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Partout dans le monde, la pensée militaire fait la part belle aux principes de la guerre formalisés par l'enseignement du maréchal Foch et de Clausewitz ; mais les crises se sont durablement installées dans le paysage géostratégique. Elles supplantent désormais les guerres clausewitziennes qui ont été la marque du XXe siècle. Leur résolution suppose d'imaginer, de développer, de promouvoir et d'implanter une solution politique durable, cadre dans lequel l'emploi de la force armée n'est plus qu'un outil parmi d'autres.

Stratégie

À la suite du 11 septembre, on a vu s'exprimer différentes positions qui enterrent bien vite la dissuasion. Celle-ci n'a pas été faite pour répondre au terrorisme et l'arme nucléaire n'a jamais été l'arme absolue. Elle reste cependant l'arme ultime dans les situations extrêmes et on ne peut malheureusement pas prédire que ces situations ne se produiront jamais. Les armements nucléaires ont mis des décennies à être élaborés, une très grande prudence s'impose avant de les abandonner. Enfin, la publication récente aux États-Unis des travaux de la Nuclear Posture Review incitent également à un débat sur ce sujet.

Prolongeant la réflexion sur la dissuasion nucléaire, développée dans l'article précédent, à laquelle il adhère totalement, l'auteur envisage une deuxième fonction pour celle-ci : interdire l'emploi d'armes de destruction massive, même dans le cas où nos intérêts vitaux ne seraient pas en cause.

Les attentats du 11 septembre conduisent à repenser les systèmes de sécurité. L'auteur confirme le besoin d'une dissuasion nucléaire accompagnée du dispositif spatial d'observation et de communication qui la valorise. La France a fait ce choix qui devrait être à terme celui de l'Europe si elle veut être une puissance politique ; cela passe par le développement de Galileo .

Le terrorisme n'est pas soudain devenu, le 11 septembre 2001, la seule menace contre l'Occident. Les acteurs se multiplient, étatiques ou non, les risques se diversifient, balistiques autant que terroristes, la réponse doit intégrer des composantes multiples. La dissuasion nucléaire, toujours d'actualité, peut viser des cibles plus précises, durcies, tout en minimisant les retombées. La défense active doit inclure l'interception antimissiles. La prévention doit exploiter le renseignement le plus précis. Le monde bouge, les États-Unis répondent, nous ne pouvons rester inertes.

Conformément aux déclarations initiales des responsables américains après le 11 septembre, l'intervention en Afghanistan rappelle aux démocraties que la guerre n'est pas morte. Elle affirme aussi qu'une démocratie est respectée si elle est forte aussi bien dans ses valeurs que dans ses capacités et la volonté de les défendre, à l'intérieur ou à l'extérieur de ses frontières nationales. Le recours à la force militaire est une option qu'il ne faut pas négliger et qu'il faut savoir assumer. Des forces armées motivées et bien équipées sont encore une composante essentielle de la volonté politique d'un État d'être présent et crédible sur la scène internationale. Les dividendes de la paix ne créent pas la sécurité, mais celle-ci crée les dividendes de la paix. Devant les difficultés de la construction d'une Europe de la défense, la puissance américaine s'est affirmée par la volonté de ses dirigeants, le rassemblement de la nation américaine, les succès d'une force militaire construite avec résolution. En corollaire, les enseignements pour la France montrent que le manque d'investissement persistant dans les armées conduit inéluctablement à son effacement politique. Les armées doivent retrouver leur place légitime y compris dans la défense du territoire national, finalité première d'une armée.

Repères - Opinions - Débats

Constatant le désarroi des autorités devant les manifestations de gendarmes, l'auteur rappelle l'histoire sociologique des armées depuis la fin de la Seconde Guerre mondiale, évoquant les statuts, les lois de dégagement des cadres, les guerres d'Indochine et d'Algérie. Les conséquences de mai 1968 sont tirées avec la création du CSFM, puis en 1972 le statut général des militaires et le premier Livre blanc. La chute du mur de Berlin entraîne une sorte de désarmement moral de la nation, qui aboutit à la disparition de fait du service national. Il est temps que la société militaire se mette au diapason de la société civile, l'action des gendarmes ayant ébranlé la notion même de statut militaire. L'auteur s'inquiète de ce que sera la défense de la patrie qui n'est pas avant tout une question de moyens, mais une question de volonté de tous.

