Diplomatique - Le conflit coréen - Échec des médiations - Présence soviétique à Lake-Success - Les États-Unis et Formose - Réarmement de l'Europe occidentale - Le rôle de l'Allemagne - Négociations de Paris sur le plan Schuman et Session du Conseil de l'Europe
La seconde quinzaine de juillet et le mois d’août 1950 ont été marqués par le développement de l’offensive nordiste en Corée et par une vive activité diplomatique dont les débats de Lake Success et de Strasbourg ont diffusé les échos. Passons brièvement sur l’évolution des hostilités en Corée. Malgré la résistance des troupes américaines et d’intenses bombardements aériens, l’initiative est le plus souvent demeurée aux mains des Coréens du Nord qui ont réussi à enfermer les forces du général MacArthur dans un « réduit » dont la superficie équivaut à moins du dixième du territoire coréen.
Malgré l’importance donnée par la presse à la campagne de Corée, la bataille diplomatique des grandes puissances et l’évolution de la politique étrangère américaine méritent plus encore de retenir l’attention. Le 19 juillet, le Président Truman, dans un message au Congrès, annonçait qu’il demanderait un supplément de crédit de 10 milliards de dollars destinés à satisfaire les besoins des forces militaires des États-Unis, portant ainsi le budget de la Défense nationale américaine de 13 à 23 Mds. Le président Truman ajoutait : « Il est clair maintenant que les nations libres du monde doivent rehausser le niveau de leur programme de défense et d’assistance mutuelle et auront besoin, comme nous, de consacrer davantage de leurs ressources économiques à la défense. » La veille du jour où ce message était rendu public, annonçant la décision américaine de « reconvertir » au moins partiellement son économie et de faire un effort militaire sans précédent, le secrétaire d’État répondait aux propositions du Pandit Nehru (voir notre chronique d’août-septembre) par une fin de non-recevoir, refusant de lier d’une façon quelconque la cessation des hostilités en Corée à l’entrée de la Chine communiste au Conseil de sécurité. Les efforts des médiateurs britannique ou indien ayant échoué, la situation militaire ne laissant pas, au moins dans l’immédiat, le moindre espoir de rétablir par la force le statu quo antérieur au 25 juin, quel allait être le rôle des Nations Unies, engagées par les résolutions du 27 juin contestées par l’URSS ?
Échec des médiations - Présence soviétique à Lake-Success
Le 27 juillet, M. Malik, représentant de l’URSS aux Nations unies, faisait savoir à M. Trygve Lie qu’il assurerait la présidence du Conseil de sécurité pendant le mois d’août. M. Malik avait quitté le Conseil le 10 janvier et n’avait plus depuis lors assisté aux séances, refusant de siéger aux côtés du représentant de Tchang Kaï Chek et sans la participation du représentant de la République populaire de Chine. Tout au long du mois d’août, les séances du Conseil de sécurité furent marquées par le heurt des points de vue soviétique et américain, ceux-ci partagés par la majorité des membres du Conseil. Il en fut ainsi dès la discussion de l’ordre du jour ; le représentant soviétique souhaitait y voir figurer, en premier lieu, l’admission du représentant de la République populaire chinoise comme délégué de la Chine et, en second lieu, « le règlement pacifique de la question coréenne ». M. Austin, délégué américain, fit accorder la priorité à « l’agression commise contre la République de Corée ». Pour arrêter le conflit coréen, le Président soviétique proposa : 1° le cessez-le-feu immédiat ; 2° le retrait des troupes étrangères ; 3° l’audition par le Conseil des représentants de la Chine communiste et du peuple coréen, c’est-à-dire de la Corée du Nord aussi bien que du Sud.
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