Introduction
Introduction
Cette année 2026 s’ouvre avec ce numéro, consacré à « L’informationnel et l’IA à l’heure de la guerre cognitive ». Comme la revue en a pris l’engagement auprès de ses lecteurs, le rendez-vous du mois de janvier s’installe désormais dans la production des études stratégiques et il sera toujours consacré aux questions informationnelles.
L’année dernière le numéro de janvier intitulé « L’informationnel : dissiper le brouillard et passer à l’action » avait ouvert la thématique en posant un certain nombre de définitions et de principes dans un environnement caractérisé par l’inflation et l’hyperbole des termes (1). Cette année nous avons décidé d’associer à l’informationnel la question, présente dans tous les esprits, de l’Intelligence artificielle ainsi que celle de la « guerre cognitive » qui tend de plus en plus à s’imposer dans le débat public. Le vocabulaire de la conflictualité armée ne cesse de progresser dans notre environnement informationnel en Europe et il n’est pas possible de le récuser au risque d’être aveuglé. Mais il faut l’employer en connaissance de cause. Il faut en particulier rappeler que la notion de guerre de l’information et de guerre informationnelle sont des inventions étasuniennes : en 1976, par Thomas P. Rona pour la « guerre de l’information » (2), en 1994 (Winn Schwartau) et 1995 (Martin C. Libicki), pour la « guerre informationnelle » (3). Dans la langue française l’expression de « guerre cognitive », formulée une première fois en 2003 par Christian Harbulot et Didier Lucas (4), n’est devenue d’usage plus fréquent que vingt ans plus tard, à partir de la fin de l’année 2023 (5). Dans l’anglosphère le terme n’en est pas moins récent (6) et ce sont des auteurs français qui en ont revendiqué la paternité en 2020, mais dans un cadre otanien (NATO-SACT) (7). Quel a été l’effet de ces définitions ? Celui – qui n’est pas mince – d’avoir séparé les domaines : à la « guerre informationnelle » le champ de l’information, à la « guerre cognitive » celui de la connaissance. Cette ligne de partage est désormais canonique et le numéro qui suit s’y est tenu.
Comme il est désormais de coutume, la RDN à l’occasion de son numéro annuel sur l’informationnel, se transforme en un carrefour interdisciplinaire : les autrices et auteurs des dix textes qui suivent sont issus des mondes de la recherche et de l’enseignement supérieur, du conseil et des armées. Nous persistons à croire qu’il faut absolument décloisonner pour tenir un débat stratégique digne de ce nom, le seul qui soit à la hauteur des enjeux auxquels notre pays fait face. Que toutes celles et ceux qui ont rédigé les textes de ce numéro soient assurés de ma gratitude personnelle et de celle de la revue. ♦
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