Vie militaire et vie associative
Les deux traits majeurs, caractéristiques de l’évolution présente de la société française, sont, au sens de nombreux analystes, l’économisme, qui tend à subordonner le politique à l’économie, et l’individualisme, qui privilégie la satisfaction personnelle sur la solidarité entre les personnes. Depuis dix ans, avec la disparition des tensions Est-Ouest, la construction européenne et la mondialisation, le mouvement s’est accéléré, généralisé et médiatisé. Qu’on le déplore ou que d’autres s’en félicitent, ce fait touche désormais des secteurs qui, jusqu’ici, demeuraient fondés sur des valeurs de référence plus traditionnelles, assises notamment sur les vertus civiques.
Malgré le discours qui fait appel très fréquemment à la citoyenneté, notre société est de plus en plus une société ouverte, d’échanges et d’entreprises, dominée par les flux de l’économie de marché et influencée par les réseaux mondiaux de la communication. L’État national et ses valeurs traditionnelles se désacralisent et connaissent ainsi une double tension dont on peut craindre qu’elle puisse aller jusqu’à la rupture de la nation. Celle-ci apparaît en effet de plus en plus remise en cause, en faveur, à la fois, de « l’empire », vers l’extérieur (Alliance atlantique, fédération européenne, interventions de l’Onu pour des « actions de maintien de la paix »…) et de « la cité », vers l’intérieur (régionalisme, décentralisation, aménagement du territoire…).
Dans une telle conjoncture, le citoyen s’efface peu à peu devant le consommateur au sein de cette économie d’échanges, de concurrence et d’entreprises sans frontières. Dès lors, la solidarité, qui demeure nécessaire entre les personnes, s’exprime de moins en moins par une référence aux valeurs civiques et de plus en plus par la recherche d’une gestion collective des risques liés à la généralisation internationale du capitalisme : apparition de nouveaux groupes de pression, voire de maffias ; influences médiatiques ; dessaisissement des élus nationaux par des institutions supranationales, composées d’experts non élus et inamovibles pendant la durée de leur mandat.
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