La boucle décisionnelle française est très spécifique et directement liée à notre histoire politico-militaire. Le général de Gaulle a mis en place un dispositif très efficace qui perdure aujourd’hui. Les exemples de Bizerte en 1961 puis de Kolwezi en 1978 ont contribué à construire cette dimension largement reprise par les successeurs du fondateur de la Ve République.
Histoire militaire - La boucle courte de la décision politico-militaire d’engagement des moyens militaires français
Military History—The Short Politico-Military Decision Making Cycle for Commitment of French Military Assets
The particularity of the French decisional cycle is a direct result of the country’s politico-military history. General de Gaulle established a very effective system, which benefited from contributions from Bizerte in 1961, and Kolwezi in 1978. It is still in place today, having been broadly perpetuated by those who succeeded the founder of the Fifth Republic.
Depuis l’instauration de la Ve République, la France s’est dotée d’une organisation politico-militaire du commandement qui rationalise la prise de décision, facilite son exécution et assure la permanence de l’information, grâce à trois rouages essentiels : le premier est le président de la République lui-même qui, par l’article 15 de la Constitution est, intuitu personae, chef des armées (1) ; le deuxième est le Chef d’état-major particulier (CEMP) dont l’existence remonte également à la mise en place des nouvelles institutions en 1958 (2), et le troisième, depuis la promulgation du décret de 1962 créant la fonction, est le Chef d’état-major des armées (Céma) qui exerce le commandement opérationnel sur l’ensemble des forces engagées, où que ce soit. Ces rouages sont également ceux qui tiennent un rôle capital dans le cadre de la dissuasion, domaine dont il ne sera pas fait état ici.
La singularité française tient dans cette organisation qui place les plus hautes autorités militaires en prise directe sur les autorités politiques, tandis que ce n’est pas le cas dans les autres armées européennes de même pied. Au Royaume-Uni, la prise de décision remonte très rapidement au ministre (le MOD, Ministry of Defence) et échappe de ce fait au commandement. Quant à l’Allemagne, du fait de sa Constitution, la décision se noie assez rapidement dans les arcanes parlementaires, la décision d’engagement n’étant effective qu’à l’issue d’un vote favorable du Bundestag.
Cette singularité française remonte aux origines de la Ve et plus particulièrement à la crise de Bizerte, en juillet 1961, aujourd’hui bien oubliée, mais qui constitue la matrice de toutes les opérations extérieures, en termes d’organisation du commandement et de processus décisionnel.
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