Sciences et techniques - L'infrarouge passif : un nouvel atout dans la guerre électronique
L’œil est incontestablement l’organe des sens qui fournit à l’homme son moyen de communication essentiel avec le milieu extérieur. Or, si perfectionné qu’il soit, ce merveilleux instrument est un récepteur limité à une bande étroite du spectre des radiations électromagnétiques, et sa sensibilité, au demeurant fort inégale le long de ce spectre, est nettement insuffisante une fois le soleil disparu sous l’horizon. Pour continuer d’assurer la nuit ses fonctions habituelles, l’homme a mis au point des projecteurs de lumière visible. Mais pour les militaires, ce ne sont que des palliatifs qui ne permettent pas de tirer profit de la « discrétion naturelle » de la nuit, ni de voir sans être vu.
C’est l’astronome anglais, Sir Williams Herschel, qui apporta la solution en découvrant en 1800, cette « lumière invisible » qui devait durant de nombreuses années fasciner tant d’utilisateurs potentiels. Dès la fin de la seconde guerre mondiale, les nations techniquement avancées ont progressivement mis au point des équipements de vision nocturne utilisant des projecteurs de lumière infrarouge, en association avec des jumelles à tubes transformateurs d’image infrarouge en image visible. L’un d’entre eux, le Sniperscope américain, monté sur fusil, reste sans doute le plus célèbre. Il s’agissait, bien sûr, d’équipements aux performances modestes, limités par leur caractère actif mais qui, pourtant, avaient fait naître le besoin de dispositifs de vision nocturne chez l’utilisateur militaire, à tel point qu’aujourd’hui la plupart des armées du monde en sont équipées.
Il fallut néanmoins attendre les années 60 pour que l’on assiste aux débuts de l’infrarouge passif, basé sur l’émission propre des corps. Chaque arbre, chaque buisson, chaque pierre rayonne ces précieuses longueurs d’onde. Le corps humain, mieux que tout autre, avec ses 37 degrés de chaleur animale, est un excellent émetteur d’infrarouge à 10 microns. Ces radiations, bien que non détectables par l’œil, peuvent cependant être décelées, mesurées et analysées par des instruments d’optique pour peu qu’ils soient dotés de détecteurs suffisamment sensibles. Dès lors, les objets eux-mêmes peuvent être détectés, voire reconnus et identifiés. Ceci a permis le développement d’une nouvelle génération d’équipements qui a cependant nécessité la mise en place de compétences théoriques et technologiques, aussi bien au niveau des composants de base (matériaux pour optiques, objectifs, détecteurs) que des systèmes complets, qu’ils soient d’imagerie, de poursuite ou de guidage.
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