Économique - L'évolution de la situation financière et monétaire de la France en 1950
L’année 1950 a vu la fin de la période de reconstruction et de liquidation des conséquences de la seconde guerre mondiale. Non pas, certes, que toutes ces conséquences aient été entièrement résorbées, mais le déclenchement de la guerre de Corée, le 25 juin, a contraint tous les pays du monde à réentreprendre un effort d’armement indispensable en présence d’une grave menace d’agression. Aussi l’année 1950 peut-elle être séparée en deux phases, de durée à peu près égale : au cours du premier semestre, l’œuvre de stabilisation économique et monétaire, la suppression des derniers contrôles de pénurie, se poursuivent. À partir du mois de juillet, au contraire, se pose le problème du retour, aussi rapide que possible, à une économie de puissance, sans toutefois qu’on accepte de remettre en cause la stabilisation acquise après plusieurs années d’efforts.
En ce qui concerne les finances publiques, la loi du 31 janvier 1950 avait fixé les dépenses à 2 217 milliards (compte tenu de 20 Mds d’économies à réaliser) et les recettes à un chiffre égal, dont 130 Mds à fournir par l’emprunt intérieur à long terme. En outre, la Trésorerie devait couvrir au moyen de ses ressources propres le solde déficitaire laissé par les opérations des comptes spéciaux du Trésor (80 Mds).
En pratique, les économies réalisées ont atteint 4,9 Mds au lieu des 20 prévus, et 5,4 Mds de crédits supplémentaires ont été ouverts. De plus, les opérations militaires en Indochine et le retard apporté à l’assainissement de la gestion de la SNCF ont entraîné des dépassements de crédits atteignant quelque 75 Mds, de sorte que l’ensemble des dépenses publiques aura dépassé, en 1950, le chiffre de 2 300 Mds.
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