Diplomatique - Secousses en Proche-Orient - L'Europe des « Six » associée à l'Europe des 15 (I) - Réponses négatives de l'URSS
La crise du régime, dont le départ du roi Farouk a marqué le début, s’est poursuivie en Égypte où la situation politique est restée indécise. Le 7 septembre, le général Néguib, renonçant à son parti-pris de n’apparaître que comme l’inspirateur et le premier exécutant du mouvement révolutionnaire sans responsabilité politique directe, a pris le titre de président-général d’état-major. Cette décision a été motivée par la résistance des milieux politiques ainsi que des riches propriétaires fonciers à suivre le gouvernement dans ses projets de transformation sociale et plus que tout autre, de réforme agraire. Malgré cette résistance et après qu’un certain nombre d’hommes politiques eussent été arrêtés, le Gouvernement égyptien a décidé que les propriétés foncières ne pourraient dépasser 80 hectares. Le 11 septembre, il complétait cette décision par des mesures abaissant de 15 % le prix des loyers et abolissant les « wakfs », biens privés inaliénables appartenant aux communautés religieuses, ou à des dynasties de propriétaires terriens.
Dans le même temps, l’épuration du personnel politique se poursuivait. La veille de l’ouverture de la session de la Ligue arabe, le secrétaire général Abdel-Rahman Azzam donnait sa démission. Le 17 septembre, le Wafd décidait de dissoudre son comité directeur et le secrétaire général du parti, Fouad Serageddine était démissionnaire. À la fin de septembre, une lutte ouverte parut s’engager entre le général Néguib et le Wafd visé en la personne de son président Nahas. Le comité exécutif et le groupe parlementaire du parti se déclarèrent solidaires de son président. De son côté, le Gouvernement refusait d’accepter une demande d’inscription déposée par le parti conformément à une nouvelle réglementation instaurée par la loi du 8 septembre, si la demande était signée par M. Nahas. Le parti était, d’ailleurs, moins uni autour du leader qu’il ne semblait. Certains demandaient qu’on évitât de saborder le parti par attachement, si légitime fût-il, au vieux leader.
L’évolution de la politique intérieure en Égypte, l’impulsion dynamique que lui a donnée le général Néguib, son orientation vers la solution de problèmes sociaux concrets et non plus vers des querelles stériles de clans et d’individualités ont eu des répercussions dans tout le Proche-Orient. Au Liban notamment, à la suite d’une longue crise rendue aiguë par le succès du général Néguib, le président de la République a démissionné. Le 18 septembre, le général Chehab, commandant en chef des forces armées a pris le pouvoir. Il en est résulté, comme en Égypte, une situation politique confuse, les partis et les personnalités politiques hésitant à s’engager dans une voie dont l’issue leur est encore inconnue.
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