Outre-mer - Le Cabinda - La République d’Afrique du Sud et les pays occidentaux
La décolonisation des territoires portugais de l’Atlantique sud se poursuit, sans hâte et non sans difficultés. Un accord est signé le 26 novembre 1974 grâce à la médiation algérienne, entre M. Almeida Santos, ministre portugais des Territoires d’outre-mer, et M. Miguel Trouvoada, membre du secrétariat exécutif du « Mouvement de libération de Sao Tome et Principe » (MLSTP). Le texte prévoit la constitution d’une assemblée populaire à la suite d’élections organisées par ce mouvement, l’indépendance serait proclamée en juillet 1975. En Angola, où deux mouvements de libération, le Front national de libération de l’Angola (FNLA) de M. Roberto et l’Union nationale pour l’indépendance totale de l’Angola (UNITA) de M. Savimbi, ont décidé de coopérer contre le Mouvement populaire de libération de l’Angola (MPLA), marxiste, de M. Neto, les grandes lignes d’une émancipation du territoire ont été tracées : le Conseil militaire sera remplacé par un Gouvernement provisoire, présidé par un Haut-Commissaire portugais ; pour la constitution de ce cabinet de transition, des négociations avec les trois mouvements de libération auront lieu à Lisbonne, en présence du général Costa Gomez, successeur du général Spinola et ancien commandant en chef de l’Angola. Le Cabinda pose un problème particulier qui, dans l’état actuel des relations entre les partis africains, peut rendre plus difficile une négociation déjà très délicate.
Ce petit territoire, enclavé dans les Républiques du Congo [Congo-Kinshasa] et du Zaïre, est séparé de l’Angola, auquel il est rattaché administrativement, par l’estuaire du fleuve Congo et par une bande de quarante à 120 kilomètres de large qui, sur la rive droite de ce fleuve, appartient au Zaïre. Cette bande est l’unique fenêtre vers la mer de ce gigantesque État d’Afrique centrale. Elle contient Banana qui est l’avant-port, en voie d’équipement, de Matadi, localisé située à près de deux cents kilomètres en amont, sur la rive gauche du fleuve et qui n’aurait pas une capacité suffisante si tout le trafic extérieur du Zaïre devait emprunter une voie exclusivement nationale.
La population de l’enclave angolaise se monte à 80 000 habitants. Ceux-ci se répartissent en quatre groupes ethniques dont deux sont représentés dans les territoires voisins : les Bavili du Nord au Congo et les Bakongo du Sud au Zaïre. Les populations moins importantes du centre, Balumbe et Kabinda, n’existent qu’au Cabinda. Avant la pénétration européenne, les Bavili appartenaient au royaume de Loango et les Bakongo au royaume du Zaïre. Les Portugais ont atteint le fleuve Congo dès 1482 ; ils sont entrés en rapport avec le Mani-Congo, souverain du Zaïre, vers 1500. La capitale du royaume était alors installée à l’emplacement de la ville angolaise de San Salvador. Le royaume central comptait six provinces et s’étendait du fleuve Luango au Nord (1), au Ouango à l’Est (2) et à la Kwanza au Sud (3). Le royaume de Luango, peuplé par les Bavili qui, eux-mêmes dominaient les Balumbe, en était plus ou moins tributaire, ainsi qu’un certain nombre de chefferies voisines. Ce grand royaume, christianisé par les Portugais, avait pratiquement disparu au XIXe siècle. Les négociations qui préludèrent au Traité de Berlin (1884-1885) et qui consacrèrent le partage de l’Afrique reconnurent les droits du Portugal sur la ville de Cabinda, qui avait été fondée en 1794, et la côte angolaise mais, en dépit des prétentions de Lisbonne, elles accordèrent à la société internationale, présidée par le roi des Belges Léopold II, le regard sur l’Atlantique que celle-ci réclamait. Les frontières du Cabinda, de l’Angola, du futur Congo belge et du Congo français furent fixées ultérieurement par des conventions bilatérales et ne tinrent pas compte des limites des royaumes existant auparavant. Ceux-ci, d’ailleurs, n’avaient laissé dans les tribus qu’ils avaient rassemblées pour un temps, aucune trace, sinon, dans une certaine mesure, l’usage du dialecte bakongo comme langue de communication.
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