L’officier au service de la Nation dans le monde du XXIe siècle
Cela fait désormais 25 ans que le Séminaire interarmées des grandes écoles militaires (Sigem) rassemble chaque année les élèves officiers.
Introduction - Yann Le Pape - p. 5-8
Le Séminaire interarmées des grandes écoles militaires (Sigem) célèbre cette année son vingt-cinquième anniversaire. Dans sa forme, il a bien évolué depuis sa création en 2001 mais sur le fond, il a peu changé. Lire la suite
Un monde instable, fragmenté et exigeant
Les temps actuels sont turbulents avec des puissances impériales aux ambitions contradictoires et en rivalité, notamment sur le plan idéologique. La Chine se veut la première puissance mondiale d’ici 2049. La France doit poursuivre ses efforts pour que le projet européen sorte renforcé et propose un modèle cohérent de développement.
Face à la compétition stratégique en cours et le risque de conflits de haute intensité, la France dispose de plusieurs atouts pour sa défense, mais cela exige de poursuivre l’effort soutenu par la LPM 2019-2025 en prévoyant notamment une logistique plus massive, en préservant l’état militaire et en y associant nos concitoyens.
Le changement climatique a des conséquences directes : catastrophes naturelles et menaces sécuritaires. De fait, les armées sont souvent dans l’obligation d’intervenir, tout en répondant aux nouvelles exigences des opinions publiques en matière de protection de l’environnement. L’Otan devrait prendre en compte cette évolution dans la définition de ses missions (Traduction : Dimitri Karakostas).
Le retour de la guerre de haute intensité
La robotique à des fins militaires est en plein développement avec de nouvelles pistes apportées par l’Intelligence artificielle (IA), les matériaux furtifs et les sources d’énergie. Tous les milieux sont désormais concernés, permettant une extension des champs opérationnels. Le combat de haute intensité bénéficiera de ces évolutions accélérant le tempo de la manœuvre interarmées.
La donnée est l’élément central nécessaire au raisonnement puis à la décision. La donnée est donc indispensable pour le chef militaire. Acquisition, traitement et classement des données sont essentiels pour obtenir le succès. Dès lors, la guerre « donnée-centrée » est aujourd’hui une réalité inévitable.
Économie de guerre, économie dirigée, une approche économique différente de l’économie globalisée libérale et mondialisée que nous connaissons. Passer à une économie de guerre nécessite de profondes et rapides mutations sous le contrôle étroit de l’État, afin de répondre à des besoins opérationnels conséquents.
Avenir de la dissuasion nucléaire française
La dissuasion nucléaire est au cœur de notre politique de défense depuis 60 ans. Si la France a toujours fait effort pour assurer la crédibilité de la dissuasion, l’Europe confrontée à la guerre imposée par la Russie à l’Ukraine est en train de réapprendre cette grammaire nucléaire. Celle-ci est, plus que jamais, au centre des enjeux pour garantir la sécurité du continent européen, aujourd’hui directement menacée.
La dissuasion reste au cœur de notre défense et garantit l’indépendance de la France pour ce siècle. Le processus régulier de modernisation est essentiel et contribue directement à la crédibilité de toutes les composantes de nos forces.
L’Europe est censée bénéficier du parapluie nucléaire américain, acceptant de facto une perte de souveraineté. La dissuasion française pourrait s’inscrire dans une dimension européenne, à condition de construire une véritable politique de défense européenne.
L’officier, un acteur clef du lien Armée-Nation
L’esprit de défense – appelé hier patriotisme – est la manifestation collective des citoyens de construire la cohésion de la Nation face aux risques et menaces de plus en plus polymorphes. C’est un engagement permanent, pas toujours évident mais plus que jamais nécessaire et indispensable.
Le lien Armée-Nation, forgé depuis 1793, a évolué entre adhésion et fractures. De la levée en masse à la professionnalisation, l’armée reflète la société. Aujourd’hui, face aux crises, sa légitimité dépend d’un ancrage moral et citoyen renouvelé, clé de sa résilience.
L’engagement (RDN n° 829 - avril 2020) - Richard Lizurey - p. 83-88
L’engagement, c’est la volonté de servir et participer collectivement à une mission. L’engagement militaire en est une forme particulière de dévouement vis-à-vis de la nation. Celle-ci doit alors le reconnaître et le valoriser. Cela exige également de donner du sens à la mission ; c’est alors la responsabilité du chef.
Un contexte incontournable d’alliances
Les alliances constituent des outils essentiels pour la défense des États. Leur fragilité et leur crédibilité sont des critères importants qui peuvent être remis en cause par les membres en fonction des intérêts nationaux. La structure et la hiérarchie des autorités déterminent également le type de fonctionnement des alliances.
L’accélération géopolitique actuelle est survenue par la transformation du fonctionnement de nos sociétés. L’innovation est désormais permanente, touchant tous les domaines, dont celui de la « Tech ». L’Otan doit, dès lors, retrouver une capacité et une agilité disruptives, rompant avec la conduite de programmes inscrits dans la durée : se réinventer pour ne pas subir.






