Militaire - Le Maréchal Leclerc - Les problèmes militaires de la France - La répartition des classes de mobilisation - Les fournitures militaires américaines à l'Europe - Le Prix Raymond Poincaré - Les manœuvres turques - La standardisation des armes
Le 29 novembre 1952, à 10 heures du matin, dans la Cour des Invalides, en présence d’une délégation d’anciens de la 2e Division blindé (DB), de détachements des trois Armées, de M. Pinay, président du Conseil et des membres du Gouvernement, du Maréchal Juin et du général Gruenther, M. Vincent Auriol, président de la République, remit solennellement à Mme Leclerc de Hauteclocque le bâton du maréchal en prononçant la déclaration suivante : « Général Leclerc de Hauteclocque, au nom de la République française, nous vous conférons la dignité de maréchal de France. » [NDLR 2026 : Pour rappel, il est mort dans un accident d’avion le 28 novembre 1947]
Les problèmes militaires de la France
M. Pleven a défini, au cours d’une interview accordé au correspondant d’une revue américaine, les problèmes qui se posent à la France. « Le traité d’armée européenne, déclara le ministre de la Défense nationale, est très différent des conceptions du Gouvernement français il y a deux ans. Tout d’abord, nous avions l’intention de subordonner la Communauté européenne de défense [CED] tout entière à un ensemble d’institutions politiques, celles d’une Europe unifiée. En second lieu, nous pensions qu’une intégration pourrait se faire à un échelon plus bas que celui du groupement qui a été, en fin de compte, adopté et qui représente une force d’une quinzaine de mille hommes. Nous proposions le groupement de 5 000 combattants environ intégré à l’échelon division, cette grande unité comprenant des hommes appartenant à deux nations ou plus. La troisième différence entre notre idée initiale et le traité actuel est que nous espérions voir placer toutes les forces de la défense européenne sous un ministère unique de la Défense européenne, et non pas sous un comité. Mais il faut reconnaître que le traité actuel a un avantage important sur notre plan de 1950. Ce dernier était une proposition unilatérale faite par la France ; le traité actuel est un document accepté par les gouvernements de six Nations. Les experts militaires le considèrent comme acceptable du point de vue technique.
Après avoir manifesté le regret que l’Angleterre [Royaume-Uni] ne se soit pas jointe aux six Nations, le ministre a poursuivi : « Nous pensons que l’édification de ces forces doit être réalisée aussi vite que possible sans, pour cela, nuire à la situation économique et sociale. C’est sur ce point que vous et nous-même devons ensemble nous efforcer d’améliorer la manière dont l’aide américaine est accordée aux membres européens de l’alliance atlantique.
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