AFRICOM au Nigeria : entre lutte antidjihadiste et intérêts géopolitiques. Sous couvert de protéger les chrétiens (ciblés par Boko Haram et ISWAP), les États-Unis interviennent militairement, mais leurs motivations relèvent davantage d’une stratégie économique et d’influence (concurrencer la Chine). La Force multinationale mixte (FMM), soutenue par la CBLT, peine à s’imposer faute de résolution onusienne, tandis que les tensions ethno-religieuses et la gouvernance inégale alimentent l’instabilité.
Les États-Unis au Nigeria : AFRICOM en recherche de consistance (T 1807)
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The United States in Nigeria: AFRICOM in search of consistency
AFRICOM in Nigeria: between the fight against jihadism and geopolitical interests. Under the guise of protecting Christians (targeted by Boko Haram and ISWAP), the United States intervenes militarily, but its motivations are more about economic strategy and influence (competing with China). The Multinational Joint Task Force (MNJTF), supported by the Lake Chad Basin Commission (LCBC), struggles to establish its authority due to the lack of a UN resolution, while ethno-religious tensions and unequal governance fuel instability.
La Constitution du Nigeria établit ce pays, vaste fédération de 923 773 km² et peuplée de plus de 230 millions d’habitants en Afrique de l’Ouest, comme un État laïc. La diversité ethnique (1) y est marquée, avec plus de 250 groupes, parmi lesquels quatre dominent : les Yorouba (chrétiens, représentant 20,6 % de la population), les Haoussa (musulmans, 18,3 %), les Ibo (chrétiens, 14,8 %) et les Peuls ou Fulani (musulmans, 7,9 %). Cependant, dans une douzaine des 36 États fédérés, principalement situés au nord, la charia est appliquée, ce qui exacerbe les tensions religieuses.
Dans ce contexte complexe, des massacres ciblant des chrétiens en raison de leur foi ont suscité une vive inquiétude à l’échelle internationale. Les États-Unis, par exemple, ont qualifié ces violences de génocide et ont exprimé leur volonté d’intervenir militairement. En réponse, le gouvernement nigérian a souligné que les attaques ne ciblaient pas uniquement les chrétiens, mais touchaient également des personnes de diverses confessions. Malgré ces clarifications, les États-Unis ont poursuivi leurs intentions d’intervention, conduisant à des frappes aériennes contre des positions djihadistes dans le nord-est du Nigeria en décembre 2025.
Les violences au Nigeria ne se limitent pas à des motifs religieux ; elles s’inscrivent dans un cadre plus large de crises et de conflits, exacerbés par l’attentisme de l’État et la gestion particulière des communautés. Le djihadisme, en particulier, représente un vecteur majeur de cette violence. La menace qui en découle, ayant des implications régionales, nécessite une réponse collective. C’est dans cette optique que la Commission du bassin du lac Tchad (CBLT) (2) a été activée à la suite du « Sommet africain de Paris sur la paix au Nigeria » en 2014, donnant naissance à la Force multinationale mixte (FMM). Pour que cette force soit efficace, il est crucial qu’une résolution du Conseil de sécurité de l’ONU soit adoptée, afin de lui conférer légitimité et moyens d’action, en contraste avec l’unilatéralisme américain dont l’issue reste incertaine.
Violences diffuses autour du lac Tchad
Le Nigeria est confronté à une insécurité croissante, alimentée par une multitude de facteurs interconnectés. Parmi ceux-ci, on trouve des mouvements irrédentistes et du brigandage transfrontalier, particulièrement dans le delta du Niger, ainsi que le terrorisme transnational qui sévit dans le nord-est du pays. Ce contexte est aggravé par des tensions socio-économiques, notamment entre les éleveurs, souvent musulmans, et les agriculteurs, majoritairement chrétiens, dans les régions centrales et nordiques (3). Les groupes djihadistes, tels que l’État islamique en Afrique de l’Ouest (ISWAP) et Boko Haram, cherchent à établir une société fondée sur la charia. Cependant, réduire leur violence à un simple génocide, comme l’a suggéré le président Trump, serait simpliste. Les attaques autour du lac Tchad touchent en réalité toutes les populations (4), indépendamment de leur religion, car ces groupes armés s’en prennent à quiconque s’oppose à leur idéologie. Pour faire face à cette insécurité endémique, il faut une mobilisation conséquente des États. Cela nécessite non seulement le renforcement des initiatives régionales de lutte contre le terrorisme, comme la FMM, mais aussi la mise en œuvre d’une gouvernance inclusive à l’échelle nationale.
