Tenter de donner un éclairage sur ce que peut apporter la robotique dans le combat non de demain, mais d’aujourd’hui, c’est exposer les défis technologiques à relever et présenter la problématique de l’autonomie décisionnelle des robots. Cet article se concentrera sur les systèmes robotisés opérant dans l’environnement aéroterrestre, c’est-à-dire au sol ou très proche de celui-ci. Il exclut ainsi les robots marins et les drones de la troisième dimension qui nécessitent une coordination avec les autres aérodynes.
La guerre des robots aura-t-elle lieu ?
Will there be a war of the robots?
Attempting to give an overview of what robotics can do in present-day conflicts and not in future combat, explaining the technological difficulties to be overcome and examining the question of autonomous decision-making by robots, this article will concentrate on robotic systems operating in the air-land environment, that is to say on the ground or very close to it. It therefore excludes marine robots and unmanned aerial vehicles which need to be coordinated in use with other flying machines.
Janvier 1991. Première guerre du Golfe. La nécessité fait loi : le besoin de faire progresser les unités de combat sur un terrain potentiellement miné, et le refus de mettre en danger des vies humaines provoquent le premier choc. Il donnera naissance à l’un des premiers véhicules téléopérés sur le champ de bataille. Cette rencontre entre besoin opérationnel et solution technique est sans doute l’événement fondateur de la robotique militaire. Depuis, les forces terrestres ont commencé à se doter d’équipements robotisés.
Les caractéristiques de ces systèmes robotisés permettent de les distinguer d’autres systèmes complexes. En premier lieu, ils disposent de senseurs et de logiciels autorisant une téléopération ou l’exécution, en autonome, de fonctions non téléopérées. De plus, s’ils ne sont pas détruits ou neutralisés par l’adversaire, ils sont récupérables, mission remplie ou non, avec l’aide éventuelle de l’homme. Le robot est donc un équipement complexe qui se distingue des munitions ; ce n’est pas un équipement consommable, même si un taux d’attrition significatif pourrait être admis. Les missiles, torpilles et mines ne sont donc pas des robots.
Loin du fantasme du robot autonome, pluridisciplinaire et avant-gardiste, il convient d’évaluer les apports de la robotique pour les forces terrestres au regard des difficultés tant technologiques qu’humaines. Les enjeux de cette robotisation permettront d’éclairer de façon pragmatique sa mise en place au sein des forces. Les défis qu’il est nécessaire de relever donneront une vision des aspects technologiques. Enfin, les obstacles souligneront les réflexions qu’il convient de mener pour permettre de donner à la robotique sa juste place au sein des forces terrestres.
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