La transformation de la conflictualité marque une vraie rupture et nous oblige à repenser notre façon de répondre à ces nouveaux enjeux. L’accélération du tempo dans tout le spectre de l’action est une réalité que l’Armée de l’air et de l’Espace a prise à bras-le-corps. Notre capacité collective à répondre à ces défis est une force que chaque aviateur cultive pour remplir les missions de demain.
Commandement, vitesse et supériorité aérospatiale à l’ère des conflits de haute intensité
Command, Speed and Aerospace Superiority in the Era of High-Intensity Conflict
The change in the nature of conflict signals a significant rupture, which requires us to reconsider our ways of responding to the new challenges presented. The reality of increasing tempo across the entire spectrum of action has been fully embraced by the Air and Space Force. Every aviator cultivates the collective ability to respond to these challenges, furnishing our strength to fulfil future missions.
La transformation est double, elle est en quelque sorte à la fois ad bellum et in bello. Je fais référence au droit des conflits armés, et c’est précisément là que se joue la première rupture : le recours à la force comme mode de règlement des différends internationaux se banalise et les guerres entre États se font de plus en plus nombreuses. Les principes encadrant l’usage des armes, que l’on a cru intangibles, sont de plus en plus régulièrement foulés aux pieds. On cite souvent, en plus de la guerre d’agression en Ukraine, le cas du Haut-Karabagh où le coup de force azéri de 2023 tranche un conflit gelé depuis des décennies. Nous, aviateurs, regardons également de près les enseignements liés au dernier choc qui a opposé l’Inde et le Pakistan, avec des engagements à 70 chasseurs contre 50 qui montrent ce qu’est le combat aérien de haute intensité et démontrent au passage qu’à ce jeu-là, les pertes font partie de la donne. Après 20 ans de contreterrorisme, d’asymétrie, ces rappels sont observés avec la plus grande attention.
Cependant, la rupture est aussi dans la conduite de la guerre moderne elle-même, in bello. Cette rupture est d’ordre capacitaire et touche aux deux extrémités du spectre de la technologie, c’est-à-dire à la fois de l’ultrasophistiqué à l’ultra-rudimentaire. L’ensemble concourt à une évolution débridée dans deux domaines : celui de la masse, incarné par les drones, et celui de l’hypervélocité, avec des développements qui alimentent une compétition féroce entre les armes – l’épée – et les systèmes défensifs – le bouclier. On assiste à un phénomène de diffusion de capacités qui étaient autrefois l’apanage des grandes puissances, comme la frappe dans la profondeur avec des drones de type Shahed iraniens et des missiles balistiques qu’un groupuscule comme les Houthis sont capables de tirer notamment sur le territoire israélien.
La somme de ces observations, c’est que le champ de bataille post -2025 a définitivement changé de visage et j’observe dans ce paysage nouveau une prépondérance assez nette de la troisième dimension, du sol à l’orbite géostationnaire.
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