Diplomatique - Flux et reflux en Corée - Entretiens diplomatiques en Méditerranée orientale - La Ligue arabe et la crise marocaine - Conférence franco-italienne à Santa Margherita - Vers la signature du Plan Schuman - Réunion à Paris des quatre Suppléants - Interview du maréchal Staline - Conférence de l'armée européenne
La réponse de la Chine communiste à la condamnation prononcée contre elle par l’Assemblée générale des Nations unies a été donnée dans un discours radiodiffusé de M. Chu [Zhou] En-lai, le 2 février. Le ministre des Affaires étrangères déclarait que la première commission, puis l’Assemblée générale des Nations unies avaient pris à l’égard de la Chine une décision illégale. Il précisait que son gouvernement « ne porterait absolument aucune attention à la Commission des bons offices » prévue dans la résolution des Nations unies. Il déplorait que les efforts de l’Inde et de l’Égypte n’aient pas été suivis par la majorité des autres Nations et prédisait aux forces des Nations unies une désastreuse défaite en Corée. Cependant, ces forces prenaient l’offensive et regagnaient lentement le terrain perdu jusqu’aux abords du 38e parallèle. Les discussions sur l’opportunité de franchir l’ancienne ligne de partage entre le régime de Séoul et celui de Pyongyang reprenaient ; et le débat s’ouvrait à nouveau entre Londres et Washington sur le caractère politique ou strictement militaire d’une telle décision et, par conséquent, sur les organes compétents en la matière. Une contre-offensive violente au Centre du dispositif allié donnait un moment à penser que de telles discussions n’avaient qu’un caractère académique, mais le rétablissement de la situation militaire posait à nouveau le problème aux diplomates occidentaux.
La stabilisation relative du front au sud du 38e parallèle donnait d’ailleurs, à chacun, le temps de la réflexion.
Entretiens diplomatiques en Méditerranée orientale
Commencés en janvier, les entretiens concernant la Méditerranée orientale se sont poursuivis en février. Accompagné des chefs de l’aviation et de la marine américaine, M. George McGhee, secrétaire d’État adjoint, pour les affaires d’Afrique et d’Orient, rencontrait d’abord les dirigeants turcs à Ankara. Aussitôt après, s’ouvrait à Istanbul une conférence des représentants américains en Turquie, Égypte, Grèce, Iran, Israël, Syrie, Liban, Irak, Jordanie et enfin au Pakistan. Les États-Unis y auront constaté la volonté de ces gouvernements de prendre une place, proportionnée à leurs moyens, dans la stratégie occidentale ; mais Téhéran, soucieux de ménager les susceptibilités soviétiques, avait, jusqu’à ces derniers jours, fait preuve d’une extrême prudence dans ses relations avec les Anglo-Saxons. L’assassinat, le 7 mars, du général Ali Razmara, chef du gouvernement iranien, est peut-être de nature à modifier cet état de choses. Il n’est pas sûr, d’autre part, que les États-Unis et la Grande-Bretagne aient sur cette région des conceptions stratégiques entièrement semblables. Washington semble voir dans la Turquie le pivot de son système stratégique en Méditerranée orientale, alors que Londres pourrait préférer qu’un rôle de rassemblement et de direction soit confié à la Ligue et aux pays arabes, dont l’Égypte, non sans contestations, assume le leadership.
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