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  • Revue n° 079 Mars 1951
  • Diplomatique - Conférence du Commonwealth à Londres - Les Nations unies condamnent l'agression chinoise en Corée - Le général Eisenhower en Europe et M. Pleven à Washington

Diplomatique - Conférence du Commonwealth à Londres - Les Nations unies condamnent l'agression chinoise en Corée - Le général Eisenhower en Europe et M. Pleven à Washington

Jacques Vernant, « Diplomatique - Conférence du Commonwealth à Londres - Les Nations unies condamnent l'agression chinoise en Corée - Le général Eisenhower en Europe et M. Pleven à Washington  » Revue n° 079 Mars 1951 - p. 373-378

Après bien des atermoiements, le mois de janvier a marqué l’inauguration d’une nouvelle phase dans l’évolution diplomatique de la question de Corée. Elle avait été annoncée par le général MacArthur lorsqu’il publiait, le 28 novembre, au lendemain de l’offensive sino-coréenne, un communiqué déclarant que la guerre qu’il devait désormais livrer était « entièrement nouvelle » et que les problèmes qui lui étaient posés devaient trouver une solution dans les Conseils des Nations unies et dans les chancelleries du monde (cf. RDN, janvier 1951, p. 120).

Au début de janvier se tint, à Londres, la conférence des Premiers ministres du Commonwealth. Ce fut l’occasion d’une confrontation des points de vue sur les problèmes d’Extrême-Orient entre les nouveaux membres asiatiques et les anciens membres de la Communauté. On s’y préoccupa d’abord du traité de paix avec le Japon. Les États-Unis poussent à la conclusion rapide de ce traité (cf. la note américaine du 29 décembre, RDN, février 1951, p. 241). Vers la mi-janvier, M. Foster Dulles, conseiller républicain du State Department, s’est rendu au Japon en qualité de représentant spécial du président des États-Unis pour étudier avec le général MacArthur les moyens d’activer la conclusion du traité de Paix. À Londres, l’Australie et la Nouvelle-Zélande – et non seulement l’Inde – élevèrent des objections contre la reconstitution rapide au Japon d’une puissance militaire et d’un potentiel économique voués, craignent-elles, à la conquête de débouchés extérieurs. Le Gouvernement japonais lui-même se prononça dans le même temps pour « un réarmement modéré ». La conférence du Commonwealth examina également les plans communs de défense du Moyen-Orient. Dans les perspectives stratégiques des alliés occidentaux, la responsabilité de cette région incombe aux Britanniques et à leurs associés du Commonwealth. La participation de l’Australie et de la Nouvelle-Zélande à la défense du canal de Suez fut donc envisagée et l’on se demanda, sans doute, dans quelles conditions des troupes de ces pays pourraient être cantonnées dès le temps de paix en Moyen-Orient. À la fin du mois de janvier, une conférence anglo-américaine, réunie à Malte, étudiait les mêmes problèmes, sur lesquels eurent également à se pencher, d’un autre point de vue, les membres du Conseil de la Ligue arabe, réunis au Caire au début de février. Le stationnement de troupes étrangères en pays arabes en temps de paix soulève des difficultés diplomatiques et politiques qui paraissent difficiles à résoudre dans l’état actuel des choses. Aussi, est-ce vraisemblablement sur les îles de Malte et de Chypre que les forces des puissances occidentales seraient rassemblées, des aérodromes étant, d’autre part, aménagés en pays arabes afin de faciliter, le cas échéant, le transport de ces troupes. Cependant, le conflit latent du Cachemire entre le Pakistan et l’Inde reste la pierre d’achoppement de l’édifice stratégique du Commonwealth, comme le différend entre Israël et les pays arabes maintient en Moyen-Orient un état d’incertitude préjudiciable aux plans alliés.

Mais, surtout, la conférence du Commonwealth s’efforça, dans l’affaire de Corée, de trouver des propositions de règlement acceptables à la fois par les Asiatiques et par ceux de ses membres plus étroitement alliés aux États-Unis. La présence à Londres de deux membres de la Commission de trêve de l’ONU, le Premier canadien, M. Pearson, et Sir Benegal Rau, délégué de l’Inde à Lake Success, puis du Pandhit Nehru lui-même, facilita les échanges de vues. Le 11 janvier, M. Pearson proposa à la Commission politique des Nations unies un plan qui avait recueilli l’approbation du Commonwealth. Il prévoyait un « cessez-le-feu » immédiat et inconditionnel, suivi d’une conférence à quatre entre les États-Unis, la Grande-Bretagne, l’URSS et la Chine. Entre le « cessez-le-feu » et l’ouverture de la conférence, toutes les troupes nord-coréennes devaient être progressivement retirées de Corée et des dispositions provisoires prises pour l’administration de la Corée et le maintien de la sécurité. Le 13 janvier, la conférence du Commonwealth se termina en souhaitant un « échange de vues très franc avec le maréchal Staline ou M. Mao Tsé-toung ». Cependant, on apprenait que les livraisons américaines d’armement aux défenseurs de Formose avaient repris. Le 15 janvier, le Président Truman présentait au Congrès le budget militaire des États-Unis pour l’exercice juillet 1951-juin 1952. Ce budget de 71 milliards de dollars, dont 58 % de crédits militaires, comporte une augmentation de 78 % sur le budget de l’exercice précédent. Le même jour, à Tokyo, les plus hauts chefs de l’armée américaine se réunissaient autour du général Mac Arthur et, compte tenu de la situation améliorée des forces des Nations Unies en Corée, la décision était prise que ces forces ne seraient pas rembarquées,

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Plan de l'article

Conférence du Commonwealth à Londres

Les Nations unies condamnent l’agression chinoise en Corée

Le général Eisenhower en Europe et M. Pleven à Washington

 
 

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guerre de Corée, Chine, MacArthur, Japon, ONU, Eisenhower, René Pleven

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