À l'heure où la France relance sa politique africaine, sa capacité à gérer la crise ivoirienne apparaît clairement comme le test de sa crédibilité. Depuis le 19 septembre, se jouent à la fois l'unité d'un pays et la stabilité d'une région, l'Afrique de l'Ouest. En l'absence de solution militaire, la sortie de crise ne pourra être que politique... même si chacun est bien conscient du caractère durable des séquelles de l'insurrection.
Politique et diplomatie - L'imbroglio ivoirien
Le « modèle ivoirien » a vécu. La vitrine de l’Afrique ex-française a révélé la profondeur de ses fractures. La France doit aujourd’hui gérer une crise enchevêtrée dans un pays où elle compte quelque 25 000 ressortissants. Comment l’exemple de stabilité, la patrie de l’ancien ministre d’État du général de Gaulle, Houphouët-Boigny, le pays où, jusqu’à Michel Dupuch, nos ambassadeurs restaient quinze ans en poste a-t-il pu sombrer dans la guerre civile et le chaos ?
Le prix des erreurs et des intransigeances
Pendant trente-trois ans, de 1960 à la mort de Félix Houphouët-Boigny le 7 décembre 1993, la Côte d’Ivoire a connu la paix, la stabilité politique et la croissance économique. Le « père de l’indépendance » s’est éteint en étant convaincu d’avoir assuré sa succession. Henri Konan Bédié, son dauphin, a été préparé. Au sein de l’ethnie Baoulé, dont était déjà issu le défunt président, il est un dignitaire incontesté. Sur « l’hyper dominant » Parti démocratique de Côte d’Ivoire (PDCI), son emprise est réelle. De la fonction d’ambassadeur à celle de président de l’Assemblée nationale, il a été préparé à l’exercice du pouvoir. À la mort du vieux sage, il devient, en application de la constitution de 1960, ès qualités de président de l’Assemblée, chef de l’État pour la durée du mandat restant à courir.
La faute de Konan Bédié - L’erreur de « l’ivoirité »
S’ouvre alors une ère politique caractérisée par la crispation et des erreurs qui conduiront progressivement le pays à la fracture que nous connaissons aujourd’hui.
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