Le déploiement de la FMM a effectivement permis de renforcer le maillage territorial des forces de défense autour du lac Tchad, ce qui a conduit à une réduction des capacités d’action des groupes terroristes. La subdivision de la zone en quatre secteurs militaires, contrôlés par le Nigeria, le Cameroun, le Niger et le Tchad, a contribué à une meilleure coordination des efforts militaires contre les mouvements djihadistes. Ce changement stratégique a permis de renverser le rapport de force, qui était auparavant en faveur des djihadistes, en rendant leurs attaques plus difficiles et en limitant leur capacité à mener des opérations à grande échelle. Cependant, malgré cette dynamique positive sur le plan militaire, les groupes djihadistes ont adapté leurs tactiques, passant à des actions asymétriques. En se réfugiant dans des zones difficiles d’accès comme la forêt de Sambisa et les monts Mandara, ils continuent de mener des attaques ciblées, exploitant la géographie et la complexité du terrain pour échapper à la répression militaire. Les défis demeurent importants, tant sur le plan militaire que sociopolitique.
La gestion des communautés religieuses par le gouvernement fédéral, souvent perçue comme inégale (5), alimente des ressentiments qui peuvent être exploités par les groupes djihadistes. Leur objectif de conquête territoriale et d’établissement d’un califat est renforcé par ces tensions, ce qui souligne l’importance d’une approche inclusive et équitable dans la gouvernance pour prévenir la radicalisation et la violence. L’application de la charia dans certains États du Nord, en contraste avec la constitution fédérale qui proclame la laïcité, crée des tensions supplémentaires. Bien que les chrétiens représentent une majorité au niveau national, leur influence politique est souvent limitée par la domination des élites musulmanes (6), qui détiennent une grande partie du pouvoir fédéral. Cela contribue à un sentiment d’injustice et de marginalisation parmi les populations chrétiennes, en particulier dans les régions moins développées, comme l’État du Delta, malgré leurs ressources naturelles. L’arrivée au pouvoir de Bola Ahmed Tinubu, perçue comme un renforcement de l’influence islamique, pourrait aggraver les tensions existantes et rendre plus difficile la recherche d’un équilibre entre les différentes communautés religieuses. La centralisation du pouvoir et la gestion des ressources sont également des sources de mécontentement, notamment dans les régions riches en pétrole qui ne bénéficient pas d’un développement proportionnel à leurs ressources.
Péril chrétien ou cheval de Troie d’AFRICOM
Face à la montée des violences et à l’instabilité persistante dans le nord-est du Nigeria, l’autorité fédérale a décidé d’adopter une nouvelle approche pour faire face à la menace djihadiste. Le général Shaibu, chef d’état-major des armées, a souligné l’importance d’une mobilisation totale des troupes, en promettant des investissements significatifs et des améliorations des conditions de vie des militaires. Cependant, malgré ces promesses et les efforts déployés, la réalité sur le terrain reste préoccupante, avec des violences qui continuent de frapper les populations locales et qui s’étendent aux pays voisins.
La coalition des forces dans le cadre de la CBLT a permis d’obtenir des résultats temporaires, mais ces succès ne se traduisent pas encore par une paix durable. L’absence de solutions pérennes face à la menace djihadiste soulève des questions sur l’efficacité de l’approche actuelle du gouvernement nigérian et ses partenaires de la FMM. L’« offensive décisive » annoncée par l’état-major des armées, en octobre 2025, semble être davantage une réponse symbolique qu’une véritable stratégie de long terme. Le discours des autorités, une antienne, contraste donc avec la persistance des violences multiformes. Cette situation a ouvert la voie à une implication accrue des États-Unis, qui voient dans cette crise une opportunité d’intervenir, que ce soit par le biais d’une assistance militaire ou d’initiatives diplomatiques. Dès novembre 2025, le président Trump a ordonné au Pentagone de planifier une intervention militaire. « J’avais déjà averti ces terroristes que s’ils ne mettaient pas fin au massacre des chrétiens, ils en subiraient les conséquences », dixit Donald Trump après l’intervention du 25 décembre 2025. Mais, aux États-Unis, sous Trump, l’interventionnisme implique l’affairisme et la conquête de nouvelles sphères d’influence. Dès lors, contenir le péril chrétien au Nigeria s’apparente à la lutte contre les narco-trafiquants au Venezuela. Les motivations sous-jacentes de cette action, semblent liées à des intérêts économiques et géopolitiques, plutôt qu’à une volonté humanitaire.
