Outre-mer - Tunisie : situation intérieure. Réformes. L'ONU et la Tunisie - Indochine : la situation militaire
Les attentats terroristes continuent à se succéder jour après jour avec une régularité presque bureaucratique. Dans différents endroits de la Régence, mais surtout à Tunis, cinq ou six engins explosifs sont déposés chaque jour au hasard : rebord de fenêtre, toit, pompe à essence, etc.) Parfois, une grenade est lancée dans un rassemblement paisible de badauds regardant un étalage ou une boutique de forain. Parfois, une récolte est incendiée. On sent une volonté arrêtée de maintenir un état de troubles et de tension qui empêche les autorités de prendre les mesures d’apaisement qui faciliteraient les négociations, et d’offrir un semblant de justifications aux intrigues qui se nouent contre la France dans les couloirs de l’ONU. Plusieurs bandes de terroristes ont été arrêtées, notamment celle responsable de l’attentat contre M. Zévaco, maire de Sousse. D’autres bandes, arrêtées précédemment, sont passées en jugement. Chaque fois les meneurs ont été convaincus d’appartenance au Néo-Destour.
Quelques bagarres, notamment celle du 15 juin, à Tunis ont eu lieu entre éléments musulmans et israélites. Un porte-parole du Gouvernement de Tel-Aviv a sévèrement condamné les nationalistes tunisiens « impuissants à s’élever au-dessus du niveau des luttes intestines » et qui « sont susceptibles de faire confondre le mouvement tunisien avec les autres mouvements racistes du Moyen-Orient ». Par ailleurs, le local de l’Union générale des travailleurs tunisiens (UGTT), situé dans le quartier européen de Bizerte, a été entièrement détruit par une explosion dans la nuit du 21 juin. Le local était fermé depuis le début des événements de Tunisie.
Enfin il convient de noter que le Bey [NDLR 2026 : Lamine Bey] a porté plainte, avec constitution de partie civile, contre une tentative d’empoisonnement découverte au palais beylical le 12 juin 1952. Sur dénonciation, un individu arrêté par l’entourage du Bey fut trouvé porteur de deux flacons contenant une poudre suspecte. Il aurait promis de fournir les preuves du complot si on le relâchait, et n’aurait plus reparu ensuite. Dans les milieux officiels français on déplore que la police n’ait pas été saisie plus tôt. À la suite d’un communiqué du bureau politique du Néo-Destour relatif aux détenus politiques, le Résident général Jean de Hauteclocque a précisé que deux mille inculpés étaient actuellement détenus à la prison civile de Tunis. Quant aux internés par mesure administrative dont le nombre était de 935 au début de juillet, mais n’est plus que de 745, leur élargissement prochain est prévu si le calme politique des derniers jours persiste. Néanmoins, cette mesure ne serait pas applicable à Habib Bourguiba.
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