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  • Revue n° 351 Janvier 1976
  • Défense en France - Coup d'arrêt à l'agitation révolutionnaire et aux comités de soldats - Quel avion de combat pour l'Armée de l'air en 1985 ? - Doctorat du IIIe Cycle diplôme d'études approfondies : histoire militaire et études de défense nationale à l'Université Paul Valéry (Montpellier III) et à l'Institut d'études politiques (IEP Aix-Marseille III) 

Défense en France - Coup d'arrêt à l'agitation révolutionnaire et aux comités de soldats - Quel avion de combat pour l'Armée de l'air en 1985 ? - Doctorat du IIIe Cycle diplôme d'études approfondies : histoire militaire et études de défense nationale à l'Université Paul Valéry (Montpellier III) et à l'Institut d'études politiques (IEP Aix-Marseille III) 

Gérard Vaillant, « Défense en France - Coup d'arrêt à l'agitation révolutionnaire et aux comités de soldats - Quel avion de combat pour l'Armée de l'air en 1985 ? - Doctorat du IIIe Cycle diplôme d'études approfondies : histoire militaire et études de défense nationale à l'Université Paul Valéry (Montpellier III) et à l'Institut d'études politiques (IEP Aix-Marseille III)   » Revue n° 351 Janvier 1976 - p. 125-132

Coup d’arrêt à l’agitation révolutionnaire et aux comités de soldats

Devant les récents incidents qui se sont produits en novembre à Besançon, Chaumont et Cazaux, où des soldats du 19e Régiment du génie, du 403e Régiment d’artillerie et de la Base aérienne 120 ont déclaré former une section syndicale, de même que la distribution de tracts à des permissionnaires à la gare de l’Est pour soutenir la formation de comités de soldats et les inciter à mener une action de masse, il fallait impérativement et rapidement porter un coup d’arrêt énergique à l’agitation révolutionnaire visant, de l’avis même de ses organisateurs, à démolir notre appareil de défense. C’est pourquoi le président de la République lui-même, au cours d’un conseil interministériel réuni pour examiner cette affaire très grave, a donné le feu vert tant au Premier ministre qu’au ministre de la Défense pour l’ouverture d’une information par la Cour de sûreté de l’État, afin de poursuivre les responsables de cette tentative de subversion caractérisée.

Certains organes de presse ou de radiodiffusion n’ont d’abord vu dans cette affaire qu’une « tempête dans un verre d’eau », d’autres ont taxé le gouvernement de « manque d’imagination, d’audace ou tout simplement de générosité » (Le Monde du 29 novembre 1975 dans son éditorial « La grande crainte du conscrit en Europe »). Qu’on en juge par les quelques échantillons suivants prélevés dans la littérature révolutionnaire s’adressant aux soldats :

– Journal Libération (21 janvier 1975) rendant compte des assises du Comité antimilitariste
« Le but final du comité antimilitariste est clair aux yeux de tous : détruire l’armée bourgeoise ».

– Journal Crosse en l’air (janvier-février 1975), mensuel du Comité de défense des appelés :
« Ce que nous voulons, à terme, c’est la destruction de l’armée ».

– Journal Lutte ouvrière (15 mars 1975) :
« L’armée des bourgeois ne peut pas être réformée. Il faut la détruire ».

– Journal des Comités de soldats de Tübingen (septembre 1975) :
« Apprenez à vous servir de vos armes, réclamez une véritable formation militaire, car un jour peut-être vos armes vous serviront : vous pourrez les retourner contre les officiers, contre vos patrons et la société qu’ils protègent ».

– Tract distribué à la Base aérienne 120 de Cazaux (novembre 1975) :
« Nos fusils, quand l’heure sonnera, sachons les retourner contre ceux qui nous bernent, nous oppressent et nous humilient ».

– Article de Jacques Riffault, membre de l’organisation communiste « Révolution », publié par Le Monde (9-10 novembre 1975) :
« Exiger l’exercice des droits démocratiques pour les soldats ne peut avoir qu’un sens : affaiblir, dès aujourd’hui l’armée comme instrument de répression contre les travailleurs et préparer son démantèlement pour le renversement du capitalisme. Nous sommes loin des perspectives de « démocratisation » de l’armée, qui laissent intacts son fonctionnement, ses structures, sa hiérarchie ».

