Octobre 1979 - n° 392

Secrétaire général du « Comité d’études de défense nationale » (CEDN) et rédacteur en chef de la revue « Défense Nationale » depuis onze ans, le général Georges Vincent, alias « Gérard Vaillant », nous quitte ce premier octobre, pour prendre sa retraite comme il le souhaitait depuis quelque temps. Lire la suite

  p. 7-8

Le sous-marin nucléaire change les conditions de cette lutte, en raison de sa vitesse en plongée, de son autonomie d'action, de la portée et de la puissance de ses missiles anti-forces. Ses qualités confèrent des dimensions nouvelles au champ de la lutte anti-sous-marine dont la « guerre acoustique » est la forme principale. Celle-ci requiert la mise en œuvre de multiples moyens dont la coordination est une affaire complexe. Lire la suite

  p. 9-23

Après avoir opéré sans heurt le passage de l'Espagne à la démocratie et la rentrée en scène de la diplomatie, le gouvernement de M. Suarez ne va-t-il pas voir son œuvre compromise par la montée des forces de gauche et la recrudescence du terrorisme basque devant lequel les grands courants politiques sont divisés ? Lire les premières lignes

  p. 25-33

Deux hypothèques pesaient sur la politique du Japon après sa défaite de 1945 : l'alignement sur Washington et le renoncement à la défense par les armes. Dans un premier temps, jusqu'en 1972, il s'est progressivement libéré de la première tout en gardant le bénéfice de l'alliance américaine et il a assoupli la seconde tout en demeurant opposé à l'arme nucléaire. Dans le même temps il a connu une prodigieuse ascension économique qui l'a placé au troisième rang mondial et en a fait le concurrent, mal supporté parfois, des États-Unis et de l'Europe. Depuis 1972 son engagement dans la « Zone Asie-Pacifique » s'est affirmé, indépendamment de toute prise de position idéologique. Mais plus récemment, après l'échec des négociations de paix avec l'URSS, il a penché vers Pékin avec qui il a signé, le 13 août 1978, un traité qui fait de lui le partenaire de la Chine et l'associe à la modernisation de celle-ci. Lire les premières lignes

  p. 35-44

À vouloir trop gagner au bénéfice de sa sécurité, l'Union soviétique (URSS) risque en définitive d'aller à l"encontre de ses véritables intérêts en inspirant la crainte aux Européens. Les objectifs de sa politique européenne, les perspectives d'une réduction mutuelle des forces et celles du désarmement nucléaire en Europe sont analysées ici.

  p. 45-53

Dans cet arc de pays jouxtant les frontières méridionales de la Russie depuis la mer Noire jusqu'à l'Himalaya, zone de turbulences, de révolutions au nom de l'Islam et de dépression économique, l'Union soviétique (URSS) cherche-t-elle à exploiter le recul que viennent d'enregistrer les Occidentaux ?

  p. 55-64

La Syrie aura vécu un été fertile en événements : le massacre des cadets de l’École d'artillerie d'Alep, un combat aérien opposant ses MiG aux F-15 israéliens dans le ciel du Sud-Liban, la mise en cause du Baas syrien dans le « complot » déjoué à Bagdad… Apparemment, le général Hafez al-Assad a surmonté la crise la plus grave du régime qu'il a instauré en 1970. La sérénité volontiers affichée par les dirigeants damascènes dans la conduite des affaires tant intérieures qu'extérieures n'a-t-elle pas pour seul objectif de minimiser les craintes que beaucoup éprouvent aujourd'hui quant à la stabilité des institutions baassistes ? Lire la suite

  p. 65-77

Au moment où vient de se tenir à La Havane la VIe conférence des non-alignés, l'auteur, actuellement sous-directeur des études à l'Institut International d'Administration Publique et maître de conférences à l'Institut d’études politiques (IEP) de Paris, rappelle ici l'historique de ce mouvement, ses objectifs initiaux et son développement ; un développement qui lui a d'ailleurs fait perdre en cohésion ce qu’il a gagné en nombre. On sait en effet quelle altération ont subie les critères initiaux de non-alignement ; le déroulement de la conférence qui vient de se tenir sous la présidence du plus fidèle allié de Moscou hors d'Europe a illustré largement la tentative de dévoiement dont il est l'objet. Il est piquant par ailleurs de noter que la conférence s'est tenue sur un territoire abritant une base américaine d'une part et une « brigade » soviétique d'autre part, alors que la charte du non-alignement précise qu'un pays ne peut adhérer au mouvement s'il admet des bases étrangères sur son territoire. Lire la suite

  p. 79-94
  p. 95-101
  p. 103-113
  p. 115-128

Chroniques

Cette année encore, l’été ne fut pas une saison calme. Un coup d’état en Irak et un autre en Guinée équatoriale, une tentative de renversement du gouvernement en Afghanistan, la victoire des « sandinistes » au Nicaragua, la relance du conflit du Sahara à la suite de l’accord entre le Polisario et la Mauritanie, les dimensions internationales prises par le problème des réfugiés du Sud-Est asiatique, les développements de la révolution iranienne et la révolte du Kurdistan, la nouvelle hausse du prix du pétrole, les nouvelles offensives des terroristes irlandais, et l’attentat qui coûta la vie à Lord Mountbatten ont été autant d’événements dont on ne peut prévoir toutes les conséquences. Lire les premières lignes

