Diplomatique - La question tunisienne n'est pas retenue par le Conseil de sécurité - Réveil de la diplomatie espagnole - Entretien gréco-turc à Athènes - Nouvelle note soviétique sur l'Allemagne - La communauté européenne de défense
La situation diplomatique en Méditerranée orientale n’a pas sensiblement évolué au cours du mois d’avril. Sans doute, les relations entre la Grande-Bretagne et l’Égypte ne sont plus au point mort, mais bien que les contacts aient été rétablis entre Londres et Le Caire, et que le gouvernement britannique ait soumis des propositions nouvelles à M. Hilaly Pacha, aucune solution n’est intervenue, tant sur le Soudan que sur la zone du Canal. Tandis qu’il maintenait en politique extérieure les revendications qu’avaient formulé ses prédécesseurs, le chef du Gouvernement égyptien engageait à l’intérieur une lutte ouverte contre le Wafd.
Au Conseil de sécurité, réuni à New York sous la présidence de M. Bokhari, représentant du Pakistan, la requête préparée par les quinze États d’Afrique et d’Asie pour obtenir la discussion de la situation en Tunisie a été déposée le 2 avril. Mais aussitôt, la Syrie, le Liban et l’Éthiopie ont fait connaître qu’ils n’étaient plus disposés à s’y associer. Convoqué le 4 avril pour examiner si la plainte devait ou non être inscrite à l’ordre du jour, le Conseil de sécurité a entendu l’exposé des motifs que M. Henri Hoppenot, représentant permanent de la France, a présenté contre l’inscription. Le président du Conseil de sécurité lui a répondu en plaidant pour l’inscription. La discussion de cette question de procédure qui fut évidemment utilisée par les États arabes comme une occasion d’aborder la question de fond, fut ajournée. Avant qu’un vote n’intervînt au Conseil de sécurité, le nouveau Gouvernement tunisien constitué par M. Baccouche était présenté au Bey, le 12 avril. Trois jours plus tard, la proposition de discuter la plainte déposée par les États d’Afrique et d’Asie était repoussée par 5 voix pour (Pakistan, Chili, Brésil, Chine nationaliste et URSS), 2 voix contre (France, Grande-Bretagne), et 4 abstentions (États-Unis, Pays-Bas, Turquie et Grèce), la majorité requise n’ayant pas été atteinte.
Si ce scrutin donne satisfaction à la France, il n’en est pas moins significatif, tant par le partage des voix que par certains commentaires ultérieurs. Il est utile de noter que la solidarité britannique s’est ici manifestée sur une question concernant une région du monde où trop longtemps des politiques divergentes avaient opposé les deux puissances. Il est également important de remarquer que les membres latino-américains du Conseil de sécurité se sont, pour la circonstance, associés aux membres asiatiques (dont la Chine nationaliste), et à l’URSS, dans un scrutin où le Gouvernement français avait engagé son prestige. Il est, enfin, remarquable que les États-Unis, malgré l’attrait qu’un anticolonialisme irraisonné et de principe exerce toujours sur l’opinion publique, aient respecté la solidarité atlantique en choisissant l’abstention. Cependant les commentaires qui ont suivi laissent penser que si l’affaire tunisienne devait revenir devant le Conseil, l’attitude des États-Unis pourrait être différente, et qu’il leur serait alors peut-être difficile de résister à la pression d’une partie de leur opinion publique.
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