’est sur ce problème général que s’engagent les débats de la conférence des « Trois Grands » qui réunit à Londres, du 11 au 13 mai, MM. Acheson, Schuman et Bevin. Le 8 mai, le secrétaire d’État américain discuta plus particulièrement avec M. Schuman à Paris les problèmes indochinois et allemands ; puis à Londres du 9 au 10 mai avec M. Bevin, il s’entretint plus précisément des questions d’Extrême-Orient, avant tout, de la situation créée par la non-admission de la Chine communiste aux Nations unies et par le refus consécutif de l’URSS de siéger au Conseil de sécurité. Réunis à Londres depuis la mi-avril, les experts des « Trois Grands » (pour les États-Unis, M. Philip Jessup, et, pour la France, M. Massigli) n’ont pas réussi, au terme de leurs entretiens préliminaires, à présenter aux ministres l’ébauche d’un accord général.
Il n’est pas inutile de faire, à cette occasion, le point des désaccords entre les puissances atlantiques : en Chine, d’abord, la Grande-Bretagne reste favorable à la ligne politique qu’elle inaugura il y a trois mois, en reconnaissant le gouvernement de Mao Tsé Toung. La prise de l’île Haïnan par les forces communistes à la fin d’avril, prélude à une expédition sur Formose, doit entraîner un relâchement du blocus nationaliste sur la côte méridionale et permet aux Britanniques d’espérer une certaine reprise des relations commerciales avec la Chine. Par contre, la « diplomatie totale » de M. Acheson ne semble pas encore avoir choisi entre une opposition systématique à l’entrée de la Chine communiste aux Nations unies, ce qui signifierait, à plus ou moins bref délai, la fin de l’organisation internationale, et son admission, au moment jugé opportun, par Washington.
À l’égard de l’Indochine, le dialogue franco-américain continue : la France insiste sur les sacrifices militaires qu’elle consent dans ce secteur et les États-Unis mettent l’accent sur les conditions politiques de la situation indochinoise et leurs répercussions dans tout le monde asiatique.
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