Le discours du président Trump sur la protection des chrétiens peut donc être perçu comme un élément de la stratégie plus large des États-Unis en matière de sécurité et d’influence en Afrique. En effet, l’AFRICOM, en tant que commandement militaire, joue un rôle crucial dans la mise en œuvre de cette stratégie. Sa mission, qui se concentre sur la lutte contre les menaces transnationales telles que le terrorisme et le crime organisé, est souvent accompagnée d’une volonté de stabiliser des régions, notamment en renforçant les capacités des forces de sécurité locales, et en apportant du soutien aux alliés. La présence au Sahel, en particulier au Niger, a illustré cette approche. Les États-Unis ont fourni un soutien logistique et de renseignement aux forces françaises et européennes, tout en évitant une implication directe dans les combats. Cela a permis aux États-Unis de maintenir une certaine distance (7) tout en exerçant une influence significative sur les opérations militaires dans la région. Au Nigeria, les États-Unis sont impliqués aux combats, et apportent le soutien à l’armée fédérale afin qu’elle monte en puissance face aux crises. Il y a un changement de doctrine. Cependant, il est important de noter que derrière cette initiative se cache également un intérêt pour les richesses naturelles du pays. Les États-Unis, tout en affichant un discours de soutien aux droits humains et à la protection des minorités, ne peuvent ignorer les opportunités économiques que représente l’Afrique, notamment en matière de ressources énergétiques. Ainsi, la politique américaine en Afrique pourrait être perçue comme un équilibre délicat entre des objectifs humanitaires et des intérêts géopolitiques et économiques.
Tergiversations problématiques du partenaire américain
La situation autour du lac Tchad illustre bien la complexité des conflits contemporains, où les acteurs non étatiques, comme les groupes djihadistes, exploitent à la fois des tactiques asymétriques et des capacités conventionnelles. Cette hybridation des modes de guerre rend la réponse des forces armées, comme celles de la FMM, particulièrement difficile. Les djihadistes, en intégrant des technologies modernes telles que les drones armés, parviennent à compenser leur infériorité numérique. Ces drones leur permettent non seulement de mener des attaques ciblées, mais aussi de réaliser des missions de reconnaissance, ce qui leur confère un avantage stratégique en surveillant les mouvements des forces adverses. Cette capacité d’adaptation technologique souligne l’importance pour les États de réévaluer leurs stratégies de défense et d’investir dans des équipements modernes pour contrer cette menace évolutive. L’absence de soutien occidental, suite au retrait des États-Unis et de la France (8), accentue les défis auxquels font face les États de la région. Ce retrait, motivé par des demandes de partenaires locaux, laisse un vide qui peut être exploité par les groupes djihadistes. Les États de la région doivent non seulement faire face à une menace militaire croissante, mais aussi naviguer dans un paysage géopolitique en mutation, où les alliances et les partenariats sont en constante redéfinition. La guerre autour du lac Tchad est un exemple frappant de la manière dont les conflits modernes se caractérisent par une hybridation des tactiques et des technologies. Les États de la région doivent s’adapter rapidement pour affronter à ces défis, tout en tenant compte des implications géopolitiques plus larges qui influencent la dynamique de sécurité dans la région.
