Politique et diplomatie - Impasse en Europe, surenchère au Proche-Orient
Le 25 décembre 1958, au cours de la séance de clôture de la session du Soviet Suprême qui s’était ouverte le 22 décembre, M. Gromyko, ministre des Affaires étrangères de l’U.R.S.S., a traité de la politique étrangère. Trois points sont à retenir de son exposé. À propos des négociations en cours sur l’arrêt et le contrôle des expériences nucléaires, M. Gromyko a confirmé que la position de son pays n’avait pas varié depuis le temps où il s’opposait au plan Baruch de mise en « pool » et sous contrôle international de l’énergie atomique. L’Union Soviétique reste aussi hostile qu’auparavant à l’implantation sur son territoire d’un système de contrôle international destiné à vérifier que l’interdiction des expériences est bien respectée : « Si les autres pays sont prêts à ouvrir leurs frontières aux espions étrangers, cela est leur propre affaire, mais en ce qui nous concerne, nous disons : vous allez trop loin. » Cette affirmation sans ambiguïté de l’attitude soviétique accentue l’une des difficultés auxquelles se heurte la conférence tripartite anglo-russo-américaine qui se tient à Genève depuis plusieurs mois et qui a repris ses travaux le 5 janvier.
Quant à Berlin, M. Gromyko a précisé que la note soviétique du 27 novembre 1958 ne constituait pas un ultimatum (1) ; l’U.R.S.S. est prête à étudier les contre-propositions occidentales. Néanmoins, a-t-il dit, « toute provocation à Berlin, ou toute tentative agressive contre la République démocratique allemande, pourrait être le point de départ d’une grande guerre destructrice ». En définitive, bien que l’U.R.S.S. n’accepte pas de lier la question de Berlin à celle de l’unification de l’Allemagne par des élections libres, Moscou se déclare prêt « à considérer toute proposition de nature à faciliter la solution du problème de Berlin » mais bien entendu dans le cadre proposé par l’U.R.S.S.
Enfin, le ministre des Affaires étrangères et après lui le chef de l’État-Major soviétique, le maréchal Sokolowsky, ont insisté sur la puissance militaire que les fusées intercontinentales porteuses de charges atomiques conféraient à l’U.R.S.S. Cinq jours plus tard, le 1er janvier, le lancement d’une nouvelle fusée soviétique a confirmé, si besoin était, ce que l’on savait déjà des résultats obtenus par l’U.R.S.S. dans le domaine des engins. C’est évidemment à dessein, pour des raisons de propagande, que les dirigeants soviétiques ont choisi cette date pour le lancement de la fusée ; mais le fait que la tentative ait réussi démontre une technique sûre. Or ce qui compte dans la course à la suprématie technologique c’est autant la faible proportion des ratages par rapport aux succès que le caractère spectaculaire de ces succès.
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