La PESD a progressé sur le plan opérationnel, avec le lancement de plusieurs missions dans des zones géographiques nouvelles (Indonésie, Palestine, Darfour). Les actions civiles et militaires de l’Union européenne sont de plus en plus nombreuses, même si elles ont pour la plupart une envergure limitée. Le processus de renforcement des capacités est en cours. Le Collège européen de sécurité et de défense (CESD) a été créé par le Conseil affaires générales et relations extérieures (Cagre) le 18 juillet 2005.
La dimension politique de la PESD : bilan du second semestre 2005
The political dimension of ESDP
ESDP has made progress operationally with several missions in new geographical areas (Indonesia, Palestine, Darfur). The European Union’s civil and military actions have increased in number, even if most of them are of limited scope. The process of reinforcing capabilities has started. A European Security and Defence College has been created.
La Politique européenne de sécurité et de défense (PESD) poursuit sa progression, lente mais régulière, sans que les aléas de la vie politique ne semblent l’affecter. Lors du second semestre 2005, plusieurs événements pouvaient provoquer un coup d’arrêt : le « non » français au référendum sur la Constitution, les élections allemandes et l’arrivée au pouvoir d’Angela Merkel, connue pour ses prises de position atlantistes, ou la prise en charge de la présidence semestrielle de l’Union par le Royaume-Uni à partir du 1er juillet 2005. Aucun de ces facteurs n’a véritablement perturbé le processus de développement de la PESD. Au contraire, l’activité opérationnelle couverte par la PESD s’est étendue à de nouvelles régions, confirmant la propension nouvelle de la politique étrangère européenne à agir, au lieu de s’en tenir au déclaratoire. Le Traité de Maastricht, en février 1992, avait créé l’instrument de l’action commune, l’opération PESD en est aujourd’hui une manifestation privilégiée, à même de transformer l’UE en un véritable acteur de la politique internationale.
Sur le continent européen, l’Union mène des opérations dans les Balkans, en Géorgie, mais aussi sur la frontière entre la Moldavie et l’Ukraine, confirmant son intention d’agir de manière effective dans ces pays de l’ex-URSS considérés comme relevant d’une politique de voisinage. Au Proche et au Moyen-Orient, l’opération visant l’Irak est désormais complétée par des missions en Palestine où les Européens, principaux bailleurs de fonds, tentent de jouer un rôle politique. En Afrique, l’UE est désormais présente au Soudan, dans la région du Darfour, tandis qu’elle maintient ses activités en République démocratique du Congo. Enfin la PESD s’est déployée pour la première fois en Asie du Sud-Est, grâce à une mission dans la région d’Aceh (Indonésie).
Si l’activité opérationnelle se développe, les tâches réalisées dans le cadre de la PESD demeurent limitées. Dans la plupart des cas, les opérations sont de nature civile ou civilo-militaire, et les hypothèses d’intervention semblent restreintes aux conflits de basse intensité. L’Union européenne est encore une puissance civile qui se dirige prudemment vers le militaire. Le processus de renforcement des capacités devrait l’amener plus près de la puissance militaire, même si les limites actuelles de ce processus laissent planer des doutes quant à la forme finale que devrait revêtir la PESD.
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