Kosovo : de vraies et de fausses leçons stratégiques
Je commencerai par commenter trois points parmi ceux qui ont été soulevés par le général Baer. Tout d’abord, l’analyse du parasitage de l’action militaire par la décision politique. C’est un discours lancinant, un énoncé typiquement militaire de tous les après-guerres… Il eût été extraordinaire que dans une guerre si « politique », ou si « morale », les politiques ne suivissent pas de très près le déroulement des opérations. Si l’on peut éventuellement penser que ceux-ci se sont trompés dans leurs choix stratégiques, il me semble beaucoup plus contestable de dire que, par leur contrôle, ils auraient empêché de bonnes stratégies militaires d’obtenir les résultats escomptés.
Ensuite, en ce qui concerne le terme de « capitulation », qui a été employé par le président de la République française, alors qu’il nous avait expliqué pendant deux mois qu’il n’y avait pas de guerre : je suis d’accord avec François Géré, et les historiens nous le diront sans doute mieux dans quelques mois ou années, il n’y a pas eu de capitulation de l’armée serbe, de l’État serbe ; la télévision en a d’ailleurs largement témoigné… Certains le regrettent, mais c’est ainsi.
Enfin, fallait-il s’abstenir de dire, ab initio, comme l’ont fait certains responsables, qu’il n’y aurait pas d’action terrestre ? Je suis ici d’accord avec le général Baer : on aurait pu éviter de le dire. Toutefois, la différence entre une situation où on le dit, et une situation où on ne l’eût pas dit mais où personne ne nous eût cru disposé à le faire, me semble relativement marginale.
Il reste 85 % de l'article à lire
Plan de l'article








