Le département de la défense a soumis au Congrès début janvier sa deuxième Revue de posture nucléaire (NPR) censée tracer l'avenir des armes nucléaires américaines. L'événement a soulevé peu de réactions comparées à celles qui ont suivi, à la mi-mars, les fuites de sa partie classifiée. Ce qui était considéré en début d'année comme l'expression sans grandes conséquences d'un exercice obligé est alors apparu à une bonne part de la critique aux États-Unis comme la marque d'une évolution profonde de la pensée stratégico-militaire, de nombreux analystes considérant même le document comme une remise en cause profonde du rôle et de la place du nucléaire. Pour beaucoup, ce dernier était en fait réintégré dans la panoplie banale de l'efficacité militaire, au risque de déstabiliser les équilibres stratégiques et les autres systèmes de défense nationale.
La Revue de posture nucléaire américaine, un exercice polémique
Début janvier, la soumission au Congrès de la partie officielle de la Revue de posture nucléaire (NPR) (1) sur l’avenir des armes nucléaires américaines (2) avait soulevé peu de réactions si on les compare à celles qui ont suivi, à la mi-mars, les fuites — organisées ou non — de sa partie classifiée dans la presse américaine.
Ce qui était considéré en début d’année comme l’expression sans grandes conséquences d’un exercice obligé est alors brutalement apparu comme la marque d’une évolution profonde de la pensée stratégico-militaire américaine, une partie importante des critiques considérant le document comme une remise en cause du rôle et de la place de l’arme nucléaire.
Le nucléaire, dans l’acception qui avait prévalu près d’un demi-siècle, était proprement « désinventé » au profit de nouvelles logiques, au risque de déstabiliser d’autant les équilibres stratégiques et d’autres systèmes de défense nationale. C’est, du moins, ce que l’on retient des commentaires parfois vifs qui ont marqué l’opinion et la presse américaine.
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