Voilà qui est clair et l’on voit nettement de quel côté se situe le « manque de générosité ». On ne peut donc que regretter l’initiative de la Fédération de Paris d’un grand parti distribuant, le 23 novembre, aux permissionnaires arrivant à la gare de l’Est un tract affirmant sa solidarité avec les révoltés de Besançon et de Cazaux et incitant les militaires à réclamer la reconnaissance de « Comités de soldats » et à entreprendre des actions de style révolutionnaire : « Il s’agit maintenant de ne plus se contenter de révoltes ici ou là, mais d’organiser les soldats dans les casernes. Le mouvement des appelés s’est prononcé pour le développement des Comités de soldats agissant sur une base de masse ». Il est évident qu’un tel langage n’est pas de nature à rallier les sympathies des cadres, même si ce même tract affirme qu’il convient de cesser « le combat stérile » mené contre eux.

Il n’est nullement question de faire l’amalgame entre d’une part les éléments marginaux et maladroits de ce parti qui, en matière de défense, se réclame de la pensée de Jaurès, et d’autre part les groupuscules révolutionnaires tels que la Ligue communiste révolutionnaire (LCR), Révolution, l’Alliance marxiste révolutionnaire, qui ne cachent pas leur dessein d’abattre l’État républicain. Mais il est regrettable que le langage des premiers rejoigne l’action des seconds. Il est encore plus regrettable de voir des sections d’une grande centrale syndicale prêter leur imprimerie à la diffusion de tracts appelant à la révolte armée et organiser dans leurs locaux des mascarades de soldats revêtus de cagoules avec en fond de tableau le sigle de ladite centrale. Ne pas réagir avec vigueur contre cette entreprise eut été une faute impardonnable de la part de ceux qui ont précisément pour mission de défendre notre pays et ses institutions.

Mais il y a plus : les enquêtes menées par le ministre de la Défense sur l’origine de certaines de ces actions ont révélé la collusion des organisations civiles manipulant les Comités de soldats avec des représentants portugais du mouvement SUV « Soldats unis vraincront ». Une réunion à laquelle ceux-ci participaient a eu lieu à Toulouse le 23 novembre et elle y fut présentée en ces termes :

« Cette lutte des soldats portugais constitue un encouragement et un enrichissement à la lutte que mènent les Comités de soldats de plus en plus nombreux dans les casernes de France et d’Allemagne. Leur combat est le même et la solidarité est totale entre les deux mouvements. C’est pourquoi le Comité de défense des appelés, la LCR, l’Organisation communiste révolution, ont décidé de donner la parole à une délégation officielle de « SUV ».

Nous voilà avertis : l’objectif n’est pas d’améliorer le service et la condition militaire, le but est de « portugaliser » nos forces armées.

À ceux qui ont reproché au Gouvernement d’avoir pris, avec la Cour de sûreté de l’État, une juridiction d’exception, il faut rappeler que devant les tentatives de subversion et de complot dirigées contre l’État, elle est la juridiction appropriée, permettant de mener de front enquête et information dans les meilleurs délais et sans se perdre dans le marais des procédures où certains auraient voulu enliser l’affaire. Par ailleurs, les tribunaux des forces armées n’étaient pas compétents du moment que les faits incriminés se situaient pour partie hors des enceintes militaires et concernaient certaines personnes étrangères à l’armée.

Si impératif et urgent soit-il de briser là toute agitation révolutionnaire, est-ce à dire qu’il faut s’en tenir à des mesures de caractère répressif ? Certes non et les responsables de la Défense sont bien décidés à ne pas se cantonner dans une attitude immobiliste. S’il ne saurait être question en aucun cas de former des comités de soldats ni quelque organisation collective que ce soit qui viserait à faire pression sur le commandement et à lui imposer ses décisions par action de masse, la représentation de soldats dans des instances fonctionnelles appropriées n’est pas exclue. Non seulement la possibilité en est offerte par l’article 17 du nouveau règlement de discipline générale (1) mais elle est utilisée dans de nombreux corps où elle permet aux appelés de participer à des décisions concernant leur vie courante au sein de commissions ad hoc (foyer, ordinaire, loisirs, etc.). Rien n’interdit de rechercher encore un progrès dans le sens d’une association reposant sur un procédé plus large et plus démocratique que la « désignation ». Une évolution vers un système d’hommes de confiance et la mise en place d’un recours contre les abus de pouvoir, comme dans la Bundeswehr, n’est probablement pas exclue mais elle ne saurait déboucher sur la création de structures qui se poseraient en antagonistes du commandement et permettraient sa paralysie.

