Politique et diplomatie - Les deux aspects de la « crise atlantique »
Il est aujourd’hui courant de parler d’une crise de l’Alliance Atlantique. En quoi cette crise consiste-t-elle ? Quels sont les faits nouveaux qui, aujourd’hui plus qu’hier, la déterminent ou la révèlent ? Le 4 octobre 1957, le gouvernement soviétique annonçait le lancement d’un satellite artificiel dont les savants du monde entier pouvaient suivre les évolutions autour de la Terre. Cet événement avait une double signification, militaire et politique.
Sur le plan militaire, le lancement du Spoutnik signifiait que l’U.R.S.S. avait résolu les problèmes que pose la construction des fusées à longue portée dites fusées intercontinentales. Sans doute est-il impossible de dire si les techniciens soviétiques ont achevé la mise au point de ces engins et notamment s’ils ont, d’ores et déjà, réalisé un dispositif précis de guidage permettant d’atteindre des objectifs très éloignés. Au moins avons-nous la certitude que les problèmes posés par la résistance des matériaux employés et par la quantité d’énergie nécessaire pour propulser ces engins à de très longue distance hors de l’atmosphère terrestre ont été résolus. Et l’on est obligé de constater, du côté occidental, que, à l’heure qu’il est, il n’est pas de parade possible contre des engins à charge atomique tombant à la verticale sur leur objectif.
Sur le plan politique, la révélation de l’avance prise par l’U.R.S.S. dans la course à la supériorité technologique a eu des effets contradictoires : elle a probablement renforcé le prestige dont jouit l’U.R.S.S., notamment parmi les pays dits sous-développés de l’Afrique et de l’Asie ; elle a, d’autre part, réveillé les énergies quelque peu assoupies des puissances occidentales, et plus particulièrement des États-Unis.
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