Économique - L'Union européenne de paiements - La réévaluation de l'encaisse-or de la Banque de France
La période des vacances a été, cette année, fertile en événements sur le plan économique. Nous ne parlerons pas ici des incidences sur la conjoncture de la guerre de Corée et du réarmement général entrepris par l’ensemble des nations dites « occidentales » : si le renversement de tendance qui en résulte est certain, sa portée ne peut encore être correctement appréciée. À une échelle moins vaste, deux faits nous paraissent devoir trouver place dans cette chronique : la création de l’Union européenne de paiements, la réévaluation de l’encaisse-or de la Banque de France.
L’Union européenne de paiements
L’Organisation européenne de coopération économique (OECE) a annoncé, en juillet 1950, que le système des paiements intra-européens allait être réorganisé par la création d’une Union européenne de paiements (UEP). On sait que, jusqu’au 30 juin 1950, les règlements entre pays européens s’effectuaient sur la base d’accords de paiements bilatéraux ; les déficits d’un pays à l’autre étant comblés par des « droits de tirages » prélevés sur la contrepartie en monnaies européennes des livraisons faites au titre du plan Marshall. Le système avait l’inconvénient majeur d’obliger les pays européens à assurer l’équilibre de leurs échanges avec chacun de leurs cocontractants, étant donné l’inconvertibilité des monnaies et le caractère bilatéral des droits de tirages. Ceux-ci n’étaient en effet utilisables que dans le pays qui les avait accordés, sauf à concurrence d’une fraction de 25 %, susceptible d’utilisation multilatérale depuis l’accord du 7 septembre 1949.
Le nouveau système mis sur pied tend à réaliser l’interconvertibilité complète des monnaies européennes entre elles. À cette fin est créé un fonds commun composé de monnaies européennes versées par les États membres et de dollars fournis par l’administration américaine du plan Marshall (ECA). Chaque pays européen s’est vu attribuer un quota représentant 15 % de ses paiements courants à l’intérieur de l’Europe en 1949 : il pourra obtenir de l’Union un crédit en monnaies européennes à concurrence de 60 % de son quota, et, réciproquement, pourra être amené à avancer à l’Union, en sa propre monnaie, une somme représentant 60 % de son quota.
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