L’amélioration des conditions d’accomplissement du service militaire a fait de grands progrès cette année : solde spéciale mensuelle portée à 210 francs et octroi d’un voyage gratuit par mois. Mais ces mesures, tout en représentant un sacrifice financier important, restent encore inférieures à celles accordées aux soldats ouest-allemands par exemple qui perçoivent, outre une solde mensuelle de 300 F, une prime de Noël de 365 F, une prime de libération de 1 650 F pour un soldat marié (1 530 F pour un célibataire) et un prêt de 12 F par jour pendant les permissions. D’autre part, ces mesures ont été prises tardivement et elles ont paru être arrachées par les manifestations de Draguignan et de Karlsruhe. Il serait très regrettable que les progrès qui restent nécessaires paraissent à nouveau résulter de manifestations d’indiscipline et d’actions illégales.

Sans attendre l’échéance de 1982 au terme de laquelle, selon la promesse faite par le président de la République, la part du budget de la défense atteindra 20 % du budget de la nation, il est indispensable et urgent d’accorder les crédits nécessaires à l’amélioration des conditions d’exécution du service militaire. Un effort rapide devrait porter non pas tellement sur le relèvement de la solde mensuelle des appelés que sur le fonctionnement des unités, les moyens et le rythme d’instruction de celles-ci, ainsi que sur la modernisation des casernements trop longtemps négligée faute de crédits. Il faut instaurer un nouveau style de vie et de commandement qui tienne compte des réalités de la vie moderne et de l’émancipation des jeunes gens devenant citoyens à part entière à 18 ans sans avoir été, pour la plupart d’entre eux, instruits de leurs responsabilités civiques et des nécessités de la défense. Tout cela – sauf la rénovation de l’infrastructure dont le prix est exorbitant : 2 000 MMF – est réalisable rapidement et n’implique en rien un relâchement de la discipline, mais bien au contraire son raffermissement dans la dignité.

Ceux sur qui doit peser dans toute sa rigueur la sanction de la justice, ce ne sont pas les jeunes gens exaltés mais généreux qui ont été fourvoyés dans une action illégale par désir sincère de donner un nouveau visage à leur armée ; ceux qu’elle doit frapper, ce sont les responsables qui les manipulent à leurs fins partisanes, ceux dont le rêve est d’abattre l’armée de la République et qui savoureraient leur revanche s’ils parvenaient à acculer notre pays à la guerre civile.

8 décembre 1975

Quel avion de combat pour l’Armée de l’air de 1985 ?

Lorsque paraîtra cette chronique, le choix aura sans doute été fait en Conseil de défense d’un avion de combat destiné à prendre la relève en 1985 de certains de nos appareils actuels, essentiellement les Mirage III qui seront alors à bout de souffle et dont les performances sont déjà insuffisantes eu égard aux conditions du combat aérien auquel participeraient des appareils aussi performants que les Grumman F-14 Tomcat et McDonnell Douglas F-15 Eagle américains ou les MiG-23 Flogger et MiG-25 Foxbat soviétiques. Compte tenu d’un délai de dix ans en moyenne entre la décision de lancement d’un projet et la réalisation industrielle en série, ce choix ne peut plus être différé. Sans préjuger de ce que sera ce choix, bornons-nous ici à en examiner les facteurs essentiels.

Comment se présente actuellement notre parc d’avions de combat ? Mis à part les Mirage IV de la composante aérienne de notre force nucléaire stratégique [NDLR 2025 : les Forces aériennes stratégiques ou FAS], qui ne seront pas remplacés et qui finiront peut-être leur carrière en assumant des missions tactiques plus modestes, mis à part également les avions-écoles Fouga Magister dont la relève par des Alphajet commencera en 1978, notre flotte aérienne de combat est constituée en gros par trois générations d’avions. Ceux de la première, les vieux North American F-100 Super Sabre, SO-4050 Vautour et Super Mystère B2 (SMB 2) – environ une centaine au total (2) – seront hors d’usage au plus tard en 1977. Vient ensuite la famille des Mirage III avec ses multiples versions : C (interception), E (interception avec également capacité de pénétration) et R (reconnaissance), au total environ 200 appareils en service dans nos escadres. Ces avions ont été excellents, et leur succès à l’exportation en a largement témoigné, mais leurs performances sont dépassées et leur potentiel sera épuisé à partir de 1985.

