Le conflit tchétchène est porteur d'une complexité que les différents intervenants sur la question ne parviennent souvent à évoquer sans subjectivité. La violence tchétchène est commise par des hommes et des femmes qui peuvent avoir été un jour des partisans et avoir échoué par la suite dans le désespoir, le crime organisé, ou dans le rigorisme islamiste. Ainsi le passage d'un conflit à un autre a-t-il propulsé les combats dans le djihad et le terrorisme que n'avait que peu connu la première guerre.
Le terrorisme tchétchène
Évoquer le terrorisme en Tchétchénie devient trop aisément un jeu d’interprétations. Dans ce territoire caucasien où les habitants bénéficient généralement d’un fort capital de sympathie, et où les forces russes font souvent preuve d’une incroyable brutalité, la subjectivité intervient rapidement et souvent unanimement pour désigner chaque camp. En ce qui concerne le « camp » tchétchène c’est paradoxalement Vladimir Poutine qui l’exprime le mieux : « Pourquoi les émules de Ben Laden sont-ils appelés terroristes et les gens qui tuent des enfants sont-ils appelés rebelles ? Où est la logique ? » (1). Non pas justement que les combattants pour l’indépendance tchétchène soient tous membres d’un réseau de terrorisme international comme le considèrent les autorités fédérales russes, mais tous ne sont pas non plus les combattants pour la liberté tels que des intellectuels engagés d’Europe de l’Ouest les décrivent, souvent avec romantisme.
Les derniers événements, survenus les 29 août et 3 octobre 2004 lors des élections présidentielles en Tchétchénie et dans une école de Beslan, en Ossétie du Nord, ne montrent pas aux yeux des néophytes les combattants tchétchènes autrement que comme des barbares inconscients de leurs actes.
Ces derniers événements, qui amènent aussi à l’échelle internationale, et même en Russie, les consciences à s’interroger davantage sur l’efficience de la politique « poutinienne » dans le Caucase, montrent que la piste islamiste radicale est bien ancrée en Tchétchénie, mais pas exclusive. Car ce qui peut caractériser l’actuel conflit de Tchétchénie, c’est la complexité des motivations de chacun et des interactions entre ces protagonistes, travaillant un jour pour l’indépendance de leur territoire, un autre pour les forces pro-russes, un troisième au nom « d’Allah le Bienveillant et Miséricordieux », et peut-être aussi un quatrième pour leur propre compte… Il s’agit donc d’être très prudent et d’éviter certains amalgames. Qu’en est-il du « mythe du terrorisme tchétchène », et surtout quel rôle y joue l’islam ?
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