Le deuxième plan français de modernisation et d'équipement (1952-1956)
Dans un article paru dans la Revue au mois de juillet 1950, et intitulé « Que reste-t-il du Plan Monnet ? », l’auteur, après avoir rappelé les circonstances qui, en 1946, avaient commandé l’élaboration d’un plan national de modernisation et d’équipement et analysé les objectifs de ce plan ainsi que les méthodes suivies pour sa réalisation, avait souligné, en conclusion, qu’il était communément admis que ce plan demeurerait unique en son genre, et ne serait pas relayé à son terme par un nouveau plan pluriennal. Or, au mois de décembre 1951, le Gouvernement a pris l’engagement, conformément au vœu du Parlement, de préparer dans un délai de six mois un second plan de modernisation et d’équipement pour la période 1952-1956. Le présent article se propose de donner les raisons de ce revirement et d’esquisser les grandes lignes de ce prochain plan, qui ne sera mis au point et présenté que dans quelques mois.
À l’époque où le premier plan de Modernisation et d’Équipement (dit plan Monnet) fut établi, les principes généraux qui devaient présider au redressement économique français ne prêtaient guère à discussion : la situation de pénurie nationale et mondiale commandait un accroissement des disponibilités matérielles de base, qui seraient utilisables en toute hypothèse, et ce coûte que coûte, même au prix d’une situation de suremploi et d’une tension inflationniste. Présentement, la situation est ambiguë : une assez grande incertitude demeure quant à l’orientation que devra prendre la production — particulièrement dans les secteurs de transformation — pour s’adapter à la demande civile et militaire, tant que les composantes de ces demandes n’auront pas été définies dans des programmes stables et fermes. Surtout, s’il n’est pas exclu que l’accroissement des besoins nationaux consécutif au réarmement, conjugué avec la pénurie de devises, ne fasse réapparaître à brève échéance un certain nombre de goulots d’étranglement spécifiques, il est à craindre encore plus que l’économie française ne soit pas en état de supporter de lourdes charges.
Pour toutes ces raisons, le lancement d’un programme pluriennal d’investissement peut paraître imprudent. Et cependant, la nécessité d’une action d’envergure s’impose, à raison même des difficultés de l’heure : dans une économie sclérosée, les charges militaires provoquent tout à la fois une tension inflationniste et un processus cumulatif de récession. Seule l’expansion économique peut rompre ce cercle vicieux. Naturellement, ce résultat sera d’autant plus intéressant qu’il aura été obtenu avec la plus faible dépense de moyens. On est ainsi ramené à l’idée de plan.
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