L’Amérique latine connaît un tournant politique majeur accéléré par l’influence de Donald Trump. De nombreux États sont désormais dirigés à droite avec une priorité sur les questions de sécurité et de lutte contre les narcotrafics. L’élimination de Nicolás Maduro début 2026 a envoyé un signal fort du retour des États-Unis et de la doctrine Monroe.
Amérique latine - Vers un tournant politique sous l’influence de Donald Trump
Latin America—Political Turn-Round Under Donald Trump’s Influence
Latin America is experiencing major political change, propelled by the influence of Donald trump. Numerous countries have now swung to the right, and are prioritising matters of security and the fight against drug traffic. The elimination of Nicolás Maduro at the beginning of 2026 sent a strong signal that both the US and the Monroe doctrine are back.
Le Sommet de Miami, organisé le 7 mars 2026 sous l’impulsion du Président américain, marque le retour et l’implantation d’une nouvelle droite en Amérique latine. Deux mois après la capture du président vénézuélien Nicolás Maduro et de son épouse Cilia Flores (1), Donald J. Trump s’est entouré de plusieurs chefs d’État avec lesquels il entend bâtir une nouvelle alliance sur le continent.
Ainsi, se retrouvent en Floride les présidents d’Argentine, le « libertarien » Javier Milei, du Paraguay, le conservateur Santiago Peña, de Bolivie, Rodrigo Paz Pereira, de l’Équateur, Daniel Noboa, du Panama, José Raúl Mulino, du Costa Rica, Rodrigo Chaves Robles, d’El Salvador, Nayib Bukele, et de la République dominicaine, Luis Abinader. Ils renvoient l’image d’une nouvelle alliance sur un continent placé sous les feux de l’actualité internationale. Quel contraste avec la carte politique de la fin des années 2010 ! Les vagues de protestations sociales au Chili, en Colombie, dans les pays andins comme le Pérou, et au Mexique, avaient alors, conduit à l’émergence d’une « nouvelle gauche » et à une prise de pouvoir qui devait marquer une transformation historique du continent. Après le Mexicain Andrès Manuel López Obrador dès 2018 (2), cette dynamique était alors incarnée par des responsables politiques issus de mouvements militants parfois armés, comme le Colombien Gustavo Petro élu en juin 2022 (3), ou syndicalistes tel le Chilien Gabriel Boric à partir de 2022 ou le Péruvien Pedro Castillo en 2021.
Figures d’une gauche environnementale, accordant une place aux groupes autochtones, engageant une politique du genre, la présidente Xiomara Castro au Honduras, les présidents Laurentino Cortizo au Panama, Luis Arce en Bolivie ou encore Alberto Fernández en Argentine dessinaient un nouveau tableau qui paraissait annoncer une Amérique latine irrémédiablement à gauche. Cependant, ce continent se caractérise par une diversité qui se vérifie également sur le plan politique : Gabriel Boric n’est pas parvenu à reformer la Constitution de 1980 et a renvoyé l’image d’un échec patent. Au Pérou, les affaires de corruption et le climat politique délétère ont emporté Pedro Castillo en 2022. De son côté, Alberto Fernández, qui affirmait en février 2022 depuis Moscou qu’il souhaitait faire de l’Argentine « la porte d’entrée de la Russie en Amérique latine », n’a pu rien faire pour endiguer la vague libérale et « dégagiste » de Javier Milei en novembre 2023. Le Venezuela et le Nicaragua ont renforcé leurs dérives autoritaires et dictatoriales aux alliances privilégiées avec l’Iran, la Russie ou la Chine, aux marges de la « frontière sud » des États-Unis (4). C’est désormais un phénomène inverse qui se déroule, consolidé par le nouvel investissement continental des États-Unis, porteurs d’un projet à rebours de la vision des gouvernements issus de la nouvelle gauche en Amérique latine.
Il reste 88 % de l'article à lire
Plan de l'article