En prévision de l’avenir, on avait jadis pensé à un appareil polyvalent à géométrie variable, le Mirage G dont Marcel Dassault construisit deux prototypes et dont les essais commencèrent en novembre 1967. Le projet a été abandonné en raison du poids de l’appareil, donc de son prix – les deux facteurs sont étroitement liés – et aussi de ses aléas techniques. Néanmoins, l’expérience acquise à cette occasion par nos ingénieurs aura été précieuse.

Faute d’un avion de combat polyvalent, ce sont deux familles d’appareils qui commencèrent à équiper nos escadres : à partir de 1973 le Sepecat Jaguar, produit en coopération franco-britannique, équipé de deux réacteurs Adour et voué à la pénétration ; à partir de 1974 apparut le F19K50, un intercepteur ainsi nommé en raison de son réacteur Snecma 9K50 auquel succéda l’an dernier le F1M53 que l’Armée de l’air aurait commandé en nombre s’il l’avait emporté dans la compétition européenne dont le General Dynamics F-16 Fighting Falcon américain sortit vainqueur.

Si l’on admet avec le général Grigaut, chef d’état-major de l’Armée de l’air, que notre flotte de combat, pour rester significative, ne devrait pas comprendre moins de 550 avions, et si l’on tient compte des quelque 350 Jaguar et F1 qui seront livrés au total et dont la carrière durera une vingtaine d’années, il nous faudra, à partir de 1985, recevoir progressivement 200 avions de combat nouveaux.

Que doivent être ces appareils ? Il nous faut ici dire un mot des missions qu’ils auront à accomplir. Sommairement on peut en distinguer deux : l’interception et la pénétration.

L’interception implique une capacité de monter rapidement à haute altitude (20 000 m) (3), d’identifier l’adversaire et de le tirer avec un missile du plus loin possible. Ceci nécessite la possession d’un radar à antenne de grande dimension, d’un diamètre au moins égal à un mètre, logé à l’avant de l’appareil, ce qui accroît son maître couple et contraint à faire appel à deux réacteurs pour avoir un rapport poussée-poids satisfaisant. À défaut de cette capacité de voir et de tirer de très loin, il faut pouvoir se mesurer en combat aérien avec l’adversaire. Il s’agit alors d’un appareil quelque peu différent du précédent ; il peut être monomoteur mais il doit avoir une voilure suffisante pour lui offrir une sustentation satisfaisante dans les virages et lui permettre, selon l’expression des aviateurs, de « s’enrouler » en combat aérien. C’est ce qu’on appelle l’avion de supériorité aérienne : le F-16 américain, choisi par plusieurs pays européens pour remplacer leurs F-104, en est le type même.

La pénétration est une mission d’assaut exécutée à basse altitude et dirigée contre l’infrastructure ennemie ou contre ses radars et ses défenses antiaériennes. Elle implique que l’appareil possède une capacité d’emport pour emmener le carburant nécessaire à une mission à long rayon d’action (de l’ordre de 800 km) avec un taux de consommation important, un armement lourd, nucléaire ou conventionnel (bombes ou missiles Martel lancés de loin et dont le guidage est assuré jusqu’à l’objectif), une électronique très développée (pour guider les missiles, assurer la navigation par tous temps en « suivi de terrain » et brouiller les radars ennemis). Le Jaguar répond à ces impératifs mais n’est pas encore « tous temps ».

L’idéal est évidemment de disposer d’un avion biréacteur capable de réaliser aussi bien la pénétration que l’interception et la supériorité aérienne. C’est ce projet qu’on désigne sous le nom d’« Avion de combat futur », ACF, dont l’étude a été entreprise au temps où M. Galley était ministre des Armées et qui a toujours été défendu par le général Grigaut (cf. ses articles parus dans nos numéros d’octobre 1974 et août-septembre 1975). L’étude de programme menée par la Direction technique des constructions aéronautiques (DTCA) et le constructeur Marcel Dassault a révélé la faisabilité d’un tel avion équipé de deux moteurs M53 et pesant une vingtaine de tonnes.

