Après des décennies de réduction des budgets et des moyens consacrés à la défense, la Belgique est obligée de revoir à la hausse ses investissements militaires. Dans un contexte belge très spécifique, cela exige de trouver de nombreux compromis pour dégager des crédits supplémentaires, tout en sachant que le déficit et la dette vont continuer à augmenter malgré des promesses d’économies.
Armée belge : une certaine montée en force (1/2)
Évolution du déficit belge
Belgian Forces: Some Improvement in Sight(1/2)
Following decades of reductions in budgets and assets allocated to defence, Belgium is now obliged to increase its military investment. In a context peculiar to Belgium, that will mean finding numerous compromises in order to release extra funding at a time when both deficit and debt are increasing despite promises of economies.
Après plusieurs décennies de réductions budgétaires et de moyens (« dividendes de la paix », crise économique et sanitaire, moindres priorités pour la défense dans les gouvernements lorsque dominés par la gauche, environnement « protecteur » offert par les voisins), l’armée belge va retrouver quelques couleurs. Depuis une quarantaine d’années, la part des dépenses de Défense était devenue une variable d’ajustement d’une politique du « minimum suffisant » (1). Cependant, le pays n’était pas le seul dans ce processus pervers.
Il a toujours fallu faire des choix politiques de coalition (2). La Belgique n’a jamais réussi ces dernières décennies à avoir une vision vraiment globale, même si des tentatives eurent lieu. Cependant, le constat du désinvestissement n’est pas neuf, il remonte à la période de Guy Coëme à la fin de la guerre froide (socialiste, ministre de la Défense de 1988 à 1992). Il n’y a pas en Belgique de grande culture militaire ou stratégique comme en France ou au Royaume-Uni, même s’il peut y avoir de la résilience comme nous avons pu le constater lors des attentats ou de l’épisode Covid. Pour l’essentiel, il n’y a pas chez le Belge cet état d’esprit autour de l’uniforme. Petit pays à la jeune histoire qui fut d’ailleurs souvent envahi.
Le Royaume, au surplus, abrite sur son territoire une série d’institutions, de l’Union européenne bien sûr, mais aussi le siège de l’Otan à Bruxelles, le SHAPE (quartier général des alliés en Europe à Casteau, près de Mons), une Agence de communication et d’information de l’Otan (NCIA) (3), sans oublier la présence passée des missiles de croisière nucléaires GLCM Gryphoon à Florennes (FNI ou Forces nucléaires intermédiaires, clef unique US) et actuellement d’armes nucléaires américaines B-61 à Kleine-Brogel sous le régime de la double clef. Ce n’est pas un argument en soi pour justifier un moindre investissement mais cela a pu représenter pour certains ministres une forme de justificatif implicite à rester dans le peloton de queue avec 1,29 % du PIB en 2024. En vérité, la Belgique se pense dans une logique d’alliances sachant qu’elle ne peut que développer des niches capacitaires d’excellence.
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