Les tensions croissantes entre les pays occidentaux et leurs partenaires subsahariens ont effectivement des répercussions significatives sur la dynamique sécuritaire dans la région. Le retrait progressif des forces françaises, notamment dans le cadre de l’opération Barkhane, a créé un vide que les groupes djihadistes s’empressent de combler. Ces groupes exploitent les frustrations locales et les faiblesses des États pour étendre leur influence, ce qui complique davantage la situation sécuritaire. Face à cette menace, les armées africaines commencent à jouer un rôle plus proactif. Elles cherchent à renforcer leurs capacités opérationnelles et à s’attaquer aux causes profondes de l’insécurité, telles que la pauvreté, le manque d’éducation et l’absence de gouvernance efficace. Les initiatives de coopération, comme celles proposées par AFRICOM, visent à fournir un soutien technique et logistique, mais elles doivent également s’accompagner d’une approche holiste qui inclut le développement socio-économique et le renforcement des institutions locales. Cependant, les actions des États-Unis au sein du Conseil de sécurité des Nations unies peuvent parfois entraver ces efforts. En bloquant certaines initiatives de sécurité ou en adoptant une approche trop militarisée, les États-Unis risquent de nuire à la capacité des États africains à établir des solutions durables à leurs problèmes de sécurité.
À titre d’illustration, le Conseil de sécurité de l’ONU, conformément à l’article 52 de la Charte, encourage les actions de paix portées ou conduites par les organismes régionaux, soit sur l’initiative des États intéressés, soit sur renvoi du Conseil de sécurité. C’est sur ledit fondement qu’a été constituée la FMM. Elle a été créée en réponse à la menace posée par Boko Haram dans la région du lac Tchad. Son établissement a été soutenu par des décisions prises lors d’un sommet à Yaoundé en 2015, avec l’implication des États de la région et des organismes régionaux. Après la conception de la FMM, le dossier a été soumis au Conseil de paix et de sécurité (CPS) de l’Union africaine (UA), puis au Conseil de sécurité de l’ONU pour approbation. Ce processus est crucial pour obtenir la légitimité nécessaire à l’opération. Malgré les attentes, le vote de la résolution n’a pas eu lieu en raison des préoccupations exprimées par certains pays, notamment les États-Unis et le Royaume-Uni. Ces pays ont été influencés par des ONG qui dénoncent les violations des droits de l’homme commises par les forces armées camerounaises (9) et nigérianes dans leur mobilisation (10). Faut-il le relever, le mandat de la FMM comprend deux volets : militaire et civil. Le volet militaire a permis des avancées, comme la réduction des violences, mais le volet civil, qui est essentiel pour établir une paix durable, n’a pas encore été mis en œuvre en raison du manque de financement et de soutien. Le vote de la résolution est crucial pour permettre le déploiement des initiatives de développement et de maintien de l’ordre, qui sont nécessaires pour transformer les succès militaires en paix durable. Sans ce soutien, les progrès réalisés risquent d’être éphémères. En définitive, la situation autour du lac Tchad illustre les tensions entre la nécessité d’une action militaire contre le terrorisme et le respect des droits de l’homme. La communauté internationale doit trouver un équilibre pour soutenir les efforts de paix tout en garantissant la protection des droits fondamentaux. Le succès de la FMM dépendra de la capacité à mobiliser les ressources nécessaires et à obtenir le soutien politique international pour avancer vers une paix durable dans la région.
Conclusion
L’intervention des États-Unis met en lumière des enjeux complexes et souvent mal compris concernant la situation au Nigeria et les relations internationales qui l’entourent. Il est vrai que les violences au Nigeria ne peuvent pas être réduites à un simple conflit religieux entre chrétiens et musulmans. Les groupes comme Boko Haram et d’autres bandes criminelles ciblent diverses communautés, et les motivations derrière ces violences sont souvent liées à des facteurs socio-économiques, politiques et ethniques, plutôt qu’à une guerre de religion. L’intervention des États-Unis dans cette région est motivée par des intérêts stratégiques plus larges, notamment la concurrence avec la Chine pour l’accès aux ressources naturelles et l’influence géopolitique. La construction de la plus grande ambassade d’Afrique de l’Ouest à Lagos illustre cette volonté d’affirmer une présence américaine dans une région riche en ressources et en potentiel économique (11). Le refus du Nigeria d’accepter des déportés vénézuéliens ou des prisonniers de pays tiers montre également une volonté d’affirmer sa souveraineté et de ne pas se plier aux demandes américaines (12), ce qui est un signe de changement dans les dynamiques de pouvoir traditionnelles. De plus, le soutien constant du Nigeria à une solution à deux États en Palestine et sa critique des actions israéliennes témoignent d’une position indépendante qui peut contrarier les États-Unis. En somme, la situation au Nigeria est le reflet d’une multitude de facteurs interconnectés, et il est essentiel de ne pas simplifier le débat en le réduisant à des questions religieuses ou à des interventions militaires. Les solutions durables nécessiteront une approche nuancée qui prenne en compte les réalités locales et les aspirations des populations concernées. ♦
(1) Simpson Andrew et Oyetadé B. Akintundé, « Nigeria: Ethno-Linguistique competition in the giant of Africa », Language and National Identity in Africa, New York, Oxford University Press, 2008, p. 172-198.