Cet avion polyvalent fait l’unanimité chez les militaires comme chez les ingénieurs civils, et notre industrie est sans aucun doute capable de le produire. Elle est même la seule en Europe, hormis celles des deux Grands, à pouvoir le faire. Il est certain par ailleurs qu’en 1982 elle aura rattrapé le retard qu’elle peut avoir en matière de construction d’un radar de type Pulse Doppler permettant l’accomplissement optimum de l’interception. Tout irait donc pour le mieux s’il n’y avait, hélas, une lourde facture à payer. Les estimations du coût total du programme de fabrication oscilleraient en effet entre 16 et 20 MMF (milliards de nouveaux francs), correspondant à un prix unitaire (pour une série de 100 avions) de l’ordre de 80 MF. À titre de comparaison, le Mirage III valait 15 MF et le F1 serait actuellement à 40 MF. C’est dire que, dans les limites budgétaires prévisibles, et même dans le cadre de l’hypothèse admise par le président de la République d’une progression du budget de la défense jusqu’à atteindre 20 % du budget total de la nation en 1982, et même en forçant sur le titre V de l’Armée de l’air par rapport à ceux des autres armées, l’ACF ne « passe » pas ou très difficilement. La rigidité budgétaire qui résulterait du choix de cet avion serait très grande. Si les ressources obtenues ne répondaient pas aux espoirs, les difficultés seraient considérables pour maintenir le potentiel d’avions de combat de l’armée de l’air.

À défaut de l’ACF, quelle autre solution ? La société Dassault, qui n’est jamais prise au dépourvu, y a déjà pensé et a dans ses cartons le projet d’un monomoteur équipé du réacteur M53 mais différent du F1M53. Cet avion réaliserait un compromis entre l’interception et la supériorité aérienne. Il bénéficierait des perfectionnements technologiques déjà maîtrisés ou en voie de l’être (commandes électriques, matériaux en fibres composites au bore et au titane, etc.). Quant à la pénétration, elle serait assurée par un Super Jaguar tous temps.

Si cette solution, faisant appel à des appareils différents, prévaut, et sous réserve de la poursuite de son étude par la DTCA un prototype pourrait être construit dans un délai de deux ans et les premiers appareils de série, livrés en 1980-1982, seraient d’un prix très inférieur à celui de l’ACF.

Beaucoup regretteront sans doute, si cette solution l’emporte, que soit abandonnée la possibilité d’une interception menée au plus loin de notre territoire, mais dans notre situation géographique et dans l’état actuel de la conjoncture, cette mission est-elle la plus probable ?

Cette formule, en revanche, permettrait à notre Armée de l’air de commander un plus grand nombre d’appareils qu’elle ne pourrait le faire avec l’ACF. Quant à l’exportation possible, il est difficile de faire des pronostics. Tout au plus peut-on avancer que le marché du nouvel appareil apparaîtrait a priori plus abordable pour certains clients et peut-être plus engageant du fait que les commandes de notre propre armée seraient plus substantielles. Nous aurions ainsi une chance de prendre une revanche après le match malheureux contre le F-16.

Doctorat du IIIe cycle et Diplôme d’études approfondies : Histoire militaire et études de défense nationale à l’Université Paul Valéry (Montpellier III) et à l’Institut d’études politiques (Aix-Marseille III)

Conformément aux dispositions du décret ministériel du 16 avril 1974 et par arrêté du secrétaire d’État aux Universités en date du 28 août 1975, l’Université Paul Valéry (Montpellier III) et l’Université d’Aix-Marseille III, au titre de l’Institut d’études politiques (IEP) d’Aix-en-Provence, sont habilitées à délivrer conjointement un doctorat de 3e cycle et, en année préparatoire, un Diplôme d’études approfondies (DEA) : Histoire militaire et études de défense nationale.

