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  • Revue n° 213 Mai 1963
  • Politique et diplomatie - Le jeu diplomatique à l’âge nucléaire

Politique et diplomatie - Le jeu diplomatique à l’âge nucléaire

Jacques Vernant, « Politique et diplomatie - Le jeu diplomatique à l’âge nucléaire  » Revue n° 213 Mai 1963 - p. 862-867

Dans quelle mesure les données nouvelles qui influent sur la technique des relations internationales ont-elles une action sur la nature même du jeu diplomatique. Les nouvelles données dont il s’agit sont : 1° le caractère immédiat de la transmission des informations et des ordres à l’échelle planétaire ; 2° la possibilité d’une action instantanée à l’échelle planétaire avec des moyens de destruction d’une puissance jamais égalée dans l’Histoire. Dans les deux cas, ces données nouvelles ont pour effet de supprimer le délai de réflexion qu’imposaient l’acheminement des nouvelles, puis en retour la transmission des ordres et leur exécution. Les modifications de l’environnement international contraignent les grands États, c’est-à-dire ceux qui disposent des armes de destruction massive, à préparer des réponses-réflexes quasi instantanées à des situations déterminées.

On comprend dès lors le souci qu’éprouvent les hommes d’État et plus encore ceux parmi les sociologues et les philosophes qui s’intéressent professionnellement aux problèmes de notre temps de rechercher si les conditions dans lesquelles doit être menée aujourd’hui la politique internationale favorisent ou non une action rationnelle. L’action rationnelle en politique comme en stratégie, ou dans la vie de chacun de nous, c’est l’action adaptée, c’est-à-dire le comportement dont les phases sont les moyens les plus appropriés, compte tenu de l’environnement, pour atteindre le but. Il en résulte une première difficulté : dans la mesure en effet où les données nouvelles imposent une action immédiate et réflexe, celle-ci doit être préparée très à l’avance, à partir d’hypothèses sur l’état de l’environnement qu’il ne sera peut-être pas possible de vérifier, faute de temps, entre le « signal » et la « réponse ». Dans l’environnement, il faut bien entendu inclure la vérification de la réalité du signal, celle de sa signification, c’est-à-dire des intentions probables des adversaires éventuels, et une appréciation de l’état d’esprit des alliés. Une telle appréciation des circonstances, nécessaire à l’action rationnelle, exige un minimum de temps, et je n’imagine pas que des machines, si perfectionnées soient-elles, puissent jamais suppléer les analyses et les synthèses « fines » dont est capable l’homme intelligent. D’ailleurs le fonctionnement des machines implique, lui aussi, du temps. Des considérations de cet ordre ont conduit les spécialistes américains à conclure que la rationalité du comportement des États en matière extérieure supposait un délai minimum de réflexion. D’où l’idée de la « pause » et l’accent mis sur le renforcement des moyens conventionnels qui, rendant possible une guerre du type traditionnel, permet le maintien du dialogue et l’exercice, jusque pendant les hostilités, d’une diplomatie rationnelle et si possible raisonnable.

Toutes les spéculations sur le jeu diplomatico-stratégique tel qu’il doit être joué dans les conditions actuelles partent d’autre part de ce postulat que le comportement des États, c’est-à-dire les décisions des hommes d’État sont rationnelles, et qu’elles le seront d’autant plus que les États en question disposeront d’armes de destruction massive et qu’ils seront de ce fait soumis à la loi de la dissuasion réciproque. Je pense en effet que l’on peut admettre qu’à partir du moment où un État dispose d’armes nucléaires et thermo-nucléaires qu’il a lui-même produites, la capacité nouvelle d’action militaire et diplomatique qui lui est ainsi dévolue est compensée par le sens accru de sa responsabilité et des risques qu’il encourt. L’argument que Pierre Gallois utilisa l’un des premiers, qu’un gouvernement n’utilisera ses armes atomiques que pour défendre l’existence même du peuple dont il est mandataire, me paraît convaincant. La crainte des représailles que l’utilisation de ces armes déclencherait sur ses cités contraint l’État qui en dispose à n’envisager cette utilisation que comme recours suprême contre une menace extrême. Par suite, il est bien certain que l’existence de ce recours modifie le climat des relations, au moins entre les États possesseurs d’armes nucléaires. En d’autres termes, on peut, selon moi, présumer que la conduite des États sera plus rationnelle, prudente et raisonnable, s’il s’agit d’États que leur degré de développement scientifique et technique, leur capacité d’organisation auront mis à même de produire des armes nucléaires. Ce pronostic serait — il est vrai — remis en question s’il s’avérait possible de produire à bon marché et selon des techniques rudimentaires des bombes possédant quelque valeur du point de vue militaire. Mais aussi longtemps que le « progrès » n’aura pas mis les armes nucléaires à la portée de toutes les bourses, aussi longtemps que les puissances productrices d’armes nucléaires auront la sagesse d’en refuser la distribution à des tiers, la possession en propre d’armes nucléaires me paraît devoir renforcer plutôt qu’affaiblir les probabilités d’un comportement rationnel des États.

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dissuasion, nucléaire, diplomatie, inspection, rationalité, URSS, États-Unis

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