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e-Recensions

Prisonniers de la géographie - Dix cartes pour être incollable en géopolitique

Marshall Tim, "Prisonniers de la géographie - Dix cartes pour être incollable en géopolitique " Marabout, 2025, 380 pages
<em>Prisonniers de la géographie - Dix cartes pour être incollable en géopolitique</em>

Dix ans après sa parution, le journaliste et auteur britannique qui a travaillé vingt-cinq ans pour Sky News, a remis à jour son ouvrage, qui est considéré comme un best-seller international. Il est vrai que durant cette dernière décennie, une série d’événements marquants se sont déroulés et catapultés. La pandémie de Covid-19 a exacerbé la méfiance envers la Chine, ce qui s’est traduit par un mouvement de démondialisation des chaînes de valeur. Cela s’est matérialisé par une hausse des investissements en Inde, au Viêt Nam et au Mexique.

La guerre en Ukraine a montré aux yeux de l’auteur une constante de la géographie. En l’absence d’un massif montagneux à l’Ouest, la Russie s’est sentie menacée et au fil des années, sentant que l’Otan se rapprochait de ses portes sa posture est devenue offensive. Bien que ce phénomène géographique ait influencé l’histoire russe, est-il suffisant pour justifier l’irruption soudaine d’un conflit armé intense sur le continent européen, comme cela n’avait pas été observé depuis 1945 ? Car on sait bien que d’autres facteurs idéologiques, politiques, culturels, psychologiques et historiques ont joué dans le déclenchement de ce conflit entre nations slaves qui partagent la même foi orthodoxe. En concluant le chapitre consacré à la Russie, Tim Marshall estime, que celle-ci a les yeux plus gros que le ventre (une façon différente de reprendre la thèse de Georges Sokoloff sur la « puissance pauvre »). Si Poutine tombe, des hommes forts émergeront-ils localement pour convoiter les richesses dans le Caucase, la Sibérie et l’Extrême-Orient de la Russie ? Si la Fédération se disloquait, le Japon serait encouragé à reprendre ses quatre îles des Kouriles, et la Chine pourrait raviver ses revendications sur ses provinces perdues de 1,5 million de km2. C’est bien pour cette raison, en dehors de la crainte de l’escalade nucléaire, que les Occidentaux n’ont pas désiré affronter réellement la Russie.

S’agissant de la Chine, dont il décrit longuement toutes les mutations, l’auteur soupèse au trébuchet toutes les options sur la table concernant Taïwan que Xi Jinping veut reprendre à tout prix. Littéralement ? Envisage-t-il de gaieté de cœur la perte de dizaines de milliers d’hommes et l’éventualité d’une défaite qui signifierait à ses yeux la fin du régime. Or, une telle issue n’est pas la seule possible : Nasser a démissionné en juin 1967 après la défaite cuisante de l’Égypte face à Israël, mais le peuple a réclamé son retour au pouvoir. Comment jauger l’état d’esprit des Taïwanais : sont-ils déterminés à se battre jusqu’au dernier, comme l’on fait les Japonais sur l’île d’Iwo Jima ?

Puisque la doctrine Monroe assortie du corollaire Donroe est revenue à la mode, les pages consacrées à l’achat de la Louisiane (pour 7 $ le kilomètre carré, 150 $ actuels), la présidence Theodore Roosevelt, la théorie de l’amiral Mahan sur la Sea Power sont d’un utile secours. Il y a un siècle, Otto von Bismarck avait fait cette déclaration à double tranchant : « Dieu prend tout particulièrement soin des ivrognes, des enfants et des États-Unis d’Amérique ». C’est toujours vrai aujourd’hui.

