Commander demeure la responsabilité centrale du chef, quel que soit son environnement opérationnel. Commander ne signifie pas dicter une suite d’ordres à exécuter mais exige de donner un sens à l’engagement collectif. Cela oblige à aller au-delà des procédures et des technologies. Cela impose l’obligation de responsabilité, d’intelligence et de courage moral. Commander impose de décider.
Le commandement, question centrale du moment stratégique
À propos de l’ouvrage Le sens du commandement du général Schill
Éditions du Cerf, 2025, 154 p.
Command: Central to the Strategic Moment
A Look at Le sens du commandement, (The Sense of Command) by General Schill
To command remains the central responsibility of a chief, whatever the operational environment. Commanding does not mean dictating a string of orders to be executed: it requires sense to be given to collective commitment. It means going beyond procedures and technology: it imposes responsibility, intelligence and moral courage. To command requires the ability to make decisions. [General Pierre Schill is the Chief of Staff of the French army]
Le retour de la guerre interétatique, le retour des logiques d’empire, la conflictualité hybride, la multiplication des crises, les conflits de haute intensité caractérisés par leur violence extrême et l’attrition, mais aussi l’accélération technologique et informationnelle replacent la question du commandement au cœur du débat stratégique. Plus encore que les capacités, les formats de forces ou les technologies, c’est bien la manière de penser, décider et conduire l’action collective qui est aujourd’hui interrogée.
Dans ce contexte, Le sens du commandement du général Pierre Schill, Chef d’état-major de l’Armée de terre (Cémat) ne constitue ni un manuel doctrinal, ni un retour d’expérience opérationnel au sens classique du terme. Il s’agit d’un ouvrage de réflexion stratégique et morale, centré sur l’essence même de l’acte de commander. Une réflexion qui s’inscrit pleinement dans les questionnements contemporains de la décision politico-militaire, de la légitimité de l’autorité et de la capacité des organisations armées à durer dans l’incertitude.
Commander, ce n’est pas seulement ordonner, c’est orienter
L’un des fils directeurs de l’ouvrage réside dans une idée simple, mais exigeante : commander, ce n’est pas uniquement prescrire des actions, c’est donner du sens à l’engagement collectif en faisant primer les finalités aux modalités. Le général Schill insiste sur le fait que l’autorité se construit par la cohérence entre la finalité poursuivie et la responsabilisation du juste échelon pour remplir une mission.
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