L’Iran est une théocratie qui se situe entre résilience et contradictions. Malgré les sanctions internationales, les crises internes, les manifestation populaires et l’isolement, le régime théocratique iranien, pour le moment, persiste, mêlant nationalisme ambitieux, pragmatisme géopolitique et idéologie de la révolution islamique. Sa politique étrangère, complexe et parfois incohérente, oscille entre défense des intérêts nationaux, rivalité régionale et alliances tactiques tant avec la Chine qu'avec la Russie.
Understanding Iran's foreign policy
Iran is a theocracy caught between resilience and contradictions. Despite international sanctions, internal crises, popular protests, and isolation, the Iranian theocratic regime, for the time being, persists, blending ambitious nationalism, geopolitical pragmatism, and the ideology of the Islamic Revolution. Its foreign policy, complex and sometimes inconsistent, oscillates between defending national interests, regional rivalry, and tactical alliances with both China and Russia.
Il y a un paradoxe au sujet de l’Iran. Ce pays paraît faire l’objet de menaces existentielles constantes depuis l’instauration de la République islamique, en 1979. La plus grande puissance mondiale n’a eu de cesse de l’isoler (hormis durant la Présidence Obama). Il vit sous le coup des sanctions américaines depuis plus de quarante ans. Le mécontentement interne persiste, comme on le voit ces jours-ci avec les manifestations qui s’étendent dans tout le pays, et a connu son paroxysme lors de celles de 2009 puis de septembre 2022 – à la suite de la mort brutale de la jeune Mahsa Amini –, qui furent férocement réprimées. Pourtant le régime iranien fait la preuve d’une remarquable versatilité et d’une réelle capacité à s’adapter aux situations les plus éprouvantes sans donner véritablement de signe d’affaiblissement, du moins jusqu’à présent.
Iran : quelques constats s’imposent
Le mécontentement de la population iranienne est immense. Cependant, malgré l’usure du régime, la multiplication des cas de corruption grave, les querelles internes au pouvoir, la médiocrité des performances économiques, la République islamique paraît survivre. Grande est la défiance à l’égard de l’establishment politico-religieux. Les fondements de la théocratie iranienne sont quasi oubliés. Même au sein du régime, on ne se réfère plus vraiment aux grands préceptes du khomeynisme. Dans cette population majoritairement jeune et née après la révolution islamique de 1979, il y a une grande lassitude vis-à-vis de l’idéologie islamiste qui paraît si éloignée des aspirations de la jeunesse iranienne. À cette lassitude s’ajoute un mépris mêlé d’irritation à l’encontre des dirigeants qui se sont montrés incapables d’améliorer la situation économique.
Les religieux n’ont pas cédé le pouvoir qu’ils contrôlent. Ils mènent un travail de sape vis-à-vis des milieux laïcs modérés et ont établi une alliance objective avec le « Sepâh », c’est-à-dire les Gardiens de la Révolution. Il y a maintenant une nouvelle génération de conservateurs religieux radicaux avides de pouvoir, réduisant la marge de manœuvre dont le président Pezeshkian dispose pour ses réformes.
Il reste 92 % de l'article à lire