Diplomatique - Discours de M. Malik - Vers la fin des hostilités en Corée - Retour au 38e parallèle - Un pacte du Pacifique est signé - Le projet de traité avec le Japon - M. Harriman à Téhéran - Remous au Proche-Orient - L'Allemagne à égalité
L’événement diplomatique peut-être le plus marquant du mois de juin fut le discours que M. Malik, délégué de l’URSS prononça le 24 juin 1951 de New York, au cours d’une émission radiophonique organisée par les Nations unies. M. Malik rappelait les arguments présentés par la diplomatie soviétique, notamment pendant la Conférence du Palais-Rose « qui s’était terminée sans accord, mais sans rupture ». En Corée, les États-Unis sont intervenus militairement avec leurs alliés contre le peuple coréen. Cependant l’Union soviétique maintient que la coexistence pacifique des deux systèmes, socialisme et capitalisme, est possible. En ce qui concerne les États-Unis, aussi bien le gouvernement que les peuples de l’URSS sont désireux « de ne jamais voir, en aucune circonstance, un conflit armé s’élever entre les deux pays ».
Mais M. Malik ajouta à ces déclarations une proposition précise pour le règlement du conflit coréen : « Les peuples soviétiques croient que, comme première mesure, des discussions devraient être entamées entre les belligérants, en vue d’un « cessez-le-feu » et d’un armistice prévoyant le retrait réciproque des forces à partir du 38e parallèle. » C’était là reprendre, sous une forme plus élaborée, une suggestion que le sénateur américain Johnson avait faite, le mois précédent, et qui avait suscité à Moscou des échos favorables (cf. notre chronique de juin). Le fait que le délégué soviétique ne mentionnait plus expressément de conditions politiques à la mise en œuvre du « cessez-le-feu » – ne parlant plus ni du retrait des troupes étrangères, ni de la simultanéité d’une conférence à Six ou à Sept – fut immédiatement interprété comme un indice très favorable par les chancelleries occidentales.
Dès le lendemain, le président des États-Unis, Harry S. Truman, après avoir fait le procès de l’URSS, et condamné sévèrement ceux qui dans son pays « sèment la division et le trouble » – allusion non voilée aux partisans de MacArthur et à l’opposition républicaine – déclarait à son tour : « Nous sommes prêts à participer à un règlement pacifique en Corée. » M. Andreï Gromyko recevait, à Moscou, la visite de l’amiral Kirk, ambassadeur des États-Unis, venu s’informer de la portée exacte des déclarations de M. Malik, tandis qu’à New York, M. Entezam, président iranien de l’Assemblée des Nations unies, cherchait vainement à être reçu par le délégué soviétique. Celui-ci ne devait pas retarder son retour en URSS, l’URSS tenant sans doute à marquer que les Nations unies, dont elle a contesté toute compétence et condamné l’intervention militaire en Corée, n’étaient pas qualifiées pour assurer le règlement de cette affaire.
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