Constatant l’impasse dans laquelle s’est fourvoyée la mondialisation, l’auteur propose de revenir à l’économie de proximité, seule à même de rendre la croissance compatible avec les ressources disponibles de la planète.
Une nouvelle économie de proximité, réplique à une mondialisation dans l'impasse ?
Local economies—a counter to globalisation in deadlock?
The author considers globalisation to be in deadlock and suggests a return to local economies—the only ones in a position to adjust growth to the planet’s available resources.
Le mode de développement actuel recherche l’amélioration du bien-être par l’augmentation des quantités produites, l’élargissement de marchés solvables, l’accroissement des échanges et des transports. L’extension sans limite des échanges marchands et monétaires entraîne l’augmentation de la consommation de biens non durables, l’énergie pétrolière au premier chef, et cela sans considération des effets négatifs provoqués dans le domaine social ou celui de l’environnement. C’est ce processus que l’on désigne aujourd’hui sous le vocable de mondialisation. La mondialisation repose sur les transports. Sans transports, pas de mondialisation. Or la mondialisation, comme on va le voir, s’engage dans une voie sans issue. Comment s’en sortir ? L’économie de proximité est-elle susceptible de fournir une réponse ? Voyons d’abord quelques chiffres.
La mondialisation dans l’impasse
Un modèle de croissance à caractère explosif
La méthode, mise au point par le Suisse Mathis Wackermagel voici quelques années, a l’avantage de permettre des comparaisons internationales, grâce à un étalon commun. La consommation de ressources par les hommes (chauffage, carburant, eau ou denrées alimentaires) n’est pas exprimée en kilos, litres ou kilowatts, comme il est de tradition, mais en mètres carrés : la surface nécessaire pour produire des ressources. La planète nous fournit une surface biologique productive (terres et espaces marins) de 1,9 ha par habitant. Or, depuis les années 70, notre « empreinte écologique » — à savoir la pression que nous exerçons en consommant des ressources et en produisant des déchets — est aujourd’hui de 2,9 ha en moyenne. En d’autres termes nous vivons sur les réserves de la planète que nous sommes en train d’épuiser.
Une autre façon d’illustrer ce problème consiste à évaluer, pour chaque pays, ce que la planète peut globalement offrir en termes de ressources non renouvelables. La moyenne mondiale est aujourd’hui d’environ 1,35 planète. En Chine, la moyenne est de 0,9 planète (0,3 au Bangladesh) ; mais, aux États-Unis, la consommation de ressources atteint 6 planètes ! Nous vivons manifestement au-dessus de nos moyens.
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