(2) Établie en 1964, la CBLT réunit les pays riverains du lac que sont le Tchad, le Cameroun, le Niger et le Nigeria, ainsi que des membres associés tels que la République centrafricaine et la Libye. Son mandat vise à favoriser une gestion intégrée et concertée des ressources naturelles et à prévenir les conflits liés à l’accès à l’eau, à la terre et aux ressources halieutiques. Dans un contexte de rétrécissement alarmant du lac, aggravé par l’insécurité croissante liée à la présence de groupes armés, la CBLT joue également désormais un rôle en matière de sécurité à travers la Force multinationale mixte (FMM) ainsi que dans les politiques environnementales.
(3) Pérouse de Montclos Marc-Antoine, « La violence ethnique à l’épreuve des faits : le cas du Nigeria », Tiers-Monde, tome 44, n° 176, 2003, p. 857-882 (https://doi.org/10.3917/rtm.176.0857).
(4) Babalola Dele et Seiyefa Ebimboere, « Organised Crime, Violent Conflicts and the Movement Towards a Dual Policing System in Nigeria », The Round Table: The Commonwealth Journal of International Affairs, vol. 114, n° 4, 2025, p. 417-435 (https://doi.org/10.1080/00358533.2025.2522843).
(5) Pisani Emmanuel, « Islam et Islamisme : Le défi de la question théologique », Études n° 4246, février 2018, p. 73-84 (https://www.revue-etudes.com/article/islam-et-islamisme/19005).
(6) Boukari-Yabara Amzat, « Chapitre 3. Pouvoir et politique », Nigéria, De Boeck Supérieur, 2013, p. 49-64.
(7) NDLR : D’ailleurs son siège se trouve à Stuttgart (Allemagne).
(8) L’impact du Commandement français pour l’Afrique (CPA) autour du lac Tchad est difficile à mesurer en raison de la complexité de la situation. Bien que le CPA soutienne des opérations militaires contre Boko Haram ou l’ISWAP, et forme les forces locales, l’efficacité varie. Par ailleurs, l’absence d’un accompagnement en développement et en gouvernance limite l’impact militaire. Même si certaines opérations ont réduit les attaques, la dynamique des groupes terroristes complique l’évaluation, rendant nécessaire une approche intégrée pour une analyse complète.
(9) « Tortures, exécutions, détentions : le rapport qui accable l’armée camerounaise dans sa lutte contre Boko Haram », Le Monde, 13 juillet 2016 (https://www.lemonde.fr/).
(10) Les gouvernements camerounais et nigérian ont répondu aux dénonciations des ONG sur les violations des droits de l’homme de manière différente. Le Cameroun tend à nier les accusations tout en promettant un engagement envers les droits humains, sans mener d’enquêtes substantielles. Le Nigeria, bien qu’il reconnaisse les abus, présente des réponses insuffisantes malgré des initiatives de formation pour ses forces armées. Les deux pays ont mis en place des programmes de formation et des mécanismes de suivi, mais ceux-ci manquent souvent de transparence et d’efficacité. Malgré quelques efforts, les abus persistent et les réponses des États restent inégales.
(11) Uwaegbulam Chinedum, « U.S. acquires Eko Atlantic land for new consulate office in Lagos », The Guardian (Nigeria), 16 mai 2019 (https://guardian.ng/).
(12) Nwoko Kenneth et Briggs Alasin Captain, National Security and State Sovereignty: The Contemporary Nigeria Perspective, 2025.
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