Après avoir rappelé les catégories de personnel servant dans les armées, et leurs familles de comportement, l'auteur décrit les évolutions majeures auxquelles sont soumises les armées : disparition de références humaines et manque d'expérience du combat, course au bien-être dans la société, carrières courtes. D'où, plutôt que de palliatifs mis en place dans l'urgence, le besoin d'une réflexion approfondie portant sur la place des armées dans la nation, leur rôle et leur raison d'être. Après avoir redéfini dans le cadre du projet politique, les missions que l'État veut confier aux armées, il convient de leur donner les moyens humains, matériels et financiers de s'y préparer et de s'y entraîner ; conditions sine qua non pour disposer d'une réelle armée.

Constatant le désintérêt de la classe politique pour la Défense, reflet d'une nation inconsciente des risques, l'auteur dresse le constat navrant du délabrement de la défense nationale : budgets en constante dévaluation, encore amputés dans leur application ; situation matérielle dramatique des armées, sous-équipées et sous-entraînées, et dont les hommes ne sont pas considérés. Il reste à cultiver l'espérance qu'un homme courageux entre en politique avec la lucidité et la détermination nécessaires pour sauver notre Défense de son actuel délabrement.

La haine chez un soldat doit-elle être totalement exclue ? Est-il possible à un combattant de la refuser, face à un adversaire qui ne reconnaît plus aucune des valeurs permettant de maintenir un lien, même ténu, entre les hommes ? La biographie d'Étienne de Montety, Honoré d'Estienne d'Orves : un héros français (Perrin, 2001) peut se lire aussi comme une réponse à cette question, qui n'a pas fini de nous tarauder.

Alors que la fin de la guerre froide n'a pas provoqué un changement radical dans l'organisation des relations internationales, l'intervention américaine en Afghanistan a marqué un virage brutal. Désormais, ce n'est plus l'Europe occidentale qui constitue l'enjeu majeur de la politique américaine, mais une zone allant de la Turquie jusqu'au Japon ; le système d'armes employé contre les taliban a creusé un fossé entre les Américains et leurs alliés aussi bien que leurs ennemis ; l'Otan a perdu son intérêt militaire ; et les États-Unis réorientent leur politique de bases à l'étranger. Lire la suite

L'Iran est un des trois pays qui, avec l'Irak et la Corée du Nord, sont dénoncés depuis longtemps par les États-Unis comme ayant été des « États voyous », et appartenant maintenant à l'« axe du mal ». La principale raison évoquée est qu'ils ont en développement des armes dites « de destruction massive ». Dans la conjoncture actuelle, il paraît intéressant d'essayer de faire le point des programmes de l'Iran en la matière. Lire la suite

La montée récente de la tension en Asie du Sud, à propos du Cachemire, a accentué les préoccupations de la communauté internationale tant les conséquences d'une escalade du conflit entre l'Inde et le Pakistan, qui disposent tous deux de la capacité nucléaire, pourraient être dévastatrices. La construction d'une dissuasion véritable à l'échelle régionale, loin d'être acquise, doit être consolidée. La situation en Asie du sud, aussi potentiellement dangereuse soit-elle, n'est pourtant que l'un des points de focalisation de la question nucléaire à l'échelle du continent asiatique. Lire la suite

Constatant l'impuissance des Nations unies, incapables d'imposer une paix démocratique, l'auteur analyse les conditions nécessaires pour que la paix s'établisse et se maintienne. L'exemple de l'Europe de l'après-guerre montre qu'il faut qu'elle soit imposée par le vainqueur qui définit le nouvel ordre, d'où la notion de paix impériale, en attendant qu'un « policier démocratique » se substitue au « gendarme impérial ».

Chroniques

Bibliographie

Christian GIRARD : Christian Girard : Journal de guerre ; L'Harmattan, 2000 ; 386 pages ; L'Harmattan, 2000 ; 386 pages. - Pierre Morisot

Revue Défense Nationale - Mai 2002 - n° 642

Revue Défense Nationale - Mai 2002 - n° 642

Il n'y a pas d'éditorial pour ce numéro.

Octobre 2019
n° 823

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