  p. 129-133

Depuis son arrivée au pouvoir début mai 1979, le gouvernement conservateur a mis l’accent sur la politique de défense. On se souvient que la menace militaire soviétique avait tenu une place essentielle dans la campagne électorale. Les débats sur la défense aux Communes, les 26 et 27 mars derniers, avaient permis aux dirigeants tories de faire état de leurs principales options en la matière. Lire les premières lignes

  p. 134-138

Fallait-il donc ne pas prendre au sérieux les propos tenus dans Le Nouvel Observateur du 20 août par le général Buis et Alexandre Sanguinetti ? Le titre donné à cette double interview était sans ambages : « La question sacrilège : partager l’arme nucléaire avec les Allemands ? » Même s’il n’y avait pas sacrilège, il y eut quelque émotion parmi les spécialistes. À tel point que rapidement Alexandre Sanguinetti corrigeait le tir : « J’ai voulu démontrer par l’absurde que l’Europe indépendante n’existe pas, qu’il n’y a pas de volonté d’indépendance de l’Europe » (à France-Inter, le 28 août). Lire les premières lignes

  p. 139-142

L’entretien du Nouvel Observateur (n° du 20 août) avec Georges Buis et Alexandre Sanguinetti publié sous le titre provocateur : « Partager l’arme nucléaire avec les Allemands ? » ne pouvait manquer de déclencher les passions. Quelle aubaine en effet pour l’opposition et particulièrement pour ceux qui ne cessent d’accuser le gouvernement de faire fi de la souveraineté nationale ! Que disaient donc l’ancien ministre du général de Gaulle et le général de corps d’armée qui dirigea pendant de longues années l’Institut des hautes études de défense nationale (IHEDN) puis la Fondation du même nom ? Lire les premières lignes

  p. 143-149

Le principe de la création, au sein de l’État-major de l’Armée de terre (Emat), d’une division « Méthodes et techniques d’action » (MTA) avait été retenu dès le mois de mai 1978. Il s’agissait, en effet, d’améliorer : Lire les premières lignes

  p. 150-152

À la fin de la prochaine décennie, plusieurs pays européens seront appelés à remplacer leurs avions tactiques actuels par des matériels nouveaux, notamment la Grande-Bretagne, la République fédérale d’Allemagne (RFA) et la France. Ces 3 pays disposent de l’essentiel des capacités de production de l’industrie aéronautique européenne et il semble pour le moins souhaitable qu’un chasseur tactique commun puisse répondre aux exigences des États intéressés, sur le plan militaire comme sur le plan économique. Lire les premières lignes

  p. 153-155

La Provence, premier Sous-marin nucléaire d’attaque (SNA) de la Marine nationale, a été mise à l’eau à Cherbourg le 7 juillet dernier. Cette opération, qui aurait dû intervenir le 26 mai précédent, avait dû être retardée à la suite d’une manifestation des ouvriers de l’arsenal. La Provence est le 85e sous-marin construit à Cherbourg. Ses caractéristiques ont été données dans notre chronique de juin 1979. Lire les premières lignes

  p. 156-162

L’année 1978 et le premier semestre de 1979 ont vu disparaître plusieurs personnalités de la scène politique africaine. Si le décès du président Boumédiène a diminué l’intensité du rayonnement de l’Algérie sur le continent sans pour autant que soit modifiée fondamentalement la politique étrangère de ce pays, les changements survenus dans les gouvernements d’autres États ont des conséquences plus visibles. En Mauritanie, la chute de M. Moktar Ould Dadda et celle de son successeur ont provoqué l’évolution du problème sahraoui (voir ci-dessous l’article de Bernard Guillerez). Au Tchad, l’éviction du président Malloum a permis de faire participer plusieurs fractions des rebelles au gouvernement : cette mutation est souvent considérée comme une avancée, peut-être provisoire, des « musulmans progressistes » vers le sud, bien que le colonel Kadhafi se montre peu satisfait des résultats obtenus par la Conférence de Kano. En revanche, la fuite du maréchal Idi Amin Dada marqua une régression de l’influence islamique en Ouganda : le premier succès remporté en Afrique par une opposition agissant de l’extérieur avec l’appui des forces armées d’un État voisin, constitue un précédent fâcheux. La mort du président Kenyatta a permis d’installer à Nairobi un chef d’État plus ouvert aux relations interafricaines et donnera sans doute au Kenya la possibilité de tenir le rôle qui lui revient sur la scène du continent. Par ailleurs, des régimes militaires disparaissent au Ghana et au Nigeria, deux États aux structures complexes, et l’on ne peut préjuger de la solidité des pouvoirs mis en place ni de la position que des gouvernements civils adopteront sur l’échiquier continental. En Guinée Équatoriale, après un affrontement sanglant, M. Francisco Macias Ngueman, un des trois présidents africains qui furent les moins acceptés par leurs pairs, a été renversé et arrêté début août 1979. Lire les premières lignes

  p. 163-170

* Malgré les difficultés de la situation économique dans le monde et en France, le gouvernement a veillé à ce que les ressources consacrées à notre effort de défense, loin de diminuer de 1977 à 1980, ne cessent de s’accroître non seulement en valeur constante mais par rapport à la part qu’elles représentent dans la production nationale de la France. Lire la suite

