Aéronautique - Les derniers succès techniques des avions français - Un aspect du rééquipement de la RAF en matériel aérien - Commentaire sur les commandes offshore en Europe
L’événement important et spectaculaire de la fin du mois de septembre 1952 pour l’industrie aéronautique française a été ce que la presse a appelé : « franchissement du mur du son » par le Dassault 452 Mystère II. Nous avons déjà indiqué que « franchissement du mur du son » est une expression impropre, mais qui est restée en faveur dans le langage aéronautique parce qu’elle est une image commode à l’intention du public non averti.
Le colonel Rozanoff, chef pilote d’essai de la Société Marcel Dassault, qui a mis au point les prototypes successifs du MD 450 Ouragan, puis du Mystère, avait, d’ailleurs, fait à ce sujet une intéressante déclaration après la destruction, à Farnborough, du De Havilland DH 110 piloté par John Derry. Le colonel Rozanoff a dit qu’il n’existe pas, à proprement parler, un mur sur lequel viennent buter et se briser les avions construits pour voler au voisinage de la vitesse du son mais qu’il existe des phénomènes transsoniques dont les manifestations intéressent les cellules et se traduisent par des réactions plus ou moins violentes sur les commandes et par des vibrations. Selon la forme même adoptée pour la cellule et selon la robustesse des différents éléments de sa structure, le passage dans les conditions de compressibilité pour l’air et de turbulence dans l’écoulement de celui-ci le long du revêtement se traduira par une gêne peu sensible dans le pilotage, ou bien par des vibrations et réactions irrégulières mais passagères, ou bien encore par des ruptures dangereuses ou certaines déformations rendant alors l’avion inapte à continuer son vol.
Si l’on sait donc maintenant à quoi s’en tenir, au point de vue aérodynamique, sur le comportement des avions en vitesse subsonique ou supersonique, des inconnues importantes subsistent pour le passage de l’un à l’autre état, passage qui peut être plus ou moins long, plus ou moins difficile. Dans les conditions actuelles, pour aboutir au vol supersonique, on ne peut pas éviter de passer par ce stade transitoire qui fait l’objet d’études poussées par les ingénieurs de l’aéronautique. En France, on n’avait pas encore réussi de façon décisive à voler, dans la « bande transsonique », avec des prototypes totalement français ou, du moins, si on l’avait fait, on ne s’en était pas absolument rendu compte, puisqu’on vient de découvrir, à l’occasion du franchissement de la vitesse du son par deux prototypes Mystère II, que celui sur lequel volaient couramment nos pilotes d’essai avait un machmètre (indicateur de la vitesse relative par rapport à la vitesse du son) donnant des indications légèrement en retard. Cette constatation n’a fait que confirmer l’excellente explication donnée par le colonel Rozanoff sur la nature et l’ampleur des phénomènes du vol transsonique.
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