Politique et diplomatie - Le plan Reagan, la Jordanie et l’Organisation de libération de la Palestine (OLP)
Faisons le point, fin octobre, des problèmes du Proche et du Moyen-Orient : trois conflits ouverts, Liban, Palestine et guerre irako-iranienne, trois conflits qui en réalité n’en font que deux. Laissons de côté la guerre irako-iranienne qui mérite d’être traitée à part. Mais la stabilité intérieure et la sécurité du Liban ne sont pas dissociables de la question palestinienne. Il est vain de penser que l’on puisse reconstruire le Liban, y assurer l’ordre et la coopération entre les communautés et les partis de toutes tendances, bref, il est vain d’espérer que l’on puisse revenir à l’état de choses qui, tant bien que mal, prévalait pendant la période du mandat, si un accord n’est pas réalisé qui tienne compte des « droits légitimes du peuple palestinien ». En d’autres termes, la stratégie dite du « salami » qu’Israël tente de mettre à profit et qui vise à résorber la résistance arabe en digérant d’abord l’Égypte, puis le Liban, puis la Jordanie et la Syrie, ne peut réussir pour des raisons à la fois théoriques et de fait, auxquelles j’ai fait allusion dans des articles précédents (1). Même divisée et déchirée par des combats fratricides, la nation arabe est trop nombreuse, le monde musulman est trop vaste et l’Islam y est trop vivant pour que cette stratégie puisse aboutir au seul fruit qui la justifie : la paix.
Voyons plus en détail les données « nouvelles » du problème palestinien, dans la mesure où sa solution conditionne l’avenir du Liban. Le 1er septembre, dans son message à la nation, le Président Reagan a traité du Moyen-Orient. Reprenant dans ses grandes lignes le plan qu’Henry Kissinger avait exposé au Secrétaire d’État George Schultz, le Président a d’abord reconnu que « la situation au Liban n’est qu’un élément du problème global du conflit au Moyen-Orient ». Quant à la négociation globale, les États-Unis veulent toujours s’en tenir au cadre tracé par l’accord de Camp David, et s’abstiennent par conséquent sur ce point de heurter de front les dirigeants israéliens. Mais comme le recommandait Kissinger, le Président des États-Unis précise la position américaine. Ceux-ci ne s’en tiendront plus désormais au rôle d’honnêtes courtiers. L’offensive diplomatique lancée par le Président Reagan exige qu’il exprime clairement son opinion.
À propos du droit des Palestiniens à décider de leur sort, les États-Unis réitèrent leur adhésion aux dispositions de Camp David :
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