La question du second porte-avions est désormais clairement posée. Il serait judicieux de passer à sa réalisation dans la décennie à venir en profitant de l’expérience acquise et de travaux de conception déjà étudiés mais non concrétisés. En se dotant d’un second PA, la France garantirait son autonomie stratégique. Mais ce choix est d’abord politique.
A second aircraft carrier on time
The question of the second aircraft carrier is now clearly posed. It would be wise to move to its realization in the coming decade by taking advantage of the experience gained and design work already studied but not realized. By acquiring a second PA, France would guarantee its strategic autonomy. But this choice is primarily political.
Le Président français élu en mai prochain sera privé de la capacité de manœuvre militaire du porte-avions (PA) Charles-de-Gaulle, pendant les premiers semestres de son mandat. Pour sortir de cette impasse militaire récurrente et manifester notre volonté d’action stratégique autonome permanente, il faut donner à la France un second PA, chacun le voit et beaucoup de candidats l’affirment désormais. Appelons-le PA20 et exposons ce projet. On annonçait récemment la mise sur cale aux États-Unis en mars 2018 du CVN 80 Enterprise, deuxième du nom, et son admission au service actif en 2027 dans l’US Navy. C’est exactement le calendrier qui conviendrait à la France pour le second porte-avions qui lui manque à l’évidence depuis la fin du couple Foch-Clemenceau et son remplacement par le solitaire Charles-de-Gaulle (CDG), aujourd’hui en arrêt technique majeur (ATM) jusqu’à la fin 2018.
On ne revient pas ici sur l’apport stratégique décisif de la capacité militaire mobile et autonome que représente le groupe aéronaval (GAN) avec son groupe aérien embarqué (GAE) désormais strictement composé de chasseurs Rafale Marine. On ne revient pas non plus sur l’obligation des longs ATM du CDG, programmés tous les 7 à 9 ans pour rechargement des cœurs nucléaires et d’arrêts techniques plus courts pour entretien. L’actuel ATM (2017-2018) annonce déjà le prochain en 2027-2028, qui sera probablement le dernier avant la fin de vie théorique du CDG (2038/2040).
Quelles seraient les conditions à réunir pour qu’un nouveau Foch (Richelieu ou Clemenceau…) soit mis en service dans la Marine nationale en même temps que le nouvel Enterprise de l’US Navy ? Et donc avant le prochain ATM du toujours solitaire Charles-de-Gaulle qui est programmé précisément dans 10 ans.
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