Décembre 2018 - n° 815

Armement et économie de défense

« Si vous armez, j’armerai aussi. Vous pouvez peut-être tuer la France, mais l’intimider jamais ! »

Napoléon Bonaparte
136 pages

Éditorial - Jérôme Pellistrandi

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Revue Défense Nationale - Décembre 2018 - n° 815

Armement et économie de défense

Cet automne, la Belgique a annoncé un double choix qui a suscité de très nombreux commentaires, en particulier en France et pour de bonnes raisons. Bruxelles a sélectionné l’avion de combat américain F-35 pour remplacer ses F-16, une solution « Made in USA » et a rallié le programme des blindés français autour de Scorpion pour doter sa composante terre d’une nouvelle génération de matériels, soit une solution « Made in Europe ».

Ménager la chèvre et le chou tout en essayant de ne pas fâcher le grand allié à Washington. Telle est bien la problématique qui se pose aujourd’hui à l’Europe pour assurer sa défense. Et les propos tenus le 11 novembre ont encore rappelé la difficulté de l’exercice pour construire une autonomie stratégique européenne, appelée par certains « armée européenne ». Au-delà des effets de style, de nombreux aspects doivent être pris en compte, à commencer par la définition d’objectifs communs, ce qui n’est pas une mince affaire entre ceux qui voient la menace à l’Est, ceux qui la voient au Sud, sans oublier les impacts du Brexit en termes sécuritaires.

Il n’en demeure pas moins qu’il faut avancer et la dimension économique entre ici en ligne. En effet, l’autonomie souhaitée passe aussi par la capacité industrielle à réaliser celle-ci. La France, qui se veut leader en la matière, dispose d’un écosystème quasi complet, résultant des choix voulus par le général de Gaulle, il y a désormais soixante ans. Or, aujourd’hui, la dimension nationale ne suffit plus et il faut désormais raisonner à l’échelle européenne. C’est la thématique de ce mois autour des travaux de la 54e session « Armement et économie de défense » de l’IHEDN. Ce dossier illustre ainsi les enjeux qui se posent à la France et à nos partenaires européens, en ayant le souci à la fois de valoriser l’innovation mais aussi de consolider l’existant.

À cet égard, le naufrage récent d’une frégate norvégienne lors de manoeuvres de l’Otan souligne à la fois que malgré toutes les technologies, les désastres existent toujours et que très souvent c’est la défaillance humaine qui entraîne ce genre de catastrophe. Cela signifie qu’il faut toujours préparer nos soldats, aviateurs et matelots, à affronter le pire et à ne pas se reposer sur des solutions techniques toutes faites. La résilience et la rusticité doivent rester des fondamentaux de l’exercice du métier militaire. C’est une des leçons que l’on peut également tirer des autres articles proposés ce moisci sur l’importance de la valorisation des savoir-faire des hommes et des femmes de la Défense ; ce qui impose une vraie reconnaissance des compétences et la gestion dans la durée des expériences acquises individuellement et collectivement. Ce temps long semble en contradiction avec les effets de mode actuels où l’obsolescence est rapidement de mise. Or, dans le domaine de la défense, il importe de se situer dans ce temps long qui seul permet une mise en perspective et d’éviter ainsi les erreurs ou l’incompréhension face à la complexité de l’environnement géopolitique. C’est bien pour cela que le devoir de Mémoire, mis en lumière par le Centenaire de la Grande Guerre, reste indispensable pour mieux appréhender notre avenir et ainsi garantir à notre pays sa sécurité. ♦

Jérôme Pellistrandi

Revue Défense Nationale - Décembre 2018 - n° 815

Armement et économie de défense

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Tribune

19 février 2026

Ukraine/Russie : L’heure des bilans (T 1803)

Hugues Pernet

Ukraine/Russie : un bilan amer après quatre ans de guerre. L’Ukraine, héroïque mais exsangue, perd 20 % de son territoire et risque une crise politique post-conflit. L’UE, divisée et inefficace, se contente de réagir, laissant Trump dicter les termes d’une paix injuste. La France, malgré sa LPM, peine à s’imposer face à l’Allemagne et aux États-Unis, qui sortent gagnants en affaiblissant l’Europe. La Russie, bien que meurtrie, conserve une emprise sur l’Ukraine et renforce ses liens avec la Chine.

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Article gratuit jusqu'au 19 mars 2026

Florilège historique

« Problèmes actuels de l’approvisionnement en énergie - La révolution d’octobre 1973 et ses conséquences » (février 1974) par Pierre Desprairies

À la suite de la guerre du Kippour déclenchée le 6 octobre 1973, les pays arabes membres de l’Organisation des pays exportateurs de pétrole (OPEP) décidèrent d’augmenter massivement le prix du pétrole, en réaction au soutien américain à Israël. En l’espace d’un semestre, les prix sont multipliés par 4, entraînant de fait une crise économique dans les pays occidentaux, obligeant ceux-ci à revoir complètement leur politique énergétique. Pour la France, c’est le début de la fin des Trente glorieuses, avec une hausse du chômage. C’est à cette occasion qu’est lancé le plan massif de construction de centrales nucléaires par EDF.  Lire la suite

e-Recensions

Philippe Étienne : Le sherpa - Mémoires d’un diplomate aux avant-postes de l’histoire  ; Tallandier, 2026, 396 pages

Remarquez le cheminement de cet ancien élève de l’École normale supérieure (ENS) de la rue d’Ulm, titulaire d’une licence en mathématiques, qui a choisi la voie de la diplomatie après ses études. Sorti de l’École nationale d’administration (ENA) en 1980, celle de la prestigieuse promotion Voltaire (François Hollande, Ségolène Royal, Dominique de Villepin et bien d’autres célébrités). Son stage à l’ambassade de Hongrie l’a inspiré à poursuivre sa carrière. Il a occupé des postes de premier plan au Département à Paris et à l’étranger, notamment à Bruxelles, où il a séjourné deux fois en tant que Représentant permanent adjoint, puis permanent auprès de l’Union européenne (UE), l’un des sommets de la diplomatie. Il a terminé sa carrière en 2023 à Washington en tant qu’ambassadeur après avoir dirigé l’unité diplomatique de l’Élysée, forte d’une douzaine de diplomates. Ce qui nous vaut sur de longues pages une description fouillée du travail des cabinets ministériels, du Quai d’Orsay et de Matignon. Notons que, à aucun moment, il ne mentionne des tensions entre la cellule diplomatique et l’État-major particulier (EMP) du président de la République. Il est vrai que, durant sa présence à l’Élysée, la guerre en Ukraine n’avait pas éclaté. Lire la suite

Eugène Berg

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