Le C2 (Commandement et contrôle) n’est pas qu’un outil technologique, c’est surtout un enjeu politique dans le contexte géopolitique en pleine mutation. À l’ère du multidomaine et de la donnée, le C2 est de plus en plus hybride, distribué et au cœur des capacités de décision d’un État et de ses choix stratégiques avec un impératif permanent : la responsabilité humaine du commandement.
Commandement et contrôle à l’ère du multidomaine : entre efficacité alliée, souveraineté numérique et agilité opérationnelle
Command and Control in the Multi-Domain Era: Balancing Allied Effectiveness, Digital Sovereignty and Operational Flexibility
Command and control (C2) is not just some technological tool, it is above all a major political challenge in the rapidly-changing geopolitical context. In the era of multi-domain operations and mass data, C2 is more than ever hybrid, distributed and at the very heart of a state’s capabilities for decision making and strategic choice. It carries the permanent imperative of the responsibility of human command.
La transformation numérique du Commandement et du contrôle (C2) ne peut plus être envisagée comme une simple modernisation des systèmes d’information militaires. Elle engage désormais des choix politiques structurants, car elle conditionne directement la souveraineté décisionnelle, la liberté d’appréciation stratégique et la crédibilité opérationnelle des États. Dans un environnement marqué par le retour de la haute intensité, la multiplication des stratégies hybrides et la généralisation de la conflictualité informationnelle, le C2 devient un instrument central de puissance, au même titre que les capacités cinétiques traditionnelles.
La massification des capteurs, l’explosion des flux de données, l’extension du champ de bataille aux domaines cyber, spatial et informationnel, ainsi que l’intégration croissante de l’Intelligence artificielle (IA) modifient profondément les conditions de la décision militaire. Le défi n’est plus seulement de collecter davantage d’informations, mais de qualifier, hiérarchiser et exploiter ce qui est réellement utile à la décision, dans des délais compatibles avec le tempo opérationnel, tout en acceptant un environnement de plus en plus contesté, brouillé et délibérément manipulé par l’adversaire. La supériorité informationnelle devient ainsi relative, fragile et constamment remise en cause.
Dans ce cadre, les choix architecturaux et organisationnels en matière de C2 ne sont jamais neutres. Ils traduisent une vision du commandement, du rôle de la coalition, de la place de la souveraineté nationale et du rapport entre l’humain et la machine. L’adoption par l’Otan du Maven Smart System, le développement par la France d’Artemis.IA et l’expérience ukrainienne du système Delta illustrent trois réponses distinctes, mais complémentaires, à une même équation stratégique : décider plus vite, sans renoncer à la maîtrise politique de la décision.
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