L’Intelligence artificielle (IA) générative est devenue d’usage courant au point d’être utilisée de plus en plus dans les processus décisionnels. Or, une part d’incertitude demeure avec des risques d’une fiabilité relative. Ces outils peuvent permettre de faciliter en amont la compréhension du problème posé. Cela exige une formation préalable obligeant à connaître son métier.
Intelligence artificielle et décision stratégique : l’illusion de la certitude
Artificial Intelligence and Strategic Decision: The Illusion of Certainty
Generative artificial intelligence (GenAI) is now in widespread use, and is increasingly incorporated into decision-making processes. Nevertheless, there remains some uncertainty regarding reliability risks. GenAI tools can help early understanding of a problem as long as prior training is given to learn the methodology thoroughly.
McKinsey, un important cabinet de conseil en stratégie dont le métier est de conseiller les dirigeants, déclarait en 2024 que 40 % de ses projets portaient sur l’Intelligence artificielle (IA) générative (1). L’ancien Premier ministre britannique Boris Johnson se vante d’utiliser l’IA pour écrire ses livres (2). D’après Satya Nadella, PDG de Microsoft, 30 % du code produit par la société serait écrit par l’IA (3). En août 2025, le Premier ministre suédois Ulf Kristersson fut vivement critiqué pour avoir déclaré que lui et ses collaborateurs demandaient souvent à ChatGPT « un deuxième avis » (4).
Le major general William Taylor, commandant la 8e Armée américaine stationnée en Corée, vient de révéler (5), lors de la conférence annuelle de l’Association of the United States Army (6) à Washington, qu’il utilisait couramment ChatGPT, expliquant qu’en tant que chef, il voulait « prendre de meilleures décisions » et ajoutant même « Chat et moi sommes devenus vraiment proches ces derniers temps ». L’article qui rapporte l’anecdote mériterait d’être cité en entier. D’autres haut gradés soutiennent, eux aussi, que l’IA permet de produire « de meilleures décisions, plus vite ». Les généraux, les PDG, les chefs d’État sont-ils vraiment en train de déléguer la prise de décision à des machines ? Quelles peuvent en être les conséquences ?
Bonne et mauvaise critique de l’IA générative
À la fin du XVIIIe siècle, Johann Gottfried Herder (1744-1803), pasteur et chef de file, avec Burke, des anti-Lumières, voit dans l’esprit français (celui de Voltaire et de Diderot) un rationalisme « mécanique ». Le mot l’obsède et revient souvent sous sa plume. Il reproche, par exemple, à l’Encyclopédie de n’être rien d’autre qu’un remix facile, inutile et à la limite du plagiat : « À présent on fabrique des encyclopédies : même un d’Alembert et un Diderot s’abaissent à cela et c’est justement cet ouvrage dont les Français se font gloire qui est pour moi le premier indice de leur décadence. Ils n’ont rien à écrire et font donc des “abrégés”, des “dictionnaires”, (…) des “encyclopédies”. Les œuvres originales manquent (7). »
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