Orion est l’exercice qui prépare la France et ses alliés à la guerre de haute intensité. L'édition 2026 commence alors que les tensions mondiales s’intensifient (Ukraine, Groenland, guerre hybride russe), cet entraînement massif montre la détermination française à rester un acteur crédible et résilient. Un signal fort envoyé aux compétiteurs stratégiques. Une démonstration que la défense collective ne s’improvise pas, mais se prépare rigoureusement.
Éditorial – Orion 26, un bon tempo (T 1797)
Logo de l'exercice Orion
Editorial —ORION 26, a good tempo
ORION is the exercise that prepares France and its allies for high-intensity warfare. The 2026 edition begins as global tensions escalate (Ukraine, Greenland, Russian hybrid warfare). This massive training exercise demonstrates France's determination to remain a credible and resilient actor. It sends a strong signal to strategic competitors and shows that collective defense cannot be improvised but requires rigorous preparation.
À l’heure où les théâtres d’opérations se sont multipliés, obligeant d’ailleurs nos forces à de nombreuses projections dans l’urgence avec des démonstrations de présence sur quasiment tous les océans et continents, on pourrait oublier que la condition de base pour cette efficacité opérationnelle passe d’abord par la formation individuelle et collective, puis par l’entraînement et les exercices. On ne s’improvise pas expert du combat par grand froid, spécialiste de la détection sous-marine ou contrôleur aérien sur Boeing AWACS. On ne commande pas une opération interarmées et multinationale dans un cadre Multi-milieux/multi-champs (M2MC) sans un long travail de préparation en amont… D’où l’intérêt et l’importance de l’exercice Opération de grande envergure pour des armées résilientes, interopérables, orientées vers le combat de haute intensité et novatrices 2026 (Orion 26) qui se déroule actuellement autour de plusieurs phases très spectaculaires et, de ce fait, médiatiques avec le déploiement de moyens français et alliés conséquents. Fruit de plusieurs mois d’anticipation et de montée en puissance, Orion 26 est à la fois une démonstration mais également un engagement intense pour tous les participants, du combattant individuel au commandement, auquel s’associent tous les services du ministère des Armées et des autres ministères impliqués sans oublier nos alliés de l’Otan en collaboration avec d’autres nations conscientes que la détermination à agir est une des garanties de notre sécurité collective face à une menace croissante et le risque d’un affrontement de haute intensité.
Le déploiement, notamment du groupe aéronaval, de trois brigades interarmes, de nombreux aéronefs depuis leurs bases aériennes est un signal fort envoyé à nos compétiteurs stratégiques alors même que l’échiquier géopolitique est en pleine mutation et que le rapport de force s’est imposé dans les relations internationales. Il y a, bien sûr, la Russie qui continue sa guerre d’agression contre l’Ukraine, guerre à la veille de rentrer dans sa cinquième année. Une Russie qui mène une guerre hybride contre l’Europe et pour laquelle il faut se prémunir. C’est d’ailleurs une des nouvelles dimensions d’Orion 26, avec la prise en compte de l’hybridité des attaques dans l’Espace, le cyber et l’informationnel. Des domaines de haute technicité qui exigent de nouvelles capacités tant dans les équipements que dans les compétences individuelles et collectives à mettre en œuvre.
Paradoxalement, le calendrier d’Orion 26 vient à point nommé, alors même qu’il y a à peine un mois, l’Alliance atlantique s’interrogeait – et s’interroge toujours – sur la solidité du lien transatlantique mis à mal par Donald Trump, notamment avec sa volonté d’annexer le Groenland. La France et ses alliés – avec une participation américaine d’ailleurs – démontrent leur volonté d’agir et de répondre à ces nouveaux défis. C’est aussi pour Paris de montrer que nous sommes un partenaire fiable, crédible, solidaire et puissant, au regard des moyens déployés dont le Groupe aéronaval autour du porte-avions Charles-de-Gaulle, outil de projection de puissance indispensable dans la compétition internationale. Cela justifie d’autant plus le programme du Porte-avions nouvelle génération (Pang) désormais en phase de réalisation et qui répondra aux exigences opérationnelles de demain.
Orion 26 est, certes, un exercice majoritairement militaire mais il implique aussi tous les acteurs civils en charge de la défense collective de notre territoire. Hors ministère des armées, le principal acteur, sont impliqués onze ministères pour participer à cet entraînement grandeur nature et ainsi répondre à une crise majeure. Avec le Secrétariat général de la défense et de la sécurité nationale (SGDSN), Orion 26 va permettre de renforcer la coordination de tous ces acteurs et d’évaluer nos capacités, les lacunes et les leçons à en tirer pour accroître notre résilience collective.
Dans le contexte actuel où les conflits, non seulement, se succèdent, mais s’empilent sans que l’on entrevoie de sortie de crise, Orion 26 participe directement à la protection de nos intérêts, de ceux de nos alliés et, surtout, démontrer notre volonté collective de défense.
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