Revue des revues
Déjà détériorées en raison de l’aggravation de la situation des droits de l’homme en Chine, de l’augmentation du lourd déficit commercial américain et du projet de système de défense antimissiles qui pourrait inclure Taiwan, elles vont encore s’envenimer en raison d’une nouvelle affaire d’espionnage technologique dans le domaine spatial. Cette affaire est présentée dans la Far Eastern Economic Review du 25 février 1999, sous le titre « Technical Problem. »
Tout le monde sait que, dans le domaine du lancement des satellites, c’est en Chine que le prix des mises sur orbite est le plus bas. Ces lancements sont surveillés de près par les services de sécurité des pays clients qui assistent aux mises sur orbite. Les satellites ne sont jamais montrés aux Chinois. Placés dans des « boîtes noires », un mécanisme mis en œuvre par un représentant de la compagnie les libère et les met en place au dernier moment. Les compagnies américaines Loral Space & Communications et Hughes Electronics ont ainsi procédé à sept lancements sans difficultés. En février 1996, la fusée qui transportait un satellite pour Hughes explosa au décollage. Les autorités chinoises invitèrent les deux compagnies à examiner ensemble les causes de cet échec. C’est cette coopération sur les problèmes du lanceur qui fut critiquée par des membres républicains du Congrès qui soupçonnaient que l’assistance des techniciens américains pût servir à améliorer les missiles chinois. C’est ainsi qu’en juin 1998 une commission parlementaire fut désignée et chargée d’étudier si la Chine s’était, pendant les vingt dernières années, illégalement procuré des technologies militaires américaines ou avait transféré des technologies à double usage vers son programme nucléaire militaire.
Les résultats de cette enquête sont contenus dans un texte confidentiel de 700 pages désigné sous le nom de Rapport Cox, du nom de son auteur. Il risque de menacer le cours des relations sino-américaines, à la fois dans le secteur de l’économie et dans celui de la sécurité. Pour ce qui a filtré de ce rapport, on sait qu’il contient 38 recommandations, dont celle de contrôles plus stricts sur les exportations de satellites de communication et les autres technologies liées à l’espace. Il préconise aussi de plus fortes amendes pour les compagnies qui violeraient les textes sur le contrôle des exportations et il réclame un durcissement des règles sur celles à destination de Hong Kong. Cela ne plaira ni aux compagnies américaines concernées, ni au gouvernement chinois qui trouvent que les restrictions en vigueur sont trop sévères. Robert Kapp, président du US-China Business Council, s’est déjà fait le porte-parole des compagnies américaines qui craignent des restrictions supplémentaires alors que le marché de l’industrie des satellites aux États-Unis est en plein essor. Alors qu’il a représenté 38 milliards de dollars en 1997, il pourrait atteindre 171 milliards en 2007. Or, les compagnies américaines comptent beaucoup sur la Chine pour de nombreux lancements. De plus, celle-ci a, en 1998, acheté aux États-Unis pour 168 millions de dollars en satellites et équipements de lancement, contre 4 millions cinq ans auparavant. Un renforcement des restrictions pourrait également affecter des produits à double usage, comme les ordinateurs à grande puissance et les hélicoptères.
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