Bibliographie

SIPRI : World Armaments and Disarmament – SIPRI Yearbook 1979  ; Taylor and Francis, 1979 ; 698 pages - Armand Boussarie

La lecture de l’Annuaire 1979 – 10e de la série – publié par l’Institut de Recherche en vue de la Paix internationale (SIPRI) est assurément sévère ; mais le document rassemble et commente un tel volume d’informations sur la situation des armements dans l’ensemble du Monde, qu’elle s’impose à tous ceux que concernent les problèmes de défense. Lire la suite

  p. 173-174

René Cagnat, Guy Doly et Pascal Fontaine : Euroshima  ; Éditions Média, 1979 ; 175 pages - Armand Boussarie

Titre accrocheur, minceur aguichante habillée d’une robe feu, Euroshima se présente bien joliment. Mais que réservent au lecteur ces dehors plaisants ? Avouons-le à regret : une déception. Car Euroshima – ou Construire l’Europe de la Défense – veut démontrer que notre Europe démocratique ne survivra qu’en bâtissant une défense homogène et intégrée à tous les niveaux, et sa démonstration manque par trop de rigueur. Lire la suite

  p. 174-175

Gilles Martinez : Sept syndicalismes  ; Éditions du Seuil, 1979 ; 247 pages - Armand Boussarie

Clerc avant d’être journaliste, militant socialiste sans doute, mais historien autant, plus intéressé par les faits que par les discours, tel nous apparaît Gilles Martinet à travers son dernier livre, ramassé, documenté et ouvert, sur l’histoire du syndicalisme ouvrier en régime capitaliste. Dans un précédent livre, Les Cinq Communismes, édité en 1971 aux Éditions du Seuil, l’auteur a traité la question de l’étouffement du syndicalisme en régime communiste. Lire la suite

  p. 175-176

Colonel Georges (Robert Noireau) : Le temps des partisans  ; Éditions Flammarion, 1978 ; 370 pages - Armand Boussarie

En 1944, le colonel Georges, alors âgé de 32 ans, était l’une des figures les plus connues de la Résistance dans le Sud-Ouest. Militant confirmé du parti communiste, meneur d’hommes audacieux et énergique, organisateur formé aux méthodes éprouvées du parti, chef indiscuté des FFI (Forces française de l’intérieur) du Lot, appelé à Toulouse à la Libération pour y être Commandant d’armes, engagé enfin sur le Front de l’Atlantique à la tête du 8e RI (Régiment d’infanterie). il aurait pu rêver d’une carrière nationale, militaire ou politique ; nombre de ses camarades l’ont tenté, certains ont réussi. Lire la suite

  p. 176-177

Général Maurice Durosoy : Saumur. Historique de l’École d’application de l’armée blindée et cavalerie  ; Éditions Charles Lavauzelle, 1979 ; 192 pages - Georges Vincent

Qui dit cavalerie dit chevalier. Il est de bon ton aujourd’hui de sourire à l’évocation du panache ; comme si cette noblesse du comportement était incompatible avec le sérieux ! Comme si le goût du risque gâtait quelque peu le caractère d’implacable logique de l’ingénierie ! Une école, de nos jours, inculque à longueur d’année à de jeunes officiers que la perfection dans l’accomplissement de la mission est compatible avec le brio de son exécution, que la peine prise à la mise au point de l’engin blindé et de son système d’arme est la condition indispensable de la réussite de l’opération, que le panache, l’esprit cavalier, cela s’apprend, cela s’acquiert et que cela peut servir… Lire la suite

  p. 177-178

Jean Deviosse : Charles Martel  ; Éditions Jules Tallandier, 1978 ; 338 pages - André Nolde

Historien de vocation plutôt que de formation, Jean Deviosse s’est fait néanmoins une réputation très justifiée parmi les érudits, comme spécialiste en France des temps mérovingiens. Son ouvrage sur Charles Martel en apporte la preuve. Il a rassemblé sur le sujet une documentation qui semble exhaustive, et cela en puisant directement aux sources et en écartant tout ce qui n’était que redites ou spéculations. Lire la suite

  p. 178-178

Revue Défense Nationale - Octobre 1979 - n° 392

Revue Défense Nationale - Octobre 1979 - n° 392

Il n'y a pas d'éditorial pour ce numéro.

Revue Défense Nationale - Octobre 1979 - n° 392

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