À une époque où les coûts de maintenance des infrastructures ne cessent de s'accroître, il est indispensable de posséder une méthode générale et systématique permettant de hiérarchiser les priorités en investissements pour optimiser les bénéfices. Étant donné la variété des infrastructures, des différents composants et des enjeux, une telle tâche est loin d'être aisée. Pourtant, des méthodes se mettent en place dans le monde du génie civil pour aider les ingénieurs et les décideurs à développer ensemble des stratégies répondant à des problèmes techniques, financiers ou environnementaux.
Oxand, société de conseil issue du groupe EDF, a développé et mis en place une méthode, qui se révèle être un outil décisif d'aide à la décision. En associant la notion de risque aux impacts sociaux, financiers ou environnementaux, il devient possible d'estimer et de comparer des actifs très divers, soumis à des contraintes d'exploitation, de sécurité et de budget. Par ailleurs, il est possible de faire vivre cette analyse dans le temps en y intégrant les dernières connaissances du vieillissement des matériaux, toujours dans une optique de gestion technique et financière optimisée. Nous présentons les concepts de notre méthodologie ainsi que ses applications.
La gestion des infrastructures dans les pays industrialisés est à une période charnière. Jusqu’à présent, la majorité des efforts se sont concentrés sur le développement de nouvelles infrastructures pour une société en pleine croissance. Une partie du budget a été prévue pour leur maintenance, surtout pour leur partie la plus visible. Or aujourd’hui, nous devons modifier cette vision : il devient en effet de plus en plus évident que la maintenance est désormais l’activité principale des ingénieurs, et que les budgets sont insuffisants pour remettre tout à neuf. Dans un contexte où les actifs ont vieilli, les coûts de maintenance augmentent de façon non linéaire.
L’idée traditionnelle du génie civil reste celle de construire de nouvelles choses. Les étudiants fraîchement sortis de l’université ou des grandes écoles en sont les porte-parole : ils savent globalement concevoir les composants d’une nouvelle structure, mais ils n’ont qu’une vague idée de ce que sont les mécanismes de vieillissement ou de la façon de réparer un ouvrage qui ne répond plus à ses fonctions ; quant à la notion de hiérarchiser des interventions de maintenance, ils n’en ont probablement jamais entendu parler. Ce n’est donc pas une surprise que beaucoup d’ingénieurs, une fois confrontés à ce problème, essaient avant tout de ramener un système à son état initial (ce qu’on appelle la « norme »). Et si à cela s’ajoutent des contraintes budgétaires, ils répareront ce qui semble le plus urgent, voire ce qui est déjà défaillant.
En génie civil, la notion de risque sert principalement à décrire les aspects de sécurité dans le domaine de la construction à moins qu’il s’agisse du risque financier associé au suivi de projet. Néanmoins, une bonne compréhension et une bonne connaissance du risque associé à une infrastructure est vitale pour une stratégie de surveillance et de maintenance efficace. Dans la suite de l’article, nous allons résumer les besoins du secteur du génie civil en évaluation et en gestion de risques. Nous décrirons brièvement notre méthode, que nous illustrerons ensuite par une série d’exemples d’applications.
Le besoin
La solution par l’analyse de risques
Définition du risque
Gestion des risques
Méthodologie
Synthèse et représentation
Gains de la méthode
Champs d’application
Débat
risque, infrastructures, EDF/Oxand, gestion des risques