Cette formation s’inscrit dans un projet national de coordination des études de défense, dont elle constitue, avec celle assurée par le Centre des études de défense de l’Université de Paris I, les premiers fondements (4). À ce titre, l’organisation proposée répond à la double nécessité d’une implantation de la formation et d’un fonctionnement souple et diversifié de l’institution afin de permettre une participation ouverte des maîtres spécialisés autant que des candidats.

Programme général

Composition, missions, mise en œuvre et intervention des institutions de défense et plus particulièrement de leur élément fondamental, les forces armées, symbole et garant d’indépendance.

Directions de recherche du 3e cycle (Thèse)

– Région et nation.
– La France et son armée.
– Armées et nations.

Organisation générale des études

La première année est consacrée à la préparation d’un DEA. Elle est sanctionnée par un examen qui conditionne l’entrée en deuxième année.

À titre exceptionnel, peuvent être admis à s’inscrire directement en deuxième année les candidats dont les titres et travaux attestent des connaissances et une initiation aux techniques de recherche équivalentes à celles sanctionnées par le DEA.

D’une manière générale, chaque candidat arrête son profil de formation en accord avec son directeur de recherche et en fonction à la fois de sa formation antérieure et de son sujet de recherche. Il est prévu pour les candidats salariés ou éloignés un système :

– de séminaires groupés et de transmission de dossiers par correspondance,
– d’équivalences, par accord entre universités en matière de séminaires de recherche.

Les deuxième et troisième années sont consacrées à la préparation d’un mémoire.

Responsables

– Responsable de la formation : Professeur André Martel, Université Paul Valéry, Montpellier.

– Responsables des enseignements : Professeur André Martel, Université Paul Valéry, Montpellier et Professeur Jean-Claude Vénézia, IEP.

Comité de la formation : MM. les professeurs André Corvisier, Université de Rouen ; Pierre Guiral, Université de Provence ; Jean Meyer, Centre universitaire de Perpignan ; Guy Pedroncini, Centre universitaire du Mans : Jean Vidalenc, Université de Rouen : et MM. Gérard Bouladou, Pierre Caries et Jean Baumel, tous trois Docteurs ès Lettres et appartenant au Centre d’histoire militaire de Montpellier.

Correspondants : la formation souhaite la collaboration du plus grand nombre possible de directeurs de recherche et demande à ceux d’entre eux qui accepteraient de se joindre à elle d’en informer le responsable.

Conditions d’inscription

Sont admis les candidats titulaires de titres universitaires français et étrangers requis pour l’inscription en troisième cycle ou admis en équivalence et représentant quatre années d’études supérieures : maîtrise ès lettres (histoire, géographie, civilisation étrangère), licence en droit ou sciences économiques.

Les titulaires, français ou étrangers, de diplômes de même niveau sont admis à s’inscrire par décision du Président d’établissement après avis des responsables à la formation et des enseignants.

Les titulaires d’un Diplôme d’IEP sont admis à s’inscrire après examen probatoire sanctionnant une quatrième année d’études consacrées à des disciplines fixées par les responsables de la formation en fonction de leur formation préalable.

Les candidats s’inscrivent à l’Université Paul Valéry, Montpellier III, B.P. 5043. 3402 Montpellier Cedex, ou à l’Université Aix-Marseille III, IEP, 25, rue Gaston-de-Saporta, 13625 Aix-en-Provence.

Pour tous renseignements : Centre d’histoire militaire et d’études de défense nationale, Université Paul Valéry, B.P. 5043, 34032 Montpellier Cedex.


(1) L’article 17 relatif à la participation à la vie de la collectivité est ainsi rédigé : « La participation des militaires aux mesures intéressant les divers aspects de la vie de la collectivité, en dehors des questions propres à l’accomplissement du service, est assurée par la désignation de militaires de divers grades au sein de commissions constituées conformément aux dispositions des règlements de service intérieur de chacune des armées et de la gendarmerie, et aux instructions d’application ».
(2) Les chiffres cités dans cette chronique sont des ordres de grandeur.
(3) Le F19K50 « grimpe » à 40 000 pieds en 9 minutes.
(4) Cf. l’article de J.-P. Bolufer : « Armée - Université, une rencontre nécessaire » dans notre numéro d’octobre 1975 et, du même auteur, la chronique « Défense en France » du numéro de novembre 1975.

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n° 886

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La Revue Défense Nationale est éditée par le Comité d’études de défense nationale (association loi de 1901)

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