Les faiblesses de l’Europe sont décrites tous les jours dans nos quotidiens. Alors, que dire de plus ? Cette citation du dernier chancelier allemand à avoir vécu la Seconde Guerre mondiale, Helmut Kohl, tirée d’un article qu’il a écrit en 2012 pour le quotidien Bild, résume bien le changement d’époque (Zeitenwende) que nous vivons actuellement : « Pour tous ceux qui n’ont pas connu personnellement cette époque et qui se demandent aujourd’hui, dans le contexte de la crise, quels sont les bénéfices de l’unité européenne, la réponse est, malgré cette ère sans précédent de paix que nous vivons depuis soixante-cinq ans, malgré les problèmes et les difficultés qu’il nous faut encore résoudre : la paix. »

Par ailleurs, Tim Marshall aborde les conséquences du changement climatique, notamment sur les mouvements de population et les conflits internes, qui ont été amplifiés. Il consacre de longs développements sur la bataille portant sur les métaux critiques ou stratégiques et les terres rares, un des grands défis mondiaux apparus au cours de la dernière décennie. Cela est visible d’abord dans le triangle du lithium situé sur les hautes terres des Andes en Argentine, en Bolivie et au Chili, ou dans la ceinture de cuivre (Copperbelt) en République démocratique du Congo (RDC), en Zambie – une des régions les plus convoitées du monde où la Chine a mis en place le corridor de Lobito en Angola afin d’exporter le précieux minerai. Un an après l’échec des premiers pourparlers, l’anglo-australien Rio Tinto et l’anglo-suisse Glencore ont relancé début 2026 les discussions autour d’une fusion potentielle, réanimant un projet qui pourrait créer le plus grand groupe minier au monde et peser sur les marchés des matières premières, notamment le cuivre – métal stratégique pour la transition énergétique.

Un des chapitres les plus novateurs de l’ouvrage porte sur l’Arctique qui, du fait de la fonte accélérée de la banquise arctique, est devenue depuis 2022 une nouvelle zone de conflits en puissance. Si le terme de guerre froide polaire paraît imagé, il n’en recouvre pas moins des réalités incontournables. Du fait de son immense territoire arctique (un quart de sa superficie), de la longueur de ses côtes le long de l’océan Glacial, de sa population vivant dans le Grand Nord (la moitié de la population arctique totale), la Russie est LA puissance de l’Arctique au point que certains nationalistes appellent à dénommer l’océan Arctique en océan Russe. Moscou, qui a institué un commandement arctique fort de 600 hommes dans la péninsule de Kola, a conduit divers manœuvres avec la Chine en milieu extrême, et s’est équipée en 2020 d’un système de radars à résonance numérique. Huit de ses onze Sous-marins nucléaires lanceurs d’engins (SNLE) sont basés à Severomorsk, à une vingtaine de kilomètres au nord-ouest de Mourmansk, unique port de l’Arctique russe, ne gelant pas l’hiver en raison du Gulf Stream qui caresse ses côtes. L’armée russe s’est dotée de brigades motorisées adaptées aux conditions climatiques et dispose d’une petite flotte de brise-glace de combat capable de franchir des glaces de 1,5 mètre d’épaisseur, portant des canons de 76 mm. Une vision largement corroborée par le fait que l’Arctique est le théâtre d’une nouvelle guerre froide qui devient chaque jour plus brûlante, et pas seulement sur le plan climatique. Le nouvel ouvrage (non traduit) du reporter de guerre américain Kenneth R. Rosen, paru aux États-Unis ce 6 janvier, qui envisage une guerre entre la Finlande et la Russie, en témoigne (1).

La géographie a toujours été une prison dont les chefs d’État ont cherché à s’évader, mais ces tentatives n’ont pas été couronnées de succès, conclut simplement l’auteur. Même si la contrainte physique n’explique pas à elle seule, loin de là, le déroulement de l’histoire, sa part reste importante si on y adjoint les phénomènes climatiques qui, après tout, impactent nos territoires et sont influencés par eux.


(1) Polar War: Submarines, Spies, and the Struggle for Power in a Melting Arctic, Simon and Schuster, 2026, 320 pages.

Eugène BergDate de publication : 05 février 2026    

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