Politique et diplomatie - Questions à propos de la défense de l'Europe
Les problèmes de la défense de l’Europe ne datent pas d’hier. Ils se sont posés dès la fin de la deuxième guerre mondiale dès lors que l’Europe occidentale ne pouvait plus, sur le plan militaire comme sur le plan politique, tenir la place qu’elle occupait dans l’avant-guerre. Les traités de Dunkerque (1947), de Bruxelles (1948), de Washington (1949), le projet de CED (1951), les accords de Paris (1954) constituent la trame des décisions, pas toujours suivies d’effet, qui ont été prises pour assurer la défense et la sécurité de l’Europe de l’Ouest.
Il n’est pas surprenant que les problèmes relatifs à la défense de l’Europe demeurent à l’ordre du jour. En effet, ce n’est pas tant sur le plan européen que sont intervenus des changements qui justifient de nouvelles inquiétudes, encore que l’évolution de l’Europe méridionale soit appelée à poser des problèmes ; c’est plutôt l’incertitude quant aux intentions futures des États-Unis qui préoccupe les Européens. Sans doute y a-t-il là un phénomène saisonnier, qui se produit tous les quatre ans à l’occasion des élections présidentielles américaines. Les Européens s’inquiètent alors de ce que seront les intentions de la prochaine administration de Washington. Mais les élections de novembre 1976 auront lieu dans un climat nouveau, dont sont responsables l’échec américain au Vietnam, la crise du Watergate et ses prolongements, la passivité américaine dans l’affaire de l’Angola, la faiblesse de l’actuel Président des États-Unis et l’influence décroissante du Secrétaire d’État.
La défense de l’Europe n’est mentionnée qu’en termes très généraux dans le rapport que le Premier ministre belge, M. Tindemans a soumis aux neuf gouvernements de la C.E.E. Par contre, ces problèmes ont été évoqués d’une manière plus précise au cours du récent colloque organisé comme chaque année à Munich par la revue Wehrkunde. Le député CDU, Manfred Wörner, qui serait ministre de la Défense dans le gouvernement de Bonn en cas de victoire de l’opposition aux prochaines élections législatives d’octobre 1976, a soumis un plan qui prévoit d’étendre aux domaines de la défense et de la sécurité la coopération qui s’est instaurée en matière de politique étrangère. M. Wörner n’exclut pas l’idée d’institutionnaliser ultérieurement cette coopération dans la forme d’une Union de Défense des Neuf. Il a précisé que, dans son esprit, cet ensemble ouest-européen devrait être étroitement imbriqué dans